Dossier révélateur des dérives dans les ventes de parcelles à Tori à cour spéciale des affaires foncières: Parcelle fictive, trois millions envolés, quatre prévenus face à la CSAF pour escroquerie foncière
La cour spéciale des affaires foncières (CSAF) a examiné, ce lundi 16 mars 2026, un dossier de présumée escroquerie foncière portant sur la vente litigieuse d’une parcelle dans la commune de Tori. L’affaire, qui a conduit à la détention de quatre personnes, met en lumière une mécanique frauduleuse bien connue dans les contentieux domaniaux.
Le principal mis en cause, aux côtés de plusieurs co-prévenus dont A. Didier et P. Hounkpatin, comparaissait sous escorte pénitentiaire. Tous sont poursuivis pour avoir, selon l’accusation, trompé une acquéreuse identifiée comme Henricette D., en se présentant comme les propriétaires légitimes d’un domaine foncier.
D’après les éléments exposés à l’audience, les faits remontent à l’année 2025. Séduite par l’offre de vente, la victime aurait accepté d’acquérir la parcelle située à Tori. Avant toute remise d’argent, elle aurait toutefois pris la précaution de solliciter la présence du chef du village de l’époque afin qu’il serve de témoin à la transaction.
C’est en présence de cette autorité locale que la somme de trois millions de francs CFA aurait été remise aux vendeurs présumés et à leurs associés.
Mais l’affaire a rapidement pris une tournure plus trouble lors de l’instruction du dossier. Les débats ont notamment révélé que P. Hounkpatin, l’un des prévenus, serait ancien chef de village de Tori, un élément qui n’a pas manqué de susciter des interrogations sur le rôle exact joué dans la transaction.

Autre révélation de taille, un état des lieux réalisé par un expert-géomètre a établi que le domaine objet de la vente n’est pas une seule parcelle, mais un ensemble composé de trois parcelles distinctes, complexifiant davantage le dossier.
À la barre, celui présenté comme le vendeur principal, T. M. Paul, a affirmé tenir la propriété du domaine par héritage de son grand-père. Toutefois, interrogé par la cour sur l’identité précise de cet ascendant, l’intéressé s’est montré incapable d’en donner le nom, provoquant un moment de flottement dans la salle d’audience et renforçant les doutes sur la crédibilité de cette prétention successorale.
Au terme des débats, la Cour spéciale des affaires foncières a décidé de renvoyer l’affaire au 20 avril 2026 pour la poursuite de l’examen du dossier. En attendant cette nouvelle audience, les quatre prévenus ont été reconduits en détention.
Ce dossier illustre une fois encore la vulnérabilité persistante des transactions foncières informelles, où l’absence de vérifications rigoureuses et l’intervention d’intermédiaires peu scrupuleux continuent d’alimenter les contentieux devant la juridiction spécialisée.
L.T.