Immersion diplomatique et géopolitique au cœur d’Israël : Des journalistes africains face aux réalités israéliennes
Entre mémoire, sécurité, diplomatie et coopération internationale, quatorze (14) journalistes francophones découvrent les multiples facettes d’Israël à travers une série de rencontres et de visites de terrain. En effet, de Jérusalem à Tel-Aviv, en passant par les localités du sud marquées par les événements du 7 octobre 2023, les journalistes francophones invités en Israël poursuivent une immersion dense et riche en enseignements. Pendant cinq jours, du 21 au 25 juin 2026, ces professionnels des médias découvrent les réalités historiques, sécuritaires et géopolitiques d’un pays confronté à des défis majeurs. La délégation réunit quatorze (14) journalistes venus du Bénin, du Togo, de la Côte d’Ivoire, du Sénégal, de la Guinée, du Burundi et de la République démocratique du Congo. Organisée par le ministère israélien des Affaires étrangères avec le concours des ambassades accréditées dans ces pays, cette mission combine visites de terrain, rencontres institutionnelles et conférences thématiques. Au fil des journées, les participants ont parcouru plusieurs sites emblématiques du pays. De la vieille ville de Jérusalem au mémorial de la Shoah, en passant par les kibboutz de Be’eri et de Ré’im ainsi que le site du festival Nova, les journalistes ont été confrontés aux traces encore visibles des attaques du 7 octobre 2023. L’un des temps forts du programme s’est déroulé à Jérusalem, lors d’une rencontre avec la vice-ministre israélienne des Affaires étrangères, Sharren Haskel. Face aux journalistes africains, la responsable gouvernementale a expliqué la philosophie de cette initiative. « Nous voulons permettre aux journalistes de toucher du doigt nos réalités. Trop de contre-vérités sont relayées. Mais quand vous êtes ici, vous voyez ce qui s’y passe, les gens comprendront la géographie, l’histoire, la religion », a-t-elle justifié. Revenant sur le contexte régional et les défis auxquels son pays est confronté, elle a estimé qu’Israël traversait une période particulièrement sensible. « On est dans une bataille, pas territoriale, mais culturelle et religieuse contre des forces radicales. Nous aspirons à la stabilité, à l’égalité et à la liberté », a-t-elle déclaré. La vice-ministre a également rappelé que ces programmes d’immersion destinés aux journalistes étrangers s’inscrivent dans la durée. « Cela fait au moins 10, voire 15 ans que nous recevons des délégations de journalistes. Il y a plus de 50 ans qu’on amène ici des délégations humanitaires, notamment du Kenya, de l’Ouganda », a-t-elle confié. Au-delà des questions sécuritaires, Sharren Haskel a mis en avant les opportunités de coopération entre Israël et les pays africains, notamment dans les secteurs de l’innovation, de l’agriculture et de la santé. « Ce sont des actions qui peuvent soutenir l’Afrique. On a les domaines de la santé, de l’agriculture… », a-t-elle dit, citant notamment l’accompagnement apporté au Nigeria dans le développement d’un centre dédié aux start-up. La journée s’est poursuivie à Tel-Aviv avec une conférence consacrée aux conséquences juridiques des attaques attribuées au Hamas. Devant les participants, Yael Vias Gvirsman, avocate au Barreau d’Israël et au Conseil de la Cour pénale internationale, a développé une réflexion sur le rôle du droit dans les contextes de conflit. « Je crois au droit de la défense. Si on n’a pas de défense, on n’a pas de justice. La justice doit être faite afin de rendre possible la transition d’une situation de guerre à une situation de stabilité », s’est-elle voulue claire. L’experte en droit international a également insisté sur la nécessité de qualifier juridiquement les faits afin de permettre une réponse adaptée. « Ces actes, ces crimes, ces violences sexuelles perpétrés font partie d’un plan commun. Pour trouver la réponse juridique, il faut bien identifier le mal », a-t-elle insisté. Tout au long de cette immersion, conférences géopolitiques, échanges avec des experts et rencontres institutionnelles se sont succédé. Les différents intervenants ont évoqué les conséquences de la crise déclenchée par les attaques du 7 octobre 2023, qui ont coûté la vie à près de 1 200 personnes en Israël. Considérée comme l’attaque la plus meurtrière survenue sur le territoire israélien depuis la création de l’État en 1948, cette offensive lancée au matin de la fête juive de Sim’hat Torah marque le point de départ du conflit toujours en cours à Gaza. Pour les journalistes africains, cette mission offre ainsi l’opportunité d’observer directement les réalités du terrain, d’entendre les différents récits portés par les institutions israéliennes et d’approfondir leur compréhension d’un conflit dont les répercussions continuent de marquer l’actualité internationale.