Installé à la tête du Bénin le 24 mai dernier, Romuald Wadagni a fait de la diplomatie de proximité et du dialogue avec les États partenaires l’un des premiers marqueurs de son mandat. Et cela ne surprend guère, puisque le nouveau président béninois avait annoncé, dans son discours d’investiture, sa volonté d’approfondir la coopération régionale, en mettant l’accent sur la stabilité, le dialogue et le respect avec les pays voisins.
Cette orientation s’est rapidement traduite dans les actes, dès les premières semaines après la prise du pouvoir. En effet, dès les premiers jours de son mandat, le chef de l’État a engagé une série de visites d’amitié et de travail dans plusieurs capitales de la sous-région. Le Nigeria, le Niger, le Burkina Faso, le Togo et la Côte d’Ivoire ont constitué les premières étapes de cette diplomatie de voisinage. Quelques jours plus tard, la tournée s’est poursuivie au Sénégal, au Mali, en Guinée-Bissau, en Belgique et en Éthiopie. Et récemment au Rwanda et au Congo.
Dans un communiqué rendu public, la Direction de la communication de la Présidence de la République avait précisé que ces déplacements successifs du numéro 1 béninois avaient pour objectifs le renforcement de la coopération économique et commerciale, la solidarité entre les peuples ouest-africains et la concertation sur les questions de sécurité régionale.
Le rythme de ces déplacements est révélateur d’une volonté de ne pas laisser la diplomatie s’enfermer dans les seules relations protocolaires. Il s’agit, pour Romuald Wadagni, de maintenir un dialogue direct avec ses voisins et ses partenaires, surtout dans un contexte où l’Afrique de l’Ouest fait face à des enjeux communs tels que la sécurité, l’intégration économique, la circulation des personnes et des biens, le commerce et le développement. Au Burkina Faso, par exemple, les échanges entre Wadagni et Ibrahim Traoré ont donné lieu à une séance de travail consacrée aux relations entre les deux pays.
Mais cette ouverture ne se limite pas seulement aux voisins immédiats. Les relations avec les partenaires internationaux et les institutions financières occupent également une place importante dans l’agenda du chef de l’État.
Ici, l’enjeu dépasse la multiplication des voyages. Une diplomatie active peut permettre au Bénin de mieux faire connaître ses atouts, de rechercher de nouveaux partenariats et de créer des passerelles susceptibles de favoriser les investissements, les échanges commerciaux, la coopération sécuritaire et les initiatives régionales. La rencontre avec l’homme d’affaires nigérian Aliko Dangote, consacrée notamment aux perspectives d’investissement entre le Bénin et le Nigeria, illustre parfaitement cette dimension économique de l’ouverture diplomatique.
Ainsi, les premiers mois du mandat de Romuald Wadagni donnent à voir une méthode fondée sur le contact direct, la concertation et la recherche de partenariats. Toutefois, il serait trop tôt pour mesurer les résultats à long terme de cette stratégie. Mais les faits établis montrent clairement une volonté d’inscrire le Bénin dans un réseau plus dense de relations régionales et internationales.
Il ne serait donc pas surprenant de voir le président de la République effectuer d’autres voyages dans les prochaines semaines, vers d’autres destinations, en France ou aux États-Unis, pourquoi pas. Cela ne ferait que révéler davantage le Bénin.

L.T.
























































