5e édition de la campagne « Zégromisa » et zéro consommation de psychotropes dans le Mono : le préfet Milohin sonne la mobilisation générale contre les prédateurs de la jeunesse à Lokossa
Le maintien des filles à l’école est devenu le fer de lance de la politique éducative du gouvernement du président Patrice Talon. À Lokossa, ce lundi, le préfet du département du Mono, Dêdêgnon Bienvenu Milohin, a porté un message clair : l’avenir du Bénin passe par une scolarité protégée et achevée pour chaque jeune fille. Il a également réaffirmé la tolérance zéro face aux violences sexuelles et à la consommation de psychotropes.
Dans un contexte où le CEG 1 de Lokossa s’est illustré par un taux de réussite exceptionnel de 89,73 % au baccalauréat 2025, l’enjeu de transformer ces performances en norme durable préoccupe les autorités. « Nous visons les 100 % », a martelé Dêdêgnon Bienvenu Milohin, préfet du Mono, tout en soulignant que cet objectif est incompatible avec le fléau des grossesses précoces et la consommation de psychotropes.
L’un des points forts de cette sensibilisation a été le rappel de la fermeté de la justice béninoise. Le gouvernement a mis en place un cadre légal robuste pour punir sévèrement les auteurs d’actes de violences sexuelles. Qu’il s’agisse du milieu scolaire ou artisanal, la loi protège l’intégrité des mineures. Les relations entre enseignants et élèves sont strictement interdites et passibles de lourdes sanctions pénales.
Sous l’impulsion des procureurs de la République, la chaîne de dénonciation est désormais renforcée. « Les élèves doivent être les premiers veilleurs et ne plus hésiter à dénoncer tout comportement inapproprié », ont insisté les autorités présentes, notamment le Dr Carlos Emery Hyacinthe Atoun, directeur départemental des enseignements secondaire, technique et de la formation professionnelle (DDESTFP) du Mono.

Outre la santé sexuelle, cette 5e édition de « Zégromisa » s’attaque frontalement à la consommation de substances psychotropes et de produits stimulants. Ces substances, souvent perçues à tort par les élèves comme des aides à la révision, constituent en réalité des dangers majeurs pour la santé mentale et physique, compromettant irrémédiablement les facultés cognitives des apprenants.
Cette campagne bénéficie de l’appui stratégique de l’ONG Plan International Bénin. Eustache Omer Hounnongbo, directeur du bureau de Plan à Bohicon, a réitéré l’engagement de l’organisation à accompagner le gouvernement dans la prise en charge des victimes de violences basées sur le genre (VBG) et dans la sensibilisation de masse.
En impliquant la Police républicaine ainsi que la direction départementale des affaires sociales et de la microfinance, cette initiative démontre que la protection de la jeunesse est une responsabilité collective. Pour Maurice Viho, directeur du CEG 1 de Lokossa, cette journée marque un nouveau départ pour faire des élèves des modèles de réussite et des ambassadeurs de la lutte contre les déviances en milieu scolaire.
Le message est clair : à Lokossa comme partout au Bénin, la protection de la jeune fille n’est plus une option, mais une priorité d’État.
Aristide Agbonagban