Deux figures de l’opposition en Mauritanie ont été condamnées lundi à quatre ans de prison ferme pour « insulte au président » et « atteinte aux symboles de l’État ». La décision est controversée et relance le débat sur la liberté d’expression dans le pays.
Selon leurs avocats, les députées Marieme Cheikh Dieng et Ghamou Achour ont été reconnues coupables par un tribunal pénal de Nouakchott après la publication de messages critiques visant le président Mohamed Ould Ghazouani sur les réseaux sociaux. Elles y appelaient notamment à sa destitution et dénonçaient des inégalités systémiques au sein de la justice.

Poursuivies pour « incitation à des rassemblements susceptibles de troubler l’ordre public », les deux parlementaires ont également accusé le système judiciaire, qu’elles estiment dominé par les élites arabo-berbères, de marginaliser les populations noires et les descendants d’esclaves. Le verdict, confirmé par leurs conseils dont Mohamed Ould Ahmed Miske, n’a pas encore suscité de réaction officielle du gouvernement.
Depuis plusieurs années, la Mauritanie est régulièrement pointée du doigt par les organisations internationales pour ses violations des droits humains. En toile de fond, la question de l’esclavage reste centrale.
Médard Clobechi