Inondations à Cotonou : la SIRAT évoque des pluies « exceptionnelles » et défend l’efficacité des ouvrages d’assainissement

0 951

Au lendemain des fortes pluies qui ont paralysé plusieurs quartiers de Cotonou, la Société des Infrastructures Routières et de l’Aménagement du Territoire (SIRAT) est sortie de son silence. Lors d’une conférence de presse tenue ce jeudi 7 mai 2026 à son siège, le Directeur général de la SIRAT, Ranti I. Akindès, a reconnu l’ampleur des perturbations causées par les intempéries tout en assurant que les infrastructures d’assainissement ont globalement joué leur rôle face à un épisode pluvieux qualifié « d’exceptionnel ».

Selon les données météorologiques présentées par la SIRAT, environ 172 millimètres de pluie, soit près de 17,3 centimètres d’eau, sont tombés sur Cotonou en seulement trois heures dans la nuit du 5 au 6 mai. Une quantité largement supérieure aux moyennes habituelles enregistrées sur un mois de saison pluvieuse. « Recevoir un mois de pluie en une nuit, c’est compliqué à gérer », a déclaré le Directeur général de la SIRAT face aux médias. Il a expliqué que cette situation a provoqué des inondations temporaires dans plusieurs quartiers, notamment Sainte-Rita, Agontinkon, Vèdoko, Akogbato, Agla et certains secteurs d’Akpakpa.

Banniere carrée

Malgré les difficