Catégories
Actualité Justice

Procès en appel et confirmation de la condamnation de l’ex-DG du Fnda et ses coaccusés CRIET : l’indignation des avocats, des failles judiciaires relevées

Pour l’ancien directeur général du Fonds national de développement agricole (Fnda), Valère Houssou, c’est le verdict qui ruine tous les espoirs de recouvrer assez rapidement sa liberté. Lui et ses coaccusés ont vu leur sentence confirmée lors d’un procès en appel à la Cour de Répression des Infractions Économiques et du Terrorisme (CRIET). En effet, en réponse à la requête de leurs avocats, la CRIET a rouvert, le vendredi 28 juin 2024, le procès en appel de Léonard Valère Houssou, ancien Directeur Général du Fonds National de Développement Agricole (Fnda), et de ses coaccusés. Condamnés en première instance pour abus de fonction, corruption dans les marchés publics et blanchiment de capitaux, l’ancien Dg et son Directeur Administratif et Financier (Daf) avaient écopé chacun d’une peine de dix (10) ans de prison ferme, assortie d’une amende de vingt millions de francs CFA ainsi que de la confiscation de leurs biens.

Ce procès en appel, présidé par le magistrat Edouard Cyriaque Dossa, Président de la CRIET, a vu le ministère public représenté par Armand Houngue, le même magistrat ayant officié lors du premier jugement. Ouvert le 28 juin 2024, il aura fallu deux audiences supplémentaires, tenues les 12 et 19 juillet 2024, avant que la Cour ne rende son délibéré ce 11 octobre 2024, en présence des familles, des avocats des accusés et d’autres curieux. Les inculpés condamnés étaient Léonard Valère Houssou, Zénabou Saka (ancienne Personne Responsable des Marchés Publics, Prmp) et Fidèle Yaovi Tossou, ancien Daf.

Leur défense fut assurée par un collège d’avocats, sous la coordination de Maître Olga Anassidé et composé de Didé Sèdjro Elvys et Ahoumenou Michel pour le compte du Dg Houssou Léonard Valère, AYOBELE Narcisse, Rafiou Guy-Charles PARAÏSO, Olga ANASSIDE et Marc ZINZINDOHOUE pour le compte de la PRMP, SAKA Zénabou, GNONHOUE Marie-José à la défense de TOSSOU Yaovi Fidèle. Que retenir du procès en appel ?Il s’agit ici d’une question de procédure à suivre pour dire le droit. Dans un climat empreint de rigueur et de pédagogie, le Président de la Cour a donné la parole aux trois accusés, leur permettant d’exprimer leur insatisfaction vis-à-vis du verdict initial. Ceux-ci ont tous contesté leur condamnation, invoquant des erreurs matérielles qui, selon eux, ont entaché le premier jugement du 23 janvier 2024.

Ces contestations ont été relayées par leurs avocats, qui ont plaidé pour l’annulation du jugement et l’acquittement pur et simple de leurs clients. Ils ont notamment soulevé plusieurs insuffisances dans le dossier, tout en rappelant au président que son arrêt constituerait un précédent pour la jurisprudence nationale. Pour obtenir la libération de leurs clients, la ligne de défense des avocats des accusés a été claire. La défense a vigoureusement contesté l’absence de preuves matérielles dans le verdict de première instance. Selon eux, aucun rapport des organes de contrôle n’avait révélé d’irrégularités dans les marchés attribués par le Fnda.

Les avocats rappellent qu’aucun soumissionnaire n’avait porté plainte. Cette situation d’absence de plainte est de nature à fragiliser les accusations d’abus de fonction et de corruption, selon les avocats. Maître Marc Zinzindohoué a même fait un parallèle avec la loi dite des « suspects », adoptée en France en 1793, qui permettait d’arrêter et de condamner sans preuve toute personne soupçonnée d’être ennemie de la Révolution. Aussi, les avocats ont exprimé des réserves sur les accusations de corruption. Selon eux, il y a une absence d’un corrupteur dans cette affaire.

« Pour qu’un acte de corruption soit avéré, selon les dispositions du Code pénal, il doit y avoir au moins deux parties, à savoir un corrupteur et un corrompu. Or, aucun corrupteur n’a été identifié, rendant l’accusation inconsistante », soutiennent les avocats. Par ailleurs, les avocats ont mis l’accent sur ce qu’ils appellent un  »traitement inégal des accusés ». La défense a relevé une disparité dans le traitement des accusés, comparant les cas de Aïcha Massary et Marcel Effon, qui ont bénéficié d’un non-lieu, à ceux de Houssou et Tossou, condamnés sur la base des mêmes faits.

De son côté, maître Rafiou Guy-Charles PARAÏSO a exprimé ses inquiétudes sur le fait que l’accusation tient à mettre à la charge de la Prmp Saka Zénabou les actes dont elle n’a pas connaissance. Pour l’avocat, ces actes se sont produits un (1) an après le départ de la Prmp Saka Zénabou du Fnda, lesquels actes ont été posés par sa remplaçante Aïcha Massary blanchie par la justice et libérée, selon maître Paraïso. Absence de préjudices selon les avocats !Les avocats de l’ancien Dg du Fnda Valère Houssou et cie ont joué le tout pour le tout pour tenter d’obtenir la libération de leurs clients.

