Sénégal : Vers la création d’une commission électorale indépendante pour organiser les scrutins en remplacement du ministère de l’Intérieur

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Le Sénégal s’oriente vers une réforme majeure de son système électoral. Un avant-projet de loi rendu public le 27 avril 2026 propose de confier l’organisation des élections à une Commission électorale nationale indépendante (CENI), en lieu et place du ministère de l’Intérieur. Le texte doit être examiné par l’Assemblée nationale ce 28 avril.

Selon les grandes lignes du document, la future instance serait chargée de l’ensemble du processus électoral. Elle assurerait la préparation, l’organisation et le suivi des élections ainsi que des référendums. Le projet prévoit la création d’une « autorité administrative indépendante » dédiée à ces missions. Dans son article premier, le texte précise : « Il est créé une autorité administrative indépendante, chargée de missions électorales, dénommée Commission électorale nationale indépendante, en abrégé CENI ». Une formulation qui consacre la volonté de confier la gestion des scrutins à un organe distinct de l’administration classique. La CENI disposerait de compétences étendues. Elle serait notamment responsable de la planification logistique, de la gestion et de la révision des listes électorales, de l’organisation du système de parrainage et de la fixation des cautions électorales. Le projet vise ainsi à centraliser et professionnaliser l’ensemble des opérations électorales.

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Sur le plan organisationnel, la structure reposerait sur trois organes principaux : la Présidence, l’Assemblée des membres et l’Administration électorale, comme le précise l’article L.3 de l’avant-projet. Le texte met également l’accent sur la neutralité de l’institution. Il exclut explicitement les responsables politiques, les candidats et toute personne affiliée à un parti politique de la composition de la commission. Les membres seraient soumis à des obligations strictes de réserve, de neutralité et de secret professionnel, avec des mécanismes de révocation en cas de manquement.

À travers cette réforme, les autorités sénégalaises entendent renforcer la transparence du processus électoral et consolider la confiance des citoyens dans les institutions. Le débat parlementaire à venir devrait permettre de préciser les contours et les implications de cette évolution majeure du système électoral.

Laura LEKE

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