Le président mauritanien Mohamed Ould Cheikh Ghazouani a accordé une grâce présidentielle à deux députées abolitionnistes condamnées quelques semaines plus tôt par la justice. Mariem Cheikh Dieng et Gamou Achour Salem, membres du parti Sawab et proches du mouvement Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste (IRA), ont été libérées après avoir écopé de quatre ans de prison.

Condamnées en mai dernier pour des faits liés à des propos critiques envers le président Mohamed Ould Cheikh Ghazouani, Mariem Cheikh Dieng et Gamou Achour Salem ont bénéficié d’une grâce présidentielle. Les deux élues avaient été poursuivies à la suite de publications sur les réseaux sociaux jugées critiques envers le chef de l’État. Elles étaient notamment accusées d’atteinte aux symboles de l’État, de diffamation et d’incitation à la violence. Leur procès, tenu à Nouakchott au début du mois de mai, s’était déroulé dans un contexte de forte sécurité. Outre la peine d’emprisonnement, la justice avait également prononcé la privation de leurs droits civiques, la suppression de certains contenus numériques, ainsi que la confiscation de leurs téléphones et la fermeture de leurs comptes en ligne. Plus de deux mois après leur condamnation, la décision présidentielle intervient alors que les deux députées avaient perdu leur qualité d’élues en raison de la privation de leurs droits civiques.
Du côté du mouvement Armée Républicaine Irlandaise (IRA), cette grâce ne constitue pas un signe d’apaisement. Ses responsables estiment qu’elle ne règle pas la question des poursuites engagées contre leurs militants et dénoncent ce qu’ils considèrent comme une atteinte aux libertés démocratiques.