L’autre angle de défense a été la démonstration d’une absence de préjudice et l’impertinence des accusations d’abus de fonction. Ici, les avocats ont souligné que les actes de leurs clients n’avaient causé aucun préjudice ni au Fnda ni à l’État. Selon la défense, l’accusation d’abus de fonction ne tenait donc pas, aucun avantage n’ayant été tiré par les accusés. Concernant le blanchiment de capitaux, les avocats ont dénoncé une violation du principe contradictoire, car l’infraction n’avait pas été débattue ni en première instance ni lors de l’instruction. Selon les avocats, les biens immobiliers, cités comme preuve, avaient été acquis avant l’entrée en fonction au Fnda des accusés Léonard Valère Houssou et Fidèle Yaovi Tossou.

Pour conclure leur défense, maître Didé Sèdjro Elvys est revenu sur le cas particulier de l’ex-DG du Fnda Valère Houssou. Il a informé la Cour que c’est après avoir passé 25 ans dans le secteur privé financier et bancaire sans aucun incident au Bénin et à l’international que le Gouvernement de son pays a fait appel à son expertise pour lancer véritablement le Fnda. « Et pour avoir accepté de faire le job, il est condamné à dix (10) ans de prison, vingt (20) millions d’amende et la confiscation de ses biens après seulement trois ans de fonction », relève l’avocat. Par ailleurs, pour maître Didé, cette peine de 10 ans de prison va ruiner la vie de l’ex-directeur général du Fnda.

L’avocat fait constater à la Cour que la peine prononcée par le premier juge contre Valère Léonard Valère et contre son Daf est celle donnée aux accusés de crime de sang ou encore à celle prononcée par la CRIET contre les accusés du scandale ICC Services lequel avait causé un préjudice de plus de 150 milliards de francs CFA au sein de la population béninoise. Réquisition du ministère public et délibéré de la CourEn dépit des arguments avancés par la défense, le ministère public a maintenu ses accusations, requérant les mêmes peines qu’en première instance. S’appuyant toujours sur les échanges WhatsApp jugés  »controversés » par la défense, le ministère public a affirmé son droit de poursuivre certains protagonistes tout en en épargnant d’autres.

Là-dessus, les avocats de la défense ont exprimé leurs vives désapprobations. Et le verdict tomba. Après avoir écouté les arguments des uns et des autres, le délibéré de la Cour est tombé ce vendredi 11 octobre 2024. Bien que partiellement infirmé, le premier jugement a été en grande partie confirmé par la Cour. Léonard Valère Houssou et Fidèle Yaovi Tossou ont été déclarés coupables des infractions d’abus de fonction, de corruption dans la passation des marchés publics et de blanchiment de capitaux.

Ils ont chacun été condamnés à dix ans de réclusion criminelle et à une amende de vingt millions de francs CFA. La Cour condamne enfin les trois accusés appelants aux dépens et leur donne un délai de trois jours pour se pourvoir en cassation. Après cette confirmation du verdict rendu en première instance, les avocats de la défense se livrent à une série de questionnements.

Selon eux, ce procès en appel restera dans les annales, à la fois pour les enseignements qu’il procure et les interrogations qu’il soulève quant à la justice et l’équité dans le traitement des affaires de corruption au Bénin.

Pour rappel, l’ancien directeur général du Fnda Valère Houssou avait été limogé de son poste le 12 octobre 2022 par le Conseil des ministres, pour des faits présumés de rançonnement et de perception de commissions au préjudice des producteurs agricoles.

B. K. S

Catégories
Actualité Justice

Rançonnement des producteurs agricoles : Affaire Fnda : le film d’une lourde condamnation jonchée d’épines

Des épouses en syncope et d’autres en dépression au bord du suicide, des enfants en larmes totalement abasourdis et inconsolables, des parents et amis envahis par un sentiment de tristesse. Le dernier coup de maillet du magistrat Célestin Kponnon, président de céans à la Cour, à l’audience du mardi 23 janvier 2024 a complètement dévasté les six (6) accusés dans l’affaire dite au départ de rançonnement des producteurs par les responsables du Fonds national de développement agricole (Fnda).

À la Cour de Répression des Infractions Économiques et du Terrorisme (CRIET), un peu avant minuit ce 23 janvier 2024, le verdict rendu a mis à genoux les accusés et leurs familles. Le Directeur général Valère Houssou a été condamné à 10 ans de réclusion criminelle et à 20 millions FCFA d’amende après requalification des faits en « abus de fonction, corruption dans la passation des marchés publics et blanchiment de capitaux ». Son Daf, Yaovi Fidèle Tossou a écopé des mêmes peines. La Personne responsable des marchés publics (Prmp), Saka Zénabou et son Secrétaire par intérim, Cocou Godefroy Tossou ont été condamnés à 5 ans de réclusion criminelle et à 5 millions FCFA d’amendes pour « abus de fonction et corruption dans la passation des marchés publics ».

Les sieurs Baropa Franck et Toho Gbèlidji ont écopé de 3 ans de réclusion criminelle pour « recel ». Par ailleurs, la Cour a également ordonné la confiscation des biens immobiliers appartement à l’ex-Dg Valère Houssou et à l’ex-DAF, Fidèle Yaovi Tossou à l’exception des bâtiments abritant leurs familles respectives. Cette audience du 23 qui a abouti à l’énoncé de ces condamnations l’épilogue provisoire d’un feuilleton judiciaire qui laisse assez de questions au bout des lèvres.

Depuis l’ouverture de ce feuilleton judiciaire en septembre 2022, les B00éninois suivent de près l’évolution du dossier. Le Département enquête et investigation (Dei) du journal Le Potentiel s’est attelé à retracer de façon chronologique les étapes avec une documentation des faits au-delà du factuel présenté çà et là.

Une procédure périlleuse pour les accusés

Tout a commencé le mercredi 28 septembre 2022 par la visite inopinée du patron de la Brigade économique et financière (Bef), Brice Allowanou, dans les locaux du Fonds national de développement agricole (Fnda). Sur place, l’équipe de la Bef annoncera qu’elle venait pour une séance de travail. Nos sources précisent qu’aucune convocation au préalable n’avait été envoyée aux responsables du Fnda avant cette «intrusion » de l’équipe de la Bef. Au nom de la réunion avec le Dg Valère Houssou et ses principaux collaborateurs, les téléphones portables seront saisis. Il s’en est aussitôt suivi une perquisition des bureaux des responsables concernés.

À l’issue de la perquisition, les éléments de la Bef ont emporté des ordinateurs, des disques durs externes et quelques documents. Le Dg et ses collaborateurs seront aussi embarqués pour une audition sur procès-verbal à la Bef. Une fois dans les locaux de la Bef, les policiers ont interrogé chacun des responsables sur la seule et unique question suivante : «Il nous est revenu que dans l’exercice de vos activités, vous exigez et obtenez des producteurs et promoteurs agricoles des commissions. Dites-nous quelle procédure du FNDA autorise une telle pratique». Cette audition est bouclée le même jour par une perquisition à leur domicile respectif.

Nos sources informent que toutes ces perquisitions n’ont rien révélé. Jusqu’ici, le Dg et ses collaborateurs ne comprenaient rien. D’où venaient les ordres? Quel est le fondement réel de ce traumatisme ? Valère Houssou et ses collaborateurs se posaient ces questions dans les locaux de la Bef avec la crainte d’être privés de liberté. Mais ils y échapperont quand les officiers finissent par leur notifier qu’ils pouvaient retourner auprès de leurs familles respectives. Néanmoins, ils ont été mis sous convocations. Le Dg et ses collaborateurs ont tous répondu à la convocation le vendredi 30 septembre 2022 sans suite. Ils se présenteront à nouveau à une deuxième convocation le lundi 3 octobre 2022.

Ici aussi, cette convocation est restée sans suite. Mais qu’est-ce qui justifie la stagnation du dossier après deux convocations sans suite? La réponse serait que la police scientifique n’a pas fini les enquêtes entreprises sur les téléphones saisis le 22 septembre 2022. C’est à la troisième convocation du mercredi 5 octobre 2022 qu’ils ont été placés en garde à vue au terme d’une deuxième audition sur procès-verbal, laquelle a porté cette fois-ci sur les marchés publics et non plus sur les faits de perception de commissions auprès des producteurs et promoteurs agricoles. Il faut rappeler que ce sont les faits de perception de commission qui ont déclenché l’enquête une semaine plus tôt.

Au dernier jour de leur garde à vue, soit le mercredi 12 octobre 2022, et pendant qu’ils n’étaient pas encore présentés au procureur spécial de la CRIET, le Directeur général du Fnda Valère Houssou a été limogé en Conseil des ministres. À la CRIET, le procureur spécial, après avoir écouté les onze (11) personnes poursuivies, a requis un mandat de dépôt contre dix (10) personnes d’entre elles. Il s’agit de : Houssou Valère (DG/FNDA), Tossou Fidèle (DAF/FNDA), Baropa Franck (Directeur des Opérations/FNDA), Saka Zénabou (ancienne PRMP/FNDA), Toho Joé (Chargé de pôle/FNDA), Toho Ismène (agent en service à la chambre nationale d’agriculture), Adoukonou Horace (Directeur de contrôle à la DNCMP au ministère des Finances), Tossou Godfroy (Chef service matériel/FNDA), Soglohoun Camille (Contrôleur de gestion chargé des risques/FNDA) et Effon Marcel ( prestataire privé et DG/Impact Plus). Sur tous les mandats de dépôt, on pouvait lire les chefs d’accusation suivants : « abus de fonction et corruption dans les marchés publics » (faits prévus et punis par les Articles 375 et 341 alinéa 2 du Code pénal, ndlr). Seule, la nouvelle PRMP, madame Massary Aïcha, a été poursuivie sans mandat.

À l’audience du lundi 14 novembre 2022, les accusés ont tous plaidé « non coupables ». Le tribunal s’est finalement déclaré incompétent, renvoyant le dossier à la commission d’instruction en raison de la nature criminelle des faits reprochés. Entre temps, monsieur Effon Marcel du cabinet « Impact Plus », prestataire privé en détention, a été remis en liberté et placé sous contrôle judiciaire. Ils ne seront finalement que neuf (9) personnes en détention durant un an d’instruction conduite par une commission de trois (3) juges. Ce fut une période d’enquête plus approfondie qui a été éprouvante pour l’ensemble des onze (11) inculpés notamment ceux qui sont en détention.

