Commission électorale nationale autonome : CENA, le devoir d’un audit financier avant le départ de Sacca Lafia

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Elle fonctionne sur la base des ressources publiques allouées par l’État. Pour l’accomplissement de ses missions, c’est le contribuable public qui secoue sa bourse. Et, à ce titre, la loi de l’ombre et du silence ne saurait prendre siège dès lors qu’il a matière à contrôler pour s’assurer de la clarté, de la pertinence et de l’opportunité des choix faits dans la gestion. La Commission électorale nationale autonome (Cena), puisque c’est d’elle qu’il s’agit, est dans le viseur des contribuables béninois. Ces contribuables ont un repère, juillet 2026. Alors que la mandature de la Commission électorale nationale autonome (CENA), installée le 13 juillet 2021, arrive à échéance dans un contexte de forte activité électorale, la question de la6 redevabilité financière et de la transparence administrative s’impose avec acuité. Entre exigences de bonne gouvernance et impératif de crédibilité du système électoral, l’opportunité d’un audit indépendant apparaît désormais comme un enjeu central. Durant cinq années, la Cena réformée, articulée autour du Conseil électoral (organe stratégique) et de la Direction générale des élections (Dge, bras opérationnel), aura piloté un cycle électoral particulièrement dense. Élections législatives de 2023, scrutins communaux et législatifs de janvier 2026, présidentielle du 12 avril 2026, sans oublier les élections professionnelles, notamment celles de la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (Haac) et de la Chambre de commerce et d’industrie du Bénin (CCIB)… Il s’agit là d’autant d’échéances majeures organisées par la Cena et financées sur des fonds publics. Mais, le dispositif de gestion a-t-il été clean dans l’absolu ? Ici, certaines réserves avaient été étalées par le département enquête et Investigation (Dei) du Groupe de presse Le Potentiel. À travers des articles publiés à la suite de travaux documentés, notamment lors des élections de 2023 et des élections professionnelles, des questions légitimes ont été soulevées quant à certaines pratiques jugées peu conformes aux standards attendus en matière de gestion des finances publiques. Ces questions mettent en lumière la nécessité d’un examen approfondi et impartial de la gestion du mandat finissant. En effet, lorsqu’une institution en charge d’un pilier aussi sensible que l’organisation des élections mobilise d’importantes ressources issues du contribuable, le principe de reddition des comptes s’impose comme une exigence républicaine. Dans cette perspective, plusieurs observateurs estiment qu’il serait opportun de saisir l’Inspection générale des finances (Igf) afin de conduire un audit global et indépendant. Un tel exercice permettrait d’évaluer la conformité des procédures, la qualité des acquisitions de matériel électoral, la rétribution des agents missionnés, ainsi que la traçabilité des dépenses engagées tout au long des différents scrutins. L’analyse pourrait également porter sur la stabilité des dispositifs de contrôle interne, dans un contexte marqué par le remplacement de plusieurs contrôleurs financiers au cours du mandat finissant et conduit par Sacca Lafia. Une telle situation, sans être en soi irrégulière, mérite néanmoins d’être examinée afin d’en mesurer les implications sur la continuité et la rigueur du suivi budgétaire. Au-delà de la vérification comptable, l’enjeu est également institutionnel. Un audit structuré, couvrant aussi bien les activités de la Dge que celles du Conseil électoral, offrirait une base factuelle pour formuler des recommandations à l’endroit de la prochaine mandature. Il s’agirait ainsi de renforcer les mécanismes de gouvernance, d’anticiper les éventuelles failles et de consolider les acquis de la réforme visant à professionnaliser la Cena. Dans un environnement démocratique, la crédibilité des élections ne repose pas uniquement sur leur déroulement technique, mais aussi sur la confiance des citoyens dans les institutions qui les organisent. Cette confiance se nourrit de transparence, de rigueur et de mécanismes de contrôle effectifs. À quelques mois de la fin du mandat, l’ouverture d’un audit indépendant apparaît dès lors non comme une remise en cause, mais comme une démarche de consolidation institutionnelle. Elle s’inscrit dans une logique de responsabilité publique et de préservation de l’intégrité du système électoral béninois. Face à l’exigence citoyenne et en attendant que les structures publiques ne se saisissent du dossier, le département enquête et investigation (Dei) du Groupe de presse Le Potentiel reste en état de veille pour la poursuite de ses travaux, avec la publication prochaine de nouveaux éléments d’analyse relatifs à l’organisation des élections communales, législatives et présidentielle du 11 janvier et du 12 avril 2026. Au Bénin, les exigences de gouvernance se renforcent et la transparence apparaît plus que jamais comme un levier essentiel pour garantir la crédibilité des institutions et la pérennité des acquis démocratiques. La Cena ne doit pas être en marge de cette dynamique surtout quand de sérieuses questions tendent à jeter le doute sur la pertinence des choix de gouvernance financière.

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