Pour protéger ses données personnelles : le Ghana rejette un accord de santé avec les États-Unis

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Le Ghana a mis fin aux négociations d’un accord bilatéral de santé avec les États-Unis. Le pays invoque des désaccords liés à l’accès aux données personnelles de ses citoyens. Cette décision est confirmée par des sources proches du dossier.

Selon les mêmes sources, les autorités ghanéennes, sous la direction du président John Dramani Mahama ont jugé inacceptables les clauses américaines exigeant un accès à des données sanitaires sensibles. Les discussions, ouvertes en novembre dernier portaient sur un financement de 109 millions de dollars sur cinq ans pour soutenir la lutte contre le VIH/sida, le paludisme et la tuberculose.

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Malgré une pression croissante de Washington à l’approche de l’échéance fixée au 24 avril, Accra a officiellement notifié son refus, privilégiant la protection de sa souveraineté numérique. Ce blocage s’inscrit dans un contexte plus large de tensions entre les États-Unis et plusieurs pays africains autour de la gestion des données. Des accords similaires ont échoué ou été suspendus, notamment au Zimbabwe et au Kenya, où un tribunal a gelé la mise en œuvre d’un partenariat pour des raisons comparables. Le projet s’inscrivait dans la nouvelle doctrine américaine baptisée “America First Global Health Strategy”, visant à réduire la dépendance à l’aide internationale classique. Cette orientation s’est accompagnée du démantèlement de USAID et de l’annonce de 32 accords de santé représentant un volume global de 20,6 milliards de dollars, selon le Département d’État américain.

Le Département d’État américain a indiqué ne pas commenter les détails des négociations, tout en réaffirmant sa volonté de “renforcer le partenariat” avec Accra. Du côté ghanéen, aucune réaction officielle n’a été enregistrée à ce stade.

Médard Clobechi

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