Actualité

Media on Spot / Bilan et perspectives: La CDC Bénin fait le point et prépare un nouveau cycle

Réunie avec les médias jeudi 24 septembre 2026 à Cotonou à son siège, la Caisse des dépôts et consignations du Bénin( CDC Bénin) a fait le point sur son activité en 2025 et sur les chantiers ouverts pour la suite. La recherche de nouvelles ressources doit accompagner la capacité de la caisse à investir dans des projets structurants, tout en préservant l’équilibre entre la durée des ressources mobilisées et celle des investissements.

Banniere carrée

La Caisse des dépôts et consignations du Bénin (CDC Bénin) veut élargir progressivement ses sources de financement. Face à la presse, la Directrice générale, Maryse Lokossou, a expliqué que cette diversification répond à la nécessité de disposer de ressources adaptées aux investissements de long terme. La rencontre dénommée « Media on Spot » a aussi permis de revenir sur les résultats du plan stratégique 2021-2025 et sur les préparatifs du prochain cycle.

Au cours des échanges, la Directrice générale de l’établissement public a expliqué que la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) reste aujourd’hui la principale source de ressources de la CDC, avec une part supérieure à 76 % en 2025. Des discussions sont engagées avec d’autres fonds de pension afin d’élargir cette base. La caisse explore aussi de nouveaux produits d’épargne, dont DIASDEV, consacré à l’épargne de la diaspora, et un mécanisme inspiré de la tontine, avec une approche sécurisée et digitalisée. La gestion de fonds pour compte de tiers constitue une autre piste. La CDC indique gérer de plus en plus de ressources confiées dans le cadre de programmes soutenus par des partenaires tels que l’Agence française de développement (AFD) et la Banque mondiale, en particulier pour des interventions en faveur des petites et moyennes entreprises. Cette recherche de ressources nouvelles s’accompagne d’une attention particulière portée à leur durée. Les consignations sont généralement constituées de ressources à court terme. Leur emploi exige donc de tenir compte de leur échéance lorsqu’elles sont affectées à des projets plus longs. Les ressources de la CNSS, à l’inverse, présentent un horizon plus long et peuvent, en principe, être investies sur une période allant jusqu’à vingt ans.

L’investissement en fonds propres au centre du dispositif

La CDC entend parallèlement poursuivre son intervention dans les projets d’investissement par les fonds propres. Maryse Lokossou a expliqué que cette approche se distingue du financement bancaire classique. L’exemple des entreprises installées dans la Zone économique spéciale de Glo-Djigbé (GDIZ) illustre cette logique. Lorsqu’un promoteur doit réunir une part importante de fonds propres avant de solliciter un prêt bancaire, l’intervention de la CDC peut contribuer à compléter cet apport et à faciliter le bouclage financier du projet. En ce qui concerne les projets privés examinés, ils doivent répondre à plusieurs conditions : relever d’un secteur stratégique, présenter un coût d’au moins 5 milliards de FCFA, être suffisamment structurés et reposer sur un modèle économique viable. La CDC indique ne pas vouloir engager les ressources qui lui sont confiées dans des projets déficitaires. L’établissement souhaite par ailleurs travailler davantage avec les banques pour repérer, dans leurs portefeuilles, des projets dont le financement reste conditionné à un apport en fonds propres. Des travaux sont conduits avec des partenaires comme l’AFD et la Banque mondiale sur des mécanismes de financement du secteur privé.

Cette orientation intervient alors que le bilan du plan stratégique 2021-2025 fait apparaître 33 % de projets réalisés, 47 % partiellement réalisés et 20 % non réalisés. Le rapport relève des avancées sur le capital humain, les fonds propres, les partenariats et la responsabilité sociétale, mais identifie encore des efforts à poursuivre en matière de digitalisation, de gestion des risques et de diversification des ressources. Une feuille de route de transition est prévue pour 2026, avant l’élaboration du prochain plan stratégique 2027-2031.

Les médias associés au décryptage financier

La rencontre « Media on Spot » ne s’est pas limitée à la présentation des chiffres et des perspectives de la CDC. Une communication consacrée à la lecture, à la compréhension, à la vérification et à la restitution de l’information financière a été animée par Fiacre Kakpo, rédacteur en chef du Desk Finance de l’agence Ecofin. À l’ouverture, Maryse Lokossou a invité les journalistes à questionner les données, à demander les précisions nécessaires et à confronter les chiffres aux réalités économiques. « La qualité de l’information économique est donc, d’une certaine manière, une responsabilité partagée entre vous et moi », a-t-elle déclaré.

Au terme des échanges, la Directrice générale a replacé cette démarche dans la vocation même de la CDC : mobiliser des ressources et les orienter vers des projets d’investissement. « La jambe mobilisation des ressources, mais aussi la jambe financement de projets et d’investissements », a-t-elle résumé.

Pour la CDC, l’enjeu des prochaines années sera donc de poursuivre cette mobilisation tout en veillant à ce que les ressources disponibles correspondent aux besoins des projets qu’elle entend accompagner.

 Laura LEKE 

Related Posts

1 of 1 741

Leave A Reply

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

error: Content is protected !!