Assemblée nationale : Installés, les Sénateurs entrent officiellement en fonction

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Comme annoncé, les membres du Sénat béninois ont été installés ce jeudi 30 juillet 2026 à l’Assemblée nationale, au cours d’une cérémonie sobre. Celle-ci s’est déroulée en présence des députés, des proches des sénateurs et de plusieurs invités de marque.

La cérémonie d’installation, marquée notamment par la présence des anciens chefs d’État Boni Yayi et Patrice Talon, a été présidée par la vice-doyenne d’âge du Sénat, Élisabeth Pognon, en l’absence du doyen d’âge, Nicéphore Dieudonné Soglo.

(Ci-dessous, un extrait du discours d’Élisabeth Pognon ainsi que des extraits des interventions de deux sénateurs)

Élisabeth Pognon, vice-doyenne d’âge du Sénat

Mesdames, Messieurs les Sénateurs,

Vous et moi avons l’honneur, aussi redoutable qu’insigne, d’être les premiers à siéger au sein de cette institution. La responsabilité nous incombe de lui donner ses premières marques et de contribuer au prestige de son avènement.

…Qelle inspire confiance à nos concitoyens par l’objectivité de ses démarches et de ses décisions. Nous devons ainsi faire du Sénat une véritable institution de sauvegarde et de renforcement des acquis de l’unité nationale, du développement de la Nation, de la défense du territoire, de la sécurité publique, de la démocratie et de la paix.

Théodore Holo, Sénateur

Les 24 sénateurs présents sur 25 vont se retrouver dans une salle déjà aménagée ici pour adopter le règlement intérieur du Sénat.
Ce règlement intérieur sera soumis au contrôle de constitutionnalité de la Cour constitutionnelle, conformément à la Constitution.
Si ce règlement intérieur est déclaré conforme à la Constitution par la Cour constitutionnelle, nous procéderons à l’élection du bureau du Sénat.
Ce n’est qu’après cela que, conformément à la Constitution, les sessions pourront effectivement se tenir.

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Pour le moment, nous n’avons pas encore adopté le règlement intérieur. Il y a déjà eu des débats lors des sessions préliminaires, avant l’installation.
Le texte définitif, qui a été plus ou moins retenu, fera l’objet d’un débat aujourd’hui. J’espère que nous parviendrons à le valider afin qu’il puisse être transmis rapidement à la Cour constitutionnelle et que, dès la première semaine du mois d’août, nous puissions procéder à l’élection du bureau du Sénat.

…Cette collaboration est déjà prévue par la Constitution. Certaines lois, notamment les lois constitutionnelles, les lois électorales ainsi que les lois relatives aux partis politiques et à leurs activités, ne peuvent être promulguées qu’en l’absence d’un avis de non-adoption de la part du Sénat.
Cela suppose qu’il y aura des échanges entre l’Assemblée nationale et le Sénat, selon les dispositions prévues, afin de s’assurer que le Sénat n’a pas d’objection concernant cette catégorie de lois avant leur promulgation.
S’il y a des objections, la loi devra être reprise afin de tenir compte des observations formulées par le Sénat.
Le Sénat n’a pas l’initiative des lois, mais il peut, sous certaines conditions, demander une seconde lecture. Lorsque cette seconde lecture est effectuée, le Sénat peut, dans certains cas, jouer un rôle d’arbitre pour permettre la promulgation de la loi, en tenant compte soit de la version adoptée par le Parlement, soit de celle proposée par le Président de la République.

Tout cela est déjà prévu par la Constitution. Nous allons nous organiser en conséquence, parce que nous sommes là pour collaborer et non pour être en conflit. Notre travail vise à préserver la paix dans le pays, la stabilité des institutions et le renforcement de la démocratie.
Les Béninois sont des citoyens, et la Constitution, tout comme l’activité politique, vise à créer les conditions d’un vivre-ensemble harmonieux.
S’il y a des problèmes, il est important, conformément aux lois de la République, de les exprimer afin que les gouvernants en tiennent compte et puissent adapter leur comportement ainsi que les règles du jeu à ces préoccupations, afin de préserver l’harmonie dans notre pays.
Un pays sans harmonie ne peut pas assurer son développement. Et le développement, à mon avis, repose également sur la liberté, la paix et la sécurité. Or, la sécurité ne peut être garantie en ignorant la volonté des citoyens.
Ce sont leurs impôts qui permettent à l’État de réaliser ces projets, ou ce sont leurs enfants et petits-enfants qui rembourseront les dettes contractées auprès des organisations internationales pour les financer.
D’où la nécessité de tenir compte de leurs besoins réels avant de s’engager dans cette voie.

Nous sommes donc au service de la paix, de la stabilité et de la démocratie.

Me Robert Dossou, Sénateur

Mon ressenti est celui d’une charge nouvelle. Ce n’est jamais facile pour un nouvel organe de s’insérer dans l’architecture institutionnelle d’un pays. Cela a été la même chose, à un degré moindre, pour la Cour constitutionnelle.
Certains l’avaient accueillie avec enthousiasme, d’autres avec beaucoup d’interrogations et de suspicions. Cela n’a pas été facile pour Madame Élisabeth Pognon, qui a dirigé cette institution pour la première fois. Cela n’a pas non plus été facile pour ceux qui lui ont succédé.
Il en sera de même pour le Sénat, et même davantage, parce que le Sénat est appelé à intervenir directement dans un champ politique. Il faut le reconnaître.

Mais ce qui est certain, c’est que les hommes et les femmes chargés d’animer et d’intégrer pleinement cette institution dans notre architecture institutionnelle le feront avec beaucoup de clairvoyance, de détermination, de sagesse, de sens de la proportion et d’adaptabilité aux exigences de l’État de droit, des droits de l’homme et de notre démocratie.

Aké Natondé, député

Il y a d’abord un sentiment de fierté d’être Béninois, tout simplement. En effet, nous assistons à la consécration de la révision constitutionnelle de 2025, qui a instauré le Sénat dans notre pays.
Le Sénat est la deuxième chambre du Parlement. Il exerce des rôles très importants, prévus par la Constitution, qui n’étaient pas attribués à d’autres institutions dans l’ancienne version de celle-ci. La Constitution n’a pas changé dans son essence ; elle a simplement été révisée afin d’être adaptée aux réalités actuelles.
Quand je vois ces personnalités, membres du Sénat, réunies dans une même salle pour parler de notre pays, c’est pour moi un véritable motif de satisfaction. Je suis convaincu que la démocratie béninoise s’en trouve renforcée, et c’est une excellente chose pour notre pays.

Je dirais qu’il s’agit plutôt d’une complémentarité entre les deux chambres, car chacune a son rôle et ses fonctions.

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