Lors de son audience hebdomadaire de ce lundi 19 octobre 2026, la chambre correctionnelle de la Cour spéciale des affaires foncières (CSAF) a examiné plusieurs dossiers. Au nombre de ceux-ci figure un qui a particulièrement retenu l’attention de l’assistance et même de la Cour.
Au centre de ce sulfureux dossier aux allures mystiques, la vente contestée de plusieurs biens immobiliers, dont une école privée estimée à 65 millions de francs CFA, sur fond d’accusations de pratiques mystiques. En effet, ledit dossier oppose dame Françoise H., une Béninoise résidant au Nigeria, au sieur B. Lima, un compatriote vivant et travaillant à Libreville, au Gabon.
Selon les déclarations du sieur B. Lima à la barre, alors qu’il se trouvait au Gabon, dame Françoise H. l’aurait contacté pour lui faire savoir que, d’après ses visions, il devait vendre les biens qu’il possédait au Bénin.
Les deux parties auraient alors discuté des montants auxquels plusieurs biens immobiliers devaient être cédés. Il s’agirait notamment d’une parcelle située à Tori, d’une autre à Abomey-Calavi, ainsi que d’une école privée implantée à Womey, toujours dans la commune d’Abomey-Calavi. La valeur de cette infrastructure éducative serait estimée à 65 millions de francs CFA. D’autres biens, dont la nature et les valeurs précises n’ont pas été détaillées à l’audience, seraient également concernés.
Toujours selon les déclarations du plaignant, dame Françoise Hounyè lui aurait demandé de lui envoyer sa photo ainsi que celle de son épouse, ce qu’il a effectivement fait depuis le Gabon. Elle lui aurait ensuite promis de transmettre son nom et les photos à 256 fétiches au Nigeria afin de conjurer le sort.
Des versions contradictoires et de troublantes révélations à la barre
Au cours de l’audience, des enregistrements vidéo et audio ont été présentés par le ministère public à l’assistance. Des conversations téléphoniques et des messages vocaux attribués au plaignant ont ainsi été diffusés publiquement.
Le sieur B. Lima a déclaré reconnaître sa photo sur l’écran de l’ordinateur, mais a dit ne pas reconnaître les notes vocales diffusées à l’audience. Or, dame Françoise H. soutient que la victime lui avait transmis les photos de son propre chef.
S’agissant de l’acquisition de l’école privée de Womey, la prévenue affirme avoir versé 44 millions de francs CFA dans un premier temps, puis 19 millions dans un second temps, soit un total de 63 millions de francs CFA. Une déclaration contestée par le sieur B. Lima, qui soutient n’avoir jamais reçu d’argent de dame Françoise Hounyè et affirme n’avoir vendu aucun de ses biens à cette dernière.
Les interrogations de la Cour sur les financements douteux de la prévenue

Interrogée par le président de céans sur l’origine des fonds qui lui servent à effectuer des acquisitions de plusieurs dizaines de millions de francs CFA, dame Françoise H. explique tirer ses revenus des prières et des consultations qu’elle effectue pour des clients résidant en France. Parce que, dit-elle, elle est, d’une part, Hounnon de Dan et, d’autre part, grande prêtresse/visionnaire (Woli) du christianisme céleste.
Selon ses explications, certains de ses clients vivant dans l’Hexagone l’auraient sollicitée pour des visions et lui auraient transféré d’importantes sommes d’argent.
La piste d’un possible envoûtement de la victime évoquée
L’une des zones d’ombre de cette affaire, ce sont les explications fournies par le sieur B. Lima pour justifier les circonstances dans lesquelles les transactions ont été effectuées. Celui-ci estime avoir été sous l’emprise d’un envoûtement qui l’aurait poussé à décider de vendre ses biens sans, bien sûr, tenir compte des conséquences.
Toutefois, ces affirmations relèvent de la version du plaignant et n’établissent pas, à elles seules, l’existence de pratiques mystiques ni leur éventuel lien avec les transactions immobilières contestées.
A ce stade du dossier, les déclarations des deux parties restent contradictoires, notamment sur la réalité des paiements et l’existence des ventes.
Et au terme de l’audience de ce lundi 19 octobre 2026, le dossier a été renvoyé au 23 novembre 2026. C’est à cette date que le verdict de la juridiction sur ce dossier sera connu.
L.T.































