À l’issue de l’instruction, la commission d’instruction a rendu le 3 novembre 2023 une ordonnance de non-lieu et de liberté au profit de Marcel Effon, Massary Aïcha, Toho Ismène, Soglohoun Camille et Adoukonou Horace. Elle a, par la même occasion, prononcé la mise en accusation des six (6) autres et les a renvoyés en jugement devant la CRIET statuant en matière criminelle.

La session criminelle, l’étape déterminante

La procédure judiciaire dans cette affaire du Fonds national de développement agricole (Fnda) a mis tout le monde en état d’alerte. Entre curiosité et attente légitime, le procès s’est ouvert le mardi 23 janvier 2024 en audience publique. La salle est remplie. Les visiteurs curieux devraient se battre pour trouver une place sur les bancs. En salle d’audience, la dizaine d’avocats, certains organes de presse autorisés et les membres des familles des accusés ont réussi à occuper les premières places.

Devant la Cour, présidée par le magistrat Célestin Kponnon, aucun des accusés n’a reconnu les faits d’abus de fonction et de corruption mis à leur charge. Il est reproché au Dg Valère Houssou de s’ingérer dans les marchés publics et d’échanger des termes de référence avec des consultants. Invité à s’expliquer, le Dg signale d’abord à la Cour qu’il a été limogé en Conseil des ministres le 12 octobre 2022 suite à des prétendus faits de rançonnement des producteurs agricoles. Mais qu’il constate qu’il est aujourd’hui jugé pour corruption dans les marchés publics.

Ensuite, il se défend en indiquant à la Cour le cadre réglementaire et législatif dans lequel il fait parfois des propositions de consultants aux PRMP compte tenu de la rareté de certaines prestations intellectuelles. Il soutient que ses interventions qui n’ont aucun caractère contraignant pour les PRMP, n’ont jamais influencé l’égalité d’accès à la commande publique. Il cite à la Cour plusieurs exemples de marchés pour lesquels les candidats qu’il a proposés n’ont pas été ceux déclarés adjudicataires. Selon le ministère public qui choisit un autre morceau des faits reprochés, le Dg Valère Houssou a négocié et reçu auprès du Consortium Alafia une somme de 15 millions pour lui-même et ses collaborateurs.

Le Dg a réfuté aussi cette accusation en démontrant à la Cour que le message WhatsApp auquel le ministère public fait à tort allusion n’a rien à voir ni avec un marché public ni avec une quelconque somme d’argent négocié et reçu auprès du Consortium Alafia. Après les éléments de réponse du Dg, le président de la Cour a fait observer une première suspension de l’audience. À la suite du DG qui a planché durant plus de 3 heures d’horloge, chacun des cinq coaccusés est passé tour à tour à la barre pour expliquer et se justifier. Le représentant du Fnda est invité à la barre. Celui-ci déclare que le FNDA n’a rien perdu et n’a jamais enregistré de plaintes. À la question de la Cour d’évaluer le préjudice subi, il répond que le FNDA n’a subi aucun préjudice matériel ou financier.

Après lui, ce fut le tour de l’Agent Judiciaire du Trésor. À la question de savoir quelle est sa réclamation, il répond que l’État n’a subi aucun préjudice et qu’il s’aligne sur la position du représentant du FNDA. Une deuxième suspension de l’audience est intervenue.

Une réquisition sévère face à une défense solide

Convaincus de leur innocence, les accusés n’ont jamais baissé les bras. Ils pouvaient compter sur un collège d’avocats pour contrer la sévère réquisition du ministère public représenté par le magistrat Armand Hounguè. Le Président de la Cour a invité la dizaine d’avocats de la défense pour leur plaidoirie. Parmi eux, on pouvait aisément remarquer la présence de maîtres : Claude Tekounti, Sèdjro Elvys Dide, Michel Ahoumenou, Igor Cécil E. Sacramento, Hugo Koukpolou, Ayobele Narcisse, Rafiou Guy-Charles Paraïso.

Les conclusions des avocats de la défense pour démontrer l’innocence de leurs clients se déclinent à plusieurs points. On peut retenir par exemple qu’aucun rapport des organes spécialisés de contrôle révélant des irrégularités dans l’attribution des marchés n’existe au dossier ; qu’aucun marché irrégulièrement attribué n’a été cité devant la Cour ; qu’aucune plainte de soumissionnaires, de prestataires ou de victimes n’a été présentée à la Cour ; que contrairement aux dispositions de l’article 341 du Code pénal, les six (6) agents publics présumés corrompus sont en train d’être condamnés par le ministère public alors qu’aucun soumissionnaire corrupteur n’est poursuivi et présenté à la Cour ; que les actes reprochés aux six (6) accusés par le ministère public, ont été commis ensemble avec les 5 autres inculpés notamment Massary Aïcha, Ismène Toho et Marcel Effon qui ont bénéficié de non-lieu et définitivement libérés.

