Cybercriminalité et faux rituels à Allada:Soutanes, faux billets et promesses d’argent facile, trois présumés cyberescrocs interpellés à Agbanou
La cybercriminalité continue de faire des victimes au Bénin. Derrière des promesses de multiplication d’argent et des discours soigneusement préparés, des personnes en quête d’une vie meilleure voient leurs économies disparaître. A Agbanou, dans la commune d’Allada, trois jeunes présumés cyberescrocs ont été interpellés par les éléments de la police républicaine. Une affaire qui rappelle, une fois encore, combien l’espoir de gains rapides peut conduire à de lourdes pertes.
Une opération menée après plusieurs renseignements
L’interpellation est intervenue le mardi 14 juillet 2026, en début d’après-midi, à la suite de renseignements faisant état de la présence de plusieurs présumés « gaymans » dans l’arrondissement d’Agbanou et ses environs.
L’opération conduite par le commissariat d’Agbanou a permis l’arrestation de trois suspects. Les mis en cause sont deux électriciens en bâtiment, âgés de 27 et 23 ans, domiciliés respectivement à Dogoudo et Attogon, ainsi qu’un troisième individu résidant à Azinongleta.
Un impressionnant matériel saisi
Les perquisitions ont conduit à la saisie de nombreux objets considérés comme des éléments utiles à l’enquête. Les policiers ont notamment retrouvé plusieurs téléphones Android et téléphones à touches, une trentaine de cartes SIM de différents opérateurs, une trentaine de plaquettes de cartes SIM, une importante quantité de faux billets de 10.000 francs CFA, des emballages de faux billets de 100 dollars américains, une carte bancaire Ecobank, des cartes CIP, ainsi que diverses cartes portant la mention « Illuminati ».
À cela s’ajoutent des chemises griffées « Loge Franc-maçon », des casquettes portant l’inscription « Fraternité Bénin 666 », une Bible maçonnique, une soutane noire accompagnée de plusieurs accessoires utilisés, selon les premiers éléments de l’enquête, pour entretenir une apparence de puissance et de crédibilité.
Le faux maraboutage au cœur du stratagème

D’après les premiers constats, les suspects auraient mis en place un scénario destiné à convaincre leurs futures victimes.
Avant de lancer leurs publications, ils revêtaient des soutanes, des capes, des tabliers et des sautoirs afin de se présenter comme de prétendus maîtres de la franc-maçonnerie. Ils diffusaient ensuite, sur TikTok, Facebook et WhatsApp, des vidéos et annonces promettant la multiplication d’argent.

Les personnes séduites par ces messages étaient invitées à rejoindre leurs plateformes et à investir des sommes d’argent dans l’espoir d’obtenir des gains importants. Mais, selon les enquêteurs, les fonds versés disparaissaient, laissant les victimes face à leur désillusion, parfois après avoir sacrifié leurs économies ou contracté des dettes.
Cap sur le CNIN et la CRIET
À l’issue de leur garde à vue, les trois présumés cyberescrocs ont été mis à la disposition du Centre national d’investigations numériques (CNIN). Ils devraient être présentés au procureur spécial près la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET), où les investigations se poursuivront afin d’établir les responsabilités de chacun.
Cette affaire remet en lumière les nouvelles formes d’escroquerie qui exploitent la crédulité, les réseaux sociaux et la détresse financière de nombreuses personnes. Derrière les promesses de richesse instantanée se cachent souvent des manœuvres qui ne laissent aux victimes que des regrets et de lourdes pertes.
Joseph Sossou