Litige stratégique et violences basées sur le genre : Le projet «PLURIELLES» transforme les journalistes du Mono en acteurs de justice sociale

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Dans la quiétude de l’hôtel No Stress, bercée par le souffle de l’océan Atlantique, une révolution silencieuse s’est jouée du 20 au 23 juillet 2026. Quatre jours durant, une vingtaine de journalistes du département du Mono ont troqué leurs carnets de notes contre une nouvelle panoplie d’outils, bien plus redoutables que leurs stylos : ceux du litige stratégique et des violences basées sur le genre ( VBG). Initiée dans le cadre du projet «PLURIELLES» porté par un consortium réunissant Santé Monde, Avocats sans frontières Canada (ASFC) et Socodevi, avec l’appui financier d’Affaires mondiales Canada, cette formation intensive vise un objectif ambitieux : faire des professionnels des médias des vecteurs de changement social, capables d’identifier, de documenter et de relayer des cas emblématiques de litiges stratégiques en matière de santé et de droits sexuels et reproductifs (SDSR) ainsi que de lutte contre les violences basées sur le genre (VBG).

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Les journalistes officiant dans le département ont été outillés sur les notions de litige stratégique et de voilence basée sur le genre.
Ainsi, pendant 4 jours ils se sont familiarisés à la note du litige stratégique qui consiste à porter devant les juridictions nationales ou internationales des cas emblématiques dont l’issue est susceptible de produire un impact structurel sur l’ensemble de la société. « Les cas emblématiques sont en effet des cas qui vont être les symboles d’un type de violation », a expliqué Daniel Crespo Villarreal, conseiller juridique à Avocats sans frontières Canada. Pour lui, l’objectif n’est pas de poursuivre systématiquement tous les auteurs de violences, mais de sélectionner quelques cas pour montrer l’exemple et faire évoluer les pratiques judiciaires et sociales. Une approche juridique qui, si elle est bien relayée par les médias, peut contribuer à changer durablement les mentalités et à renforcer l’État de droit. Au-delà des aspects juridiques, la formation a mis l’accent sur l’importance d’une communication sensible aux violences basées sur le genre. Les journalistes, en tant que relais d’information auprès des populations, jouent un rôle clé dans la sensibilisation et la dénonciation des VBG.

Les échanges ont permis de rappeler que les VBG, qu’elles soient physiques, psychologiques, sexuelles ou économiques détruisent des vies et compromettent l’avenir des communautés. Dès lors, le traitement médiatique de ces questions exige rigueur , finesse et une éthique irréprochables, afin de ne pas stigmatiser les victimes ni banaliser les violences. « C’est important que les professionnels, les juristes, le corps médical soient correctement informés par rapport aux enjeux », a insisté Daniel Crespo Villarreal

Des participants comblés et déterminés

Les journalistes ayant pris part à cette formation, tous exerçant dans le département du Mono, ont salué la qualité des enseignements dispensés. Pour Eurydice Tossou, journaliste présente à la formation, l’impact sera immédiat : « Je pense que la formation reçue aujourd’hui sera très très bénéfique du moment où dans notre quotidien, les journalistes sont confrontés aux sujets de violences basées sur le genre, du harcèlement, des cas de traite des êtres humains. […] Déjà je sais les termes qu’il faut exploiter, je sais quand est-ce qu’il faut publier ou pas, qui sont les différentes personnes qui peuvent intervenir dans les affaires de violences basées sur le genre. » Elle conclut, enthousiaste: « Je suis très comblée d’avoir participé à cette formation parce que j’en ressors gagnante et les informations reçues me permettront d’améliorer mon travail au quotidien. »

En formant les journalistes à ces enjeux complexes, le projet PLURIELLES pose un jalon supplémentaire dans la construction d’une société plus juste et plus égalitaire, où les violences faites aux femmes et aux adolescentes ne sont plus tues, mais dénoncées et combattues avec des armes juridiques et médiatiques adaptées.

Aristide Agbonagban

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