Selon les avocats, la même logique de non-lieu devrait s’appliquer à leurs clients actuellement devant la Cour. Les actes posés par le DG dans le processus des marchés publics, soutiennent les avocats, sont légaux et autorisés par les articles 23 et 36 du code des marchés publics. Aussi, les avocats de la défense rappellent que des marchés conduits et signés par une Prmp actuellement en liberté ont été mis à la charge d’une autre Prmp pour laquelle le ministère public a requis 5 ans de prison ferme. Mieux, les avocats démontrent qu’aucune preuve de promesse ou de remise de fonds entre le Consortium Alafia et le Dg du Fnda n’a pas été apportée par le ministère public.

Toujours dans leur ligne de défense, les avocats insistent sur le fait que depuis l’enquête préliminaire à la BEF, aucun dirigeant de cette institution faîtière (Consortium Alafia) n’a été interrogé et confronté au Dg ; que l’enquête conduite par la Bef a été à charge et très déloyale avec la confiscation et l’exploitation sans autorisation des téléphones privés des mis en cause, etc. En somme, chacun des avocats a démontré avec force et éloquence qu’aucune des infractions mises à la charge des accusés, n’est constituée.

Les avocats ont tous réclamé l’acquittement pur et simple de tous les six (6) accusés et leur libération d’office. Avant la troisième et dernière suspension, le Président de la Cour a invité chacun des six (6) accusés à prononcer son dernier mot. Invité en premier, l’ex-Dg du Fnda déclare devant la Cour : « Monsieur le Président ! Je ne suis pas un criminel, je ne suis pas un danger public. Je suis un Expert en Inclusion Financière dont les compétences sont reconnues par mes pairs et à l’international depuis plus de 20 ans. Durant mes trois ans passés à la tête du FNDA, je n’ai jamais exigé quoi que ce soit d’un usager avant de lui rendre le service qui lui est dû.

Je veux continuer par servir mon pays. Je vous prie humblement de ne pas suivre les réquisitions du ministère public en ordonnant ma libération». Tout à tour, chacun de ses 5 autres collaborateurs est passé devant la Cour pour leur dernier mot et leur demande de libération. Ainsi, les six accusés ne se retrouvent pas dans les faits à eux reprochés et ont demandé leur mise en liberté pure et simple.

De lourdes condamnations malgré tout

En dépit des éléments apportés par la défense pour démontrer au Président de la Cour que la seule voie qui s’impose serait un acquittement pur et simple de leurs clients, le verdict a été lourd. Un peu avant minuit, ce 23 janvier 2024, le verdict est tombé comme un coup de massue sur les accusés et leurs familles.

Le Dg Valère Houssou a été condamné à 10 ans de réclusion criminelle et à 20 millions FCFA d’amende après requalification des faits en « abus de fonction, corruption dans la passation des marchés publics et blanchiment de capitaux ». Son DAF Yaovi Fidèle Tossou a écopé des mêmes peines. La Prmp, Saka Zénabou et son Secrétaire par intérim, Cocou Godefroy Tossou ont été condamnés à 5 ans de réclusion criminelle et à 5 millions FCFA d’amendes pour « abus de fonction et corruption dans la passation des marchés publics ». Baropa Franck et Toho Gbèlidji ont écopé de 3 ans de réclusion criminelle pour « recel ».

La Cour a également ordonné la confiscation des biens immobiliers appartement à l’ex-Dg Valère Houssou et à l’ex-Daf, Fidèle Yaovi Tossou à l’exception des bâtiments abritant leurs familles respectives. Dans la salle d’audience, les épouses de certains accusés qui croyaient encore à un miracle sont tombées en syncope. Le miracle de la libération n’a pas eu lieu. Les familles, abasourdies ont fondu en larmes. Pour certains proches des accusés, au regard des éléments de la défense, les condamnations ne devraient pas avoir lieu. Inconsolables, les familles s’en remettent à la justice divine. « Seul Dieu rend justice ! », s’écria un parent de l’un des accusés. Les avocats dans leur ensemble, ont annoncé interjeter appel de ce verdict qu’ils jugent arbitraire. Les six (6) accusés ont été embarqués par la garde pénitentiaire en prison pour qu’ils aillent purger leurs peines.

L’heure des leçons

Des faits de rançonnement des producteurs agricoles aux faits de blanchiment de capitaux et de corruption dans les marchés publics, le feuilleton judiciaire qui coûte la liberté à six cadres du Fnda n’a certainement pas livré des derniers secrets. Les avocats de la défense ne cessent d’ailleurs d’exprimer leurs inquiétudes quant à la façon dont cette procédure a été conduite avec des arrestations en amont et la recherche des preuves en aval.

Le motif officiel avancé par le gouvernement le 12 octobre 2022 pour limoger le Dg Valère Houssou portait sur les faits de rançonnement des producteurs agricoles. La requalification des faits en pleine procédure sollicite la réflexion des praticiens du droit. Les avocats ne comprennent d’ailleurs pas la raison pour laquelle les accusations de blanchiment de capitaux n’ont plus été évoquées au procès le 23 janvier 2024. Et pourtant, ce chef d’accusation figure parmi les faits reprochés à l’ex-Dg Fnda.

