Le Parlement botswanais a adopté en juillet une modification de l’Industrial Development Act de 2019 afin de l’aligner sur le Cannabis Act, voté en août 2025. Cette réforme vise à clarifier les règles applicables à la fabrication et à la transformation des produits issus du cannabis. Le dispositif demeure limité aux usages médicaux, scientifiques, industriels et de recherche.
Le cadre juridique s’est progressivement précisé avec l’adoption du Cannabis Act le 19 août 2025, puis la publication de ses règlements d’application en janvier 2026. Ceux-ci fixent les conditions relatives à la culture, à la fabrication, au transport, à la distribution, à l’importation, à l’exportation et à la recherche.

La mise en œuvre a déjà débuté. Des documents budgétaires présentés au parlement en mars indiquent que l’Autorité nationale de contrôle du cannabis a commencé ses activités. Une exploitation publique située à Dibete a également été retenue pour accueillir la première phase de culture. Deux licences pilotes ont été délivrées, tandis que d’autres demandes sont en cours d’examen. Les opérateurs autorisés devront collaborer avec l’Institut national de recherche et de développement agricoles afin de soutenir la recherche et le transfert de compétences. Des exigences en matière de sécurité, de traçabilité et de contrôle sont également prévues pour encadrer les différentes étapes de la chaîne. Cette évolution ne signifie toutefois pas une légalisation de la consommation récréative. Le Botswana entend développer une activité économique réglementée, principalement tournée vers les applications médicales, scientifiques et industrielles.
Cette orientation participe à la stratégie de diversification de l’économie nationale, encore fortement dépendante du secteur diamantifère. Le pays rejoint ainsi plusieurs États d’Afrique australe, comme le Lesotho, le Zimbabwe et l’Afrique du Sud, qui ont eux aussi instauré des cadres permettant certains usages du cannabis. Pour l’heure, les autorités botswanaises n’ont pas communiqué de projections globales concernant les investissements attendus, les superficies destinées à la culture ou les volumes potentiellement exportés.
Laura LEKE

















































