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Gouvernance locale : Cotonou : l’hémorragie des démissions frappe l’administration Gnacadja

La Mairie de Cotonou fait face à deux démissions au sein de son administration en moins de deux semaines. Ange Paterne Amoussouga, secrétaire exécutif (SE) de la commune depuis avril 2023, a adressé, le mercredi 30 septembre 2026, une lettre de démission au maire de Cotonou, Luc Gnacadja, enregistrée le jour même au secrétariat particulier sous le n°6968. Huit jours plus tard, le 8 octobre 2026, c’est la Personne responsable des marchés publics (Prmp) de la commune, Manet Floriana Gazard, qui a, à son tour introduit sa démission. Le maire en a informé les conseillers municipaux ce mardi 13 octobre 2026, précisant que la responsable avait invoqué des raisons personnelles. Les mêmes raisons de convenance personnelle, de préservation de santé et d’équilibre, avaient déjà été invoquées Ange Paterne Amoussouga dans sa lettre de démission.

Une fonction clé de la commande publique, elle aussi vacante

La Personne responsable des marchés publics occupe un poste stratégique dans l’organisation administrative d’une commune. C’est elle qui conduit les procédures de passation des marchés publics locaux, de la préparation des dossiers d’appel d’offres jusqu’à l’attribution, dans le respect de la réglementation en vigueur. Son départ, à quelques jours seulement de celui du secrétaire exécutif, place désormais la Mairie de Cotonou devant deux vacances simultanées à des postes clés de sa chaîne de gestion administrative et technique. Cette situation appelle une transition rapide et maîtrisée sur les deux dossiers, mais surtout, pour le secrétariat exécutif. Dans le strict respect d’une procédure déjà fixée par les textes, le remplacement du SE devrait intervenir assez rapidement pour éviter la paralysie de l’administration.

Un départ qui intervient trois ans après son installation

Ange Paterne Amoussouga n’était pas le premier titulaire du poste de secrétaire exécutif. Il avait été désigné en avril 2023 pour remplacer Nestor Bossou, démis de ses fonctions après qu’une enquête gouvernementale eut mis en évidence des manquements dans sa gestion. Amoussouga avait alors été installé dans ses fonctions au mois de mai 2023, pour le reste du mandat en cours des secrétaires exécutifs des communes. Dans sa lettre de démission, il s’en remet à l’appréciation du maire quant à l’acceptation de son départ, à la date de prise d’effet et aux modalités administratives qui devront l’accompagner, tout en se disant disponible pour assurer une transition ordonnée et la transmission des dossiers en cours.

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Comment sont désignés les secrétaires exécutifs des communes

La fonction de secrétaire exécutif a été créée par la loi n°2021-14 du 20 décembre 2021 portant Code de l’administration territoriale en République du Bénin, en vigueur depuis le 1er avril 2022. Il s’agit d’un cadre technique, recruté parmi les agents de l’État ayant réussi un concours et inscrits à ce titre dans une base de données de cadres, chargé de la gestion administrative et technique de la commune aux côtés du maire, qui reste l’autorité politique élue. Lors de la mise en place du dispositif, en 2022, les secrétaires exécutifs des 77 communes avaient été désignés par tirage au sort, commune par commune, parmi les candidats inscrits sur cette liste. Une réforme intervenue en 2025 a depuis fait évoluer ce mécanisme. Plutôt qu’un tirage au sort désignant directement un nom, le maire tire désormais plusieurs noms dans la base de cadres et choisit lui-même, parmi eux, celui qu’il installera comme secrétaire exécutif de sa commune.

Le dispositif qui avait permis la désignation d’Amoussouga

Selon nos informations empiriques, c’est une variante de ce mécanisme qui avait permis, en 2023, de pourvoir au poste laissé vacant par le départ de Nestor Bossou à Cotonou. Pour éviter de reprendre un tirage au sort complet à l’échelle nationale, la Cellule de suivi et de contrôle de la gestion des communes avait donné la possibilité au maire de tirer lui-même, dans la base de cadres, à la fois le titulaire et un suppléant appelé à le remplacer en cas de vacance du poste. C’est ce dispositif qui avait conduit à la désignation d’Ange Paterne Amoussouga comme secrétaire exécutif titulaire de Cotonou, en remplacement du premier titulaire sanctionné.

Vincent Dayou, le suppléant que la procédure désigne déjà

Toujours selon nos informations, c’est Dayou Vincent qui occupait la position de suppléant lors de ce même tirage de 2023. C’est donc logiquement vers lui, et non vers un nom nouveau, que la procédure devrait conduire pour assurer la succession d’Ange Paterne Amoussouga à la tête du secrétariat exécutif de la Mairie de Cotonou, et ce jusqu’à l’échéance du mandat en cours des secrétaires exécutifs des communes, prévue pour fin mars 2027, avant qu’un nouveau tirage au sort ne soit organisé. Dayou Vincent, cadre de haute qualification, a vocation à être installé très prochainement dans ce fauteuil, sauf cas de force majeure ou contrainte personnelle de sa part.

Le maire ne peut ignorer une procédure existente

Le choix du prochain secrétaire exécutif de la Mairie de Cotonou n’a rien d’une nomination discrétionnaire laissée à la seule appréciation du maire. C’est le dispositif arrêté en 2023 par la Cellule de suivi et de contrôle de la gestion des communes, avec le tirage conjoint d’un titulaire et d’un suppléant, qui a vocation à s’appliquer jusqu’au terme du mandat en cours. Luc Gnacadja ne saurait ignorer l’existence de ce suppléant déjà identifié, ni s’en affranchir au profit d’un choix improvisé. La procédure a été fixée dès 2023, précisément pour organiser sans délai ce type de succession, et c’est elle, et elle seule, qui doit conduire à l’installation de Vincent Dayou, sans qu’il soit besoin d’un nouveau tirage au sort. Avec, désormais, deux postes clés à pourvoir en même temps au sein de son administration, le maire de Cotonou ne peut plus se permettre d’atermoiements. Se conformer, sans tarder, aux textes qui organisent la désignation du nouveau secrétaire exécutif, reste le choix qu’il s’impose au maire. Luc Gnacadja doit donc engager avec la même diligence le remplacement de la Prmp démissionnaire.
La balle est désormais dans le camp du maire de Cotonou, Luc Gnacadja, à qui revient, selon les termes mêmes des deux lettres de démission, la décision d’en accepter les termes et d’en fixer les dates d’effet ainsi que les modalités.

À suivre…

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