Le ministère public n’a-t-il plus trouvé des éléments pour accabler le Dg Valère Houssou sur ce chef d’accusation ? La question demeure posée. Dans un contexte où les faits de détournement, de corruption et de mauvaise gouvernance sont dénoncés chaque jour dans la presse, la justice, pour la sérénité des citoyens, ne se doit-elle pas de conduire les procédures de façon à consolider les preuves afin d’éviter des commentaires parfois soupçonneux ? Le Dg Valère Houssou n’est militant ou proche d’aucun parti politique, selon nos informations.

Ses compétences en Inclusion Financière et en financement agricole auraient séduit le Gouvernement de la rupture qui l’a débauché de l’institution de Microfinance qu’il dirigeait en vue de donner un coup d’accélérateur à l’opérationnalisation du Fnda. Il semblerait même que Valère Houssou a convaincu et son contrat de travail a même été renouvelé par le Gouvernement.

Ensemble avec son équipe, ils ont relevé le défi d’opérationnalisation en donnant de l’espoir à la population béninoise et surtout aux Partenaires Techniques et Financiers, notamment Enabel, la Coopération Suisse, la Banque Européenne d’Investissement et la KFW lesquels ont commencé par soutenir le Fnda aux côtés du Gouvernement.

À la barre, répondant aux questions du Président de la Cour, le représentant du Fnda a reconnu la nouvelle dynamique de performance impulsée par le Dg Valère Houssou avant son arrestation.

Quoi qu’il en soit, le Dg Valère Houssou est condamné avec ses collaborateurs. En attendant l’issue de l’appel interjeté par les avocats, les familles des accusés devront s’armer de courage pour traverser ces moments de tempête.

B. K. S

Catégories
Actualité

Affaire Fnda à la Criet: l’ex DG Valère Houssou et ses coaccusés plaident non coupables, les juges se déclarent incompétents, le dossier renvoyé en instruction

Le dossier Fonds national de développement agricole (Fnda) était devant les juges de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme ( Criet) dans l’après midi de ce lundi 14 novembre 2022. L’audience qui a démarré vers 12h 30 n’aura duré que quelques minutes. L’ex DG Fnda Valère Houssou et ses 09 coaccusés ont plaidé non coupables à la barre. Tous ont déclaré ne pas reconnaître les faits à eux reprochés par le parquet spécial de la Criet. Le Ministère public représenté par le magistrat Armand Hounguè premier substitut du procureur spécial a demandé aux juges en charge du dossier de se déclarer incompétents. Il a souhaité par la même occasion que le dossier soit renvoyé en instruction. Les faits de corruption dans la passation des marchés publics contre les mis en causes dans le dossier Fnda sont de nature criminelle selon le ministère public.

Tenant alors compte de la demande du ministère public, les juges de la Criet présidés par Guillaume Lally se sont déclarés incompétents. Ils ont donc renvoyé le dossier en instruction et ont confirmé les mandats de dépôts contre les accusés. Ce qui signifie que les juges reprennent l’enquête pour examiner les faits reprochés aux prévenus. La fin de l’institution pourra conduire à un non lieu ou à un procès. Il faut rappeler que l’ex DG Valère Houssou et ses 09 coaccusés sont poursuivis dans une affaire de mauvaise gouvernance au Fnda. Ils ont été placés en détention provisoire pour des faits de « Corruption dans la passation des marchés publics et abus de fonction » le mercredi 12 octobre 2022.

A.A.T

Catégories
Actualité

Scandale au FNDA: Noms et prénoms des personnes inculpées et déposées en prison hier

La magouille dans la passation des marchés publics qui a fait interpeller plusieurs responsables du fond national du développement agricole ( FNDA) la semaine écoulée a connue une évolution. Le webmedia le Potentiel avait donné l’information en exclusivité. Mais depuis hier, la Cour de Répression des Infractions Économiques et du Terrorisme (CRIET) devant qui les mises en causes ont été déférés a placé une dizaine de personnes sous mandat de dépôt.
Très attaché à la précision dans la livraison des informations, votre webmedia le Potentiel à grâce à ses différentes Sources obtenu la liste des personnes qui ont eu leur visa d’entrée en prison dans ce scandale.
La liste des personnes déposées en prison hier par la Criet, outre le désormais ex DG Valère Houssou limogé alors qu’il était encore en garde à vue un peu plus tôt dans la journée est désormais connue. Il s’agit de: SAKA Zenabou; Tossou fidèle ( Directeur administratif et financier du fonds); TOSSOU Godfroy; BAROPA N’tchagabo Franck; TOHO Joé; ADOUKONOU Horace. Ils sont placés sous mandat de dépôt et poursuivis pour corruption dans les passations des marchés publics, abus de fonction et corruption active. Ils seront jugés le mois prochain selon nos sources.

A.A.T

Catégories
Actualité

Dossier Fnda: après son limogeage hier, l’ex DG Valère Houssou et 9 personnes placés sous mandat de dépôt

Sauté de la tête Fnda hier mercredi 12 octobre 2022, Valère Houssou a rejoint la prison avec 9 personnes dans le dossier de malversations au Fnda. Il faut souligner que Valère Houssou et ses coaccusés étaient devant Le procureur spécial de la Criet hier avant d’être déposés en prison dans la soirée par la Criet pour corruption dans les passations des marchés publics, abus de fonction et corruption active. Ainsi donc après sa garde à vue, Valère Houssou, débarqué de de la tête du Fnda séjourne désormais en prison avec ses co accusés. L’information a été confirmée dans la soirée d’hier par Frisson Radio. Nous y reviendrons.

A.A.T

Catégories
Actualité

Fnda: le DG Léonard Valère Houssou relevé de ses fonctions

Le Directeur Général du Fond national de développement agricole (Fnda), Léonard Valère Houssou vient d’être relevé de ses fonctions. Selon nos sources, il serait impliqué avec trois de ses collaborateurs dans une affaire de rétrocommission dans l’octroi de financement. Tous ont déjà été interpellés et écoutés par la Brigarde Économique et Financière (Bef) qui s’est saisie du dossier. Le Limogeage de Léonard Valère Houssou est donc une suite logique de la procédure judiciaire engagée à son encontre et ne devrait donc surprendre personne. Nous y reviendrons avec plus de détails.

A.A T

Catégories
Actualité

Financement de l’agriculture: le FNDA offre une formation aux institutions financières

L’infosec de Cotonou a abrité ce mercredi 26 mai 2021, la cérémonie de lancement de la formation des agents des banques, partenaires du Fonds National de Développement Agricole (FNDA). Placée sous le thème « Financement des chaînes de valeur des filières phares du Pag-volet Agricole », cette formation qui se déroulera du 26 au 28 mai 2021 permettra de renforcer les capacités des agents des institutions financières sur le financement agricole.

Au cours du conseil des ministres du 29 juillet 2020, le gouvernement béninois a adopté des mesures complémentaires de soutien aux Petites et Moyennes Entreprises des secteurs agricoles et agro-industriel. Ces mesures devraient en principe permettre un financement plus significatif des entreprises agricoles. Mais force est de constater que l’impact de ce dispositif sur l’accès des PME agricoles et agro-industrielles n’est pas perceptible. Cette situation pourrait se justifier par les nécessaires tractations entre d’une part le FNDA et les Ministères des Finances et l’agriculture et d’autre part les banques afin de rendre opérationnelle ces mesures.

C’est pour cette raison que le FNDA a organisé cette formation à l’endroit des banques qui, selon Valère Houssou, Directeur Général du FNDA, se penchera sur les chaines de valeur agricole de quatre filières phares ciblées par le Gouvernement à savoir : l’ananas, l’anacarde, le riz et l’aviculture. Pour lui, ces assises donneront à coup sûr un nouvel élan pour mieux comprendre la compétitivité et les risques sectoriels.

vue partielle des participants

Pour Amouda Céline Saïzonou Akadiri, Directrice générale de Finagro S.A, « cette formation prend toute son importance car le secteur agricole regorge d’énormes potentialités qui constituent des niches d’opportunités pour les institutions financières qui sont au cœur du mécanisme de financement de l’économie nationale », a-t-elle laissé entendre.

Dans son intervention, Giresse Carell Avokandoto, président de l’Association Professionnelle des Banques et Établissements Financiers du Bénin a invité les participants à faire montre d’assiduité, d’intérêt et d’interaction afin que ce séminaire qui se veut très pratique et participatif soit un rendez-vous du donner et du recevoir.

Découvrez ici le compte rendu vidéo du lancement des travaux

Catégories
Actualité Economie

Promotion des filières agricoles: le Cadre de concertation FNDA-ATDA effectue sa première session 2021

Ce 18 mai 2021, l’hôtel Jeco sis à Dassa a abrité la cérémonie d’ouverture de la première session 2021 du Cadre de concertation entre le FNDA et les ATDA. Il sera question durant les trois jours que dureront les travaux, de faire le point de mise en œuvre des recommandations du Cadre de concertation de février 2020, et de jeter un regard critique sur les rôles et responsabilités de chaque partie, afin de convenir des perspectives d’une meilleure collaboration.

En réponse aux besoins de financement nécessaires aux ATDA pour la promotion et le développement des filières dans leur pôle respectif, le gouvernement a fait le choix de la création du Fonds National de Développement Agricole dont la mission est de promouvoir l’investissement privé dans le secteur agricole. Fruits des réformes du cadre institutionnel du développement agricole, les ATDA et le FNDA sont deux institutions totalement indépendantes l’une de l’autre mais qui sont appelées à collaborer pour garantir la promotion d’une agriculture durable au niveau des pôles.

Pour Valère Houssou, Directeur Général du FNDA, les présentes assises illustrent clairement l’importance d’une telle collaboration. En effet, depuis octobre 2019, le FNDA a signé des accords-cadres de partenariat avec chacune des sept ATDA dans le but d’améliorer l’accès des acteurs agricoles aux financements adaptés.

Dans son allocution, Dossa Aguémon, Directeur de Cabinet du Ministère de l’Agriculture de l’Elevage et de la pêche a fait savoir que le FNDA est une opportunité à saisir par les ATDA. <>, va-t-il expliquer.

Profitant de l’occasion, le représentant du Ministre de l’Agriculture a renouvelé ses remerciements à tous les Partenaires Techniques et Financiers du secteur agricole notamment la DDC, la Banque Mondiale, la BAD et l’union Européenne à travers ARISA-B, qui n’ont cessé de soutenir le Gouvernement du président Patrice Talon dans la réalisation de son Programme d’Actions.

