Département du Couffo : un réseau d’escroquerie spécialisé dans la vente des œufs de caméléon, de serpents et faux objets aux prétendus pouvoirs magiques démantelé
Un réseau d’escroquerie structuré, spécialisé dans la vente d’objets aux prétendus pouvoirs mystiques, a été partiellement démantelé le jeudi 23 avril par la police républicaine à Gohomey. Deux suspects ont été interpellés, tandis que plusieurs autres membres du groupe en fuite.
Selon les informations recueillies, ce groupe opérait depuis plusieurs mois entre les communes de Dogbo et de Djakotomey. Leur mode opératoire reposait sur des annonces diffusées sur les réseaux sociaux, vantant des objets supposés conférer richesse et prospérité. Parmi ces articles figuraient notamment des « lampes magiques », des œufs de caméléon, des serpents ou encore des rats blancs, présentés comme dotés de pouvoirs surnaturels.
Une fois convaincues, les victimes originaires de diverses localités du Bénin et même de pays voisins étaient attirées dans une zone isolée, à Hagoumey. Sur place, elles étaient prises au piège, dépouillées de leurs biens, parfois violentées, puis abandonnées. Ce stratagème aurait permis aux escrocs de soutirer plusieurs dizaines de millions de francs CFA, selon des plaintes enregistrées.

C’est l’annonce de l’arrivée imminente d’un potentiel client en provenance du Tchad qui a permis aux forces de l’ordre de passer à l’action. Informés, les agents du commissariat de Gohomey ont mis en place une surveillance discrète. Leur intervention a permis de surprendre les suspects en pleine préparation de leur opération. À la vue des policiers, les membres du réseau ont tenté de fuir. Deux d’entre eux, à bord d’un véhicule de type Highlander, ont toutefois été appréhendés. Cinq motocyclettes abandonnées par les fugitifs ont également été saisies. La perquisition a conduit à la découverte de plusieurs éléments accablants, dont une somme de 2.185.025 francs CFA et huit téléphones portables. Fait notable, l’un des suspects a tenté de détruire une preuve en avalant un document contenant des numéros de victimes présumées. Les contacts récupérés ont néanmoins permis d’identifier plusieurs victimes, qui ont formellement reconnu les individus interpellés.
Placés en garde à vue, les deux suspects restent à la disposition des enquêteurs. Les investigations se poursuivent en vue de retrouver les autres membres du réseau encore en fuite et de mettre fin à ces activités frauduleuses.
Laura LEKE