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Opérationnalisation des six pôles de développement : Territoires : Wadagni transforme sa promesse en action

Le 23 septembre au Palais de la Marina, les contours de six pôles de développement territorial ont été dévoilés à la demande du Président de la République, Romuald Wadagni. Un projet longtemps porté sur les estrades de campagne prend désormais la forme d’un calendrier de travail. Onze (11) diapositives, une carte à six couleurs, un mot d’ordre : agir. Ce mercredi 23 septembre, dans les locaux du Palais de la Marina, l’exécutif béninois a mis sur la table un chantier resté, jusque-là, à l’état de discours. Le document, instruit par le Chef de l’État lui-même, ne se contente pas de fixer des orientations générales. Il nomme les responsables, découpe le territoire avec un calendrier précis.

D’une promesse de tribune à un plan de bataille

Candidat à la présidentielle, Romuald Wadagni avait fait du rééquilibrage territorial l’un des piliers de son programme, relevant une croissance trop concentrée sur la bande littorale et promettant que l’intérieur du pays en récolterait, lui aussi, les bénéfices. Le texte présenté à la Marina donne chair à cette promesse. Les soixante-dix-sept (77) communes du pays sont désormais regroupées en six pôles économiques. Il s’agit du Grand-Nokoué, du Sud-Est, du Sud-Ouest, du Centre, du Nord-Est et du Nord-Ouest. Pour le lecteur, on se rend toute suite compte qu’il s’agit d’un découpage pensé non pas selon la carte administrative, mais selon les complémentarités économiques. Dans chacun de ces pôles, un délégué général devra faire émerger quatre filières obligatoires.ces filières s’articulent autour de l’agriculture, de l’industrie, du tourisme et de l’innovation, adaptées aux atouts propres du territoire.
L’ambition affichée tient en une phrase. Il s’agit de transformer des potentialités locales dispersées en richesses concrètes, mesurables dans le quotidien des populations.

Sur le terrain, un satisfecit prudent

Banniere carrée

À Godomey, Rodrigue, chauffeur de taxi-moto depuis douze ans, patiente entre deux courses, la radio allumée. La nouvelle des pôles de développement, il l’a suivie de près. « Moi, ce que je retiens, c’est simple : il l’a dit, il l’a fait. Pendant la campagne, tout le monde promet. Là, on a déjà la carte, on sait quelle commune va avec quelle autre », confie-t-il, avant de sortir son téléphone, où il a conservé l’image diffusée par la présidence. « Ma mère est à Djidja. Elle est dans le pôle Centre. Je vais lui montrer. ». Plus au nord, à Bohicon, Clotilde, institutrice à la retraite, tempère l’enthousiasme sans bouder son plaisir. « J’ai vu passer beaucoup de plans dans ma vie. Ce qui me plaît ici, c’est que le Président ne s’est pas contenté d’annoncer. Il a fait préparer un texte, avec un calendrier et des responsables. C’est une manière sérieuse de tenir parole. »

Le Chef de l’État à l’œuvre

Un choix institutionnel a particulièrement retenu l’attention des observateurs. La gouvernance de la réforme ne sera confiée ni à un ministère, ni à une agence technique, mais à un Comité national placé sous la présidence directe du Chef de l’État. Ce comité réunira des membres du gouvernement, les six délégués généraux et un représentant de l’Association nationale des communes du Bénin (ANCB), avec l’appui d’un secrétariat permanent chargé de l’exécution quotidienne. En s’installant lui-même à la tête de l’instance d’orientation, Romuald Wadagni attache son nom, publiquement, à la réussite de la réforme. Un décret présidentiel doit par ailleurs venir consolider juridiquement l’architecture des pôles, pour en assurer la pérennité au-delà du cycle politique actuel. Le compte à rebours est lancé. Le calendrier ne laisse guère de place à l’attentisme. Dès le quatrième trimestre 2026, les délégués généraux devront être nommés et leurs équipes installées, en même temps que le Comité national. Suivront la structuration de l’attractivité de chaque pôle, puis sa planification, avant un déploiement des premiers projets concrets programmé pour le second semestre 2027. À Godomey, Rodrigue a redémarré sa moto ; un client vient de monter derrière lui. « Maintenant, on attend les noms », lance-t-il, avant de se fondre dans la circulation. Une phrase pleine de souhaits mais qui traduit aussi la grande attente des populations, bénéficiaires directes de cette réforme.

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