Abondant dans le même sens que ses prédécesseurs, le Co-Manager ARISA-B, Joseph Ouaké a réaffirmé le soutien des Partenaires Techniques et Financiers à accompagner la dynamique en cours. Il souhaite que des échanges jaillissent des résolutions idoines pour la promotion de l’investissement privé dans le secteur agricole.

À l’issue des travaux, les faiblesses de la collaboration FNDA-ATDA seront identifiées, le cadre de concertation sera actualisé de commun accord avec les ATDA. Mieux, une feuille de route consensuelle de dynamisation de la collaboration entre les deux parties sera élaborée.

Catégories
Non classé

Pour mieux financer l’agriculture : Le mécanisme de soutien du FNDA expliqué aux producteurs

Le ministre en charge de l’Agriculture, Gaston Dossouhoui, a présenté ce vendredi aux producteurs agricoles de l’Alibori, les mécanismes de financement et les différents appuis du gouvernement pour booster le secteur de l’agriculture de l’élevage et de la pêche.

Cent milliards de francs Cfa ont été mis en place au guichet 3 du Fonds national de développement agricole (FNDA) renouvelé, pour le financement et l’appui des projets de développement du secteur agricole, a annoncé le ministre, informe l’ABP.

À ce titre, l’agence territoriale de développement agricole pôle 2 (ATDA2), a enregistré plus de 114 dossiers et en a étudié environ 80 l’année passée. Cette année 370 nouveaux demandeurs sont en attente et ce nombre reste encore faible sur la base des attentes du gouvernement, a fait savoir le directeur général de l’ATDA Bori Batta Khalifa.

Le gouvernement fait du secteur agricole le principal levier pour le développement de notre pays, et fait des efforts pour faciliter l’accès aux financements des producteurs, a renchéri le préfet Moussa Mohamadou à la suite de la maire Saka Osséni Zinatou qui a plaidé pour que le fonds soit un outil de modernisation du secteur agricole. Elle a par ailleurs, demandé au ministre la construction des magasins pour le stockage du coton-graine afin d’éviter les incendies qui engendrent souvent des pertes en vie humaines.

Le ministre Gaston Dossouhoui et le directeur général du FNDA ont précisé que pour aller au Fonds, il faut un plan d’affaires bancable et que désormais la balle est dans le camp des promoteurs et producteurs agricoles.

Catégories
Actualité Economie

Financement du secteur agricole : Du crédit disponible pour les promoteurs agricoles

Selon la communication faite par le Directeur Général du FNDA, Monsieur Léonard Valère HOUSSOU sur l’opérationnalisation des mesures gouvernementales en soutien aux exploitants agricoles en séance du Conseil des Ministres du 29 juillet 2020, une première partie de ces fonds est destinée à renforcer les capacités financières des banques ou SFD, partenaires du FNDA qui s’engagent pour financer convenablement le secteur agricole. Une deuxième partie permettra au FNDA de garantir à hauteur de 50% les besoins de financement exprimés par les exploitants agricoles auprès de ces banques ou SFD. Et enfin, une troisième et dernière partie pour soutenir le taux d’intérêt des exploitants agricoles qui vont présenter des projets d’investissement ou des projets d’équipements de sorte que in fine, ces exploitants agricoles reçoivent le crédit au taux de 2%.

Les bénéficiaires éligibles de ces fonds sont les PME et les PMI agricoles, les coopératives de producteurs ou de transformateurs immatriculés auprès du MAEP, les petits exploitants agricoles disposant d’un IFU. Les activités de ceux-ci doivent être liées aux filières prioritaires promues par les Agences Territoriales de Développement Agricole (ATDA).

Elles peuvent porter sur l’acquisition d’équipements et moyens de production, de transformation, de stockage, de conservation et de transport ou distribution, l’acquisition d’intrants agricoles spécifiques, le renforcement de fonds de roulement, …etc.

Pour la réussite de ces mesures, le FNDA travaille avec une dizaine de banques et une quinzaine de SFD installés sur l’ensemble du territoire national.

Pour l’ensemble des associations faîtières, ces mesures sont une première dans la sous-région. Elles ont félicité et remercié le Gouvernement pour ces mesures à leur endroit car, selon elles, sans aucun financement, on ne peut jamais amorcer le développement agricole dans notre pays.

Dans son discours de lancement, le Ministre Gaston Cossi DOSSSOUHOUI a invité tous les acteurs du secteur agricole qui ont des projets, qu’ils disposent des possibilités de financement, soutenues par l’État. Il faudra saisir cette opportunité pour aller au financement de l’agriculture. Chaque acteur a eu à faire des efforts et des sacrifices pour engager son exploitation. Mais, ces exploitations peuvent être valorisées en allant vers ces crédits à taux bonifié.

Pour rappel, le 29 juillet 2020, le Gouvernement avait décidé d’apporter au Fonds National de Développement Agricole (FNDA) d’importantes ressources d’un montant de 100 milliards de FCFA, complètement orienté sur le guichet 3, c’est-à-dire, le guichet spécialement destiné aux crédits.

error: Content is protected !!