Niger: Les missions diplomatiques appelées à surveiller les critiques en ligne visant les autorités

0 236

Les autorités nigériennes ont instruit leurs missions diplomatiques à l’étranger de mettre en place un dispositif de veille sur les contenus numériques jugés hostiles au régime de transition. Dans une circulaire adressée aux chefs des représentations diplomatiques, le ministère des Affaires étrangères les invite à suivre les publications considérées comme diffamatoires, injurieuses ou susceptibles de porter atteinte à l’image des autorités et des institutions du pays. La mesure, qui prévoit également le recours aux organisations de la diaspora, suscite déjà des réserves, notamment au Canada.

Le document, daté de la fin du mois de juin, s’inscrit dans un climat où les autorités de transition sont régulièrement accusées de restreindre les libertés publiques, notamment la liberté d’expression. Les représentations diplomatiques sont invitées à suivre les contenus diffusés dans leurs pays d’accueil et à constituer des dossiers documentés, comprenant notamment des captures d’écran, des liens Internet et les identifiants des auteurs des publications concernées. La circulaire prévoit également que les chefs de mission sensibilisent les ressortissants nigériens vivant à l’étranger sur les conséquences juridiques de certains contenus diffusés en ligne. Elle les autorise, si nécessaire, à solliciter l’appui des autorités compétentes des pays d’accueil ainsi que celui du Haut Conseil des Nigériens de l’extérieur (HCNE) et des associations de la diaspora.

Banniere carrée

Cette démarche ne fait toutefois pas l’unanimité. Au Canada, le HCNE a indiqué avoir été saisi par les autorités diplomatiques nigériennes, mais a décliné cette mission. Dans une réponse écrite, l’organisation rappelle son caractère apolitique et laïc, estimant que le contrôle des opinions exprimées par les membres de la diaspora est incompatible avec sa mission d’accompagnement et de protection des Nigériens établis à l’étranger. Le HCNE du Canada plaide plutôt pour un dialogue régulier entre les autorités et la diaspora sur les questions sociales, économiques et politiques concernant le Niger, privilégiant les échanges au détriment d’un dispositif de surveillance.

Laura LEKE

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

error: Content is protected !!