Une publication controversée, retirée dans la foulée. Le président américain Donald Trump a supprimé, lundi 13 avril, une image générée par intelligence artificielle(IA) le représentant dans une posture inspirée de Jésus-Christ. Diffusée sur sa plateforme Truth Social, la publication a suscité une vague d’indignation, notamment au sein de la droite religieuse américaine.

Une mise en scène jugée provocatrice. L’image montrait le dirigeant américain vêtu d’une toge, auréolé de lumière, posant la main sur un homme alité, dans une composition reprenant les codes iconographiques chrétiens. Des symboles patriotiques: aigle, drapeau, statue de la Liberté y étaient également intégrés, brouillant les frontières entre sacré et politique.
Face aux critiques, Donald Trump a minimisé la portée de la publication, affirmant qu’il ne s’agissait pas d’une représentation religieuse mais d’une image de lui « en médecin », censée illustrer son rôle de « soignant ».
Une fracture au sein de son camp. Plusieurs figures conservatrices chrétiennes ont vivement dénoncé une dérive blasphématoire. L’élue américaine Marjorie Taylor Greene, pourtant proche de l’ancien président, a fustigé une initiative « antéchrist ». D’autres voix influentes ont également appelé à la suppression immédiate du contenu.Sur le terrain, la réaction des fidèles est tout aussi critique. À New-York, des catholiques interrogés expriment incompréhension et indignation, certains allant jusqu’à remettre en cause la sincérité religieuse du président. Un climat déjà tendu avec le Vatican. Cette polémique intervient à un moment où les d tensions ouvertes entre Donald Trump et pape Léon XIV. Le chef d’État américain a récemment attaqué le souverain pontife, l’accusant de faiblesse, notamment sur des questions internationales sensibles. De son côté, le Vatican a choisi de ne pas alimenter la controverse. Un risque politique pour sa base électorale. Selon certains analystes, cet épisode pourrait fragiliser une partie de l’électorat conservateur, notamment catholique, déjà divisé sur certaines orientations de politique étrangère. D’autres relativisent toutefois l’impact, estimant que la fidélité de sa base reste solide. Entre communication provocatrice et calcul politique, la séquence relance le débat sur l’usage du religieux dans le discours public américain.
Laura LEKE