Il y a deux ans, le 23 septembre 2024, Olivier Boko et Oswald Homeky étaient arrêtés dans une affaire de complot contre la sûreté de l’État. Condamnés à 20 ans de réclusion criminelle sans appel, ils ne pourront espérer une libération anticipée qu’à la faveur d’une grâce présidentielle.

Il y a deux ans, jour pour jour, l’appareil d’État béninois basculait dans l’une de ses affaires politico-judiciaires les plus retentissantes. Le 24 septembre 2024, au petit matin, Olivier Boko, homme d’affaires influent de l’entourage de l’ex-président de la République, Patrice Talon, et Oswald Homeky, devenu ex-ministre des Sports, étaient interpellés à leurs domiciles respectifs, soupçonnés d’avoir fomenté un complot contre la sûreté de l’État. Selon les informations recueillies à l’époque par le Département enquête et investigation (Dei) du Groupe de presse Le Potentiel, Oswald Homeky avait été interpellé à son domicile de Cadjèhoun en compagnie d’un officier de l’armée et d’un élément de la sécurité présidentielle. Une perquisition menée dans la foulée à son domicile avait permis la découverte de plusieurs centaines de millions de francs CFA, des fonds que les enquêteurs soupçonnaient alors destinés à un officier supérieur pour déclencher le projet. Olivier Boko, de son côté avait été interpellé en route pour le domicile decson ami l’ancien président Patrice Talon et avait été conduit vers un lieu resté secret. Placés sous mandat de dépôt début octobre 2024, les deux hommes avaient été mis en accusation devant la Chambre des libertés et de la détention de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET), pour complot contre l’autorité de l’État, corruption d’agent public et usage de faux documents. Leur procès s’est ouvert le 21 janvier 2025 devant cette juridiction spéciale. Le 30 janvier 2025, la CRIET a condamné Olivier Boko et Oswald Homeky, ainsi que Rock Nieri ( beau-frère de Boko, jugé par contumace et toujours en fuite), à vingt ans de réclusion criminelle chacun, assortis d’une amende individuelle de 1,5 milliard de francs CFA et d’une condamnation solidaire à 60 milliards de francs CFA de dommages et intérêts au profit de l’État. Une peine deux fois plus lourde que celle requise par le ministère public, qui avait sollicité dix ans. Trois autres personnes poursuivies dans le même dossier ont, elles, été acquittées. Ni Olivier Boko ni Oswald Homeky n’ont fait appel de cette condamnation dans le délai légal de quinze jours, qui a expiré le 14 février 2025. Leur peine de vingt (20) ans de réclusion criminelle est donc définitive. Deux ans jour pour jour après leur interpellation, et en tenant compte du temps déjà passé en détention depuis le 24 septembre 2024, il leur resterait, sauf grâce présidentielle, encore dix-huit (18) années à purger sur les vingt prononcées par la CRIET. Aucune mesure de grâce ne les a concernés à ce jour. La grâce présidentielle accordée par le président Romuald Wadagni à 369 détenus, en août 2026, à l’occasion du 66ᵉ anniversaire de l’indépendance, ne les a pas inclus. Bien avant l’accession au pouvoir de Romuald Wadagni, les proches des mis en cause avaient espéré en vain un geste de grâce de la part de l’ex-président de la République, Patrice Talon. En mai 2026, des rumeurs avaient circulé sur une prétendue « libération clandestine » d’Olivier Boko, après son transfert de la maison d’arrêt d’Akpro-Missérété vers la prison civile de Cotonou. Le gouvernement avait alors démenti fermement toute libération, précisant que ce transfert répondait à des raisons médicales et que « Monsieur Boko se trouve en prison ». Boko et Homeky vont-ils purger les 18 ans de prison ? Où alors, chemin faisant, une mesure de clémence interviendra t-il en leur faveur pour leur permettre de recouvrer leur liberté ? Question.























































