Célébration de la 19e Journée mondiale de lutte contre le paludisme au Bénin : les acteurs à divers niveaux mobilisés pour accélérer les efforts

0 79

L’Hôtel Azalaï de Cotonou a servi de cadre, ce vendredi 24 avril 2026, à la célébration de la 19e édition de la Journée mondiale de lutte contre le paludisme au Bénin. Placée sous le thème évocateur « Mettre fin au paludisme maintenant, c’est possible : agissons maintenant », cette manifestation d’envergure a été couplée à la quinzaine de mobilisation sociale ainsi qu’au lancement du rapport sur le paludisme dans l’espace francophone.

Dans son allocution de bienvenue, le préfet du département du Littoral, Alain Orounla, a rappelé avec gravité l’ampleur du défi. Il a insisté sur le caractère évitable et curable du paludisme, tout en soulignant qu’il demeure l’une des premières causes de consultation, d’hospitalisation et de décès dans les formations sanitaires. Pour le préfet, cette situation engage une responsabilité collective : intensifier les actions, renforcer les stratégies et maintenir une mobilisation constante. « La lutte contre le paludisme est avant tout un combat pour la vie », a-t-il martelé.

Le représentant résident de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) au Bénin, Jean Konan Kouamé, a quant à lui livré un message empreint d’urgence et d’espoir. Le diplomate onusien a rappelé que chaque jour perdu coûte des vies, notamment celles des enfants et des femmes enceintes. Il n’a pas manqué de saluer les avancées du système de santé béninois, notamment les progrès vers un niveau de maturité 3 en matière de production locale de produits de santé, tout en insistant sur l’importance de maintenir les soins de santé primaires au cœur de la riposte. Jean Konan Kouamé a également félicité le président Patrice Talon pour son leadership, ainsi que les efforts du ministère de la Santé et du Programme national de lutte contre le paludisme.

Procédant au lancement officiel de la journée, le ministre de la Santé, Benjamin Hounkpatin, a souligné que cette célébration constitue une opportunité majeure pour fédérer les énergies autour d’un objectif commun : éliminer le paludisme en tant que menace de santé publique. Il a rappelé que la maladie reste particulièrement meurtrière chez les enfants de moins de cinq ans et continue de peser lourdement sur les familles et l’économie nationale.

Banniere carrée

L’autorité ministérielle a aussi mis en avant les progrès significatifs réalisés sous l’impulsion du gouvernement, notamment l’extension de la vaccination antipaludique, la distribution massive de moustiquaires imprégnées à longue durée d’action et le renforcement des dispositifs de prévention et de prise en charge. Le ministre Benjamin Hounkpatin a salué la création récente de l’Agence nationale de lutte contre la malaria et les moustiques, une initiative qui marque, selon lui, une étape décisive dans la coordination et l’efficacité des actions.

Au-delà des discours officiels, la célébration a été enrichie par un panel de haut niveau consacré à la problématique du paludisme en Afrique et aux réponses apportées par les différents acteurs. Parmi les intervenants figuraient Constant Nahum, député à l’Assemblée nationale et coordonnateur du caucus des parlementaires pour l’élimination du paludisme au Bénin ; Dr Hervé Gbegnidé, secrétaire exécutif adjoint 1 du Conseil national de lutte contre le paludisme, le VIH/SIDA, la tuberculose, les hépatites et les épidémies ; Khalidou Fadiga, ancien international sénégalais de football et co-capitaine du Zéro Palu FC ; Barbara Laurenceau, directrice des programmes du partenariat RBM pour en finir avec le paludisme ; et Yvette Alavo, directrice exécutive de Icône 360 et Voix EssentiELLES du Bénin. Les échanges, modérés par Yacine Djibo, directrice exécutive de l’ONG Speak Up Africa, ont permis de mettre en lumière les défis persistants, mais aussi les initiatives prometteuses déployées sur le continent et au Bénin.

Cette 19e Journée mondiale de lutte contre le paludisme aura ainsi été un moment fort de plaidoyer, de réflexion et de mobilisation. Elle rappelle que la lutte contre cette maladie ne peut être différée : elle exige des actions immédiates, concertées et durables. Car, comme l’ont unanimement souligné les intervenants, mettre fin au paludisme n’est plus un rêve lointain, mais une ambition réalisable, à condition d’agir dès maintenant.

L.T.

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

error: Content is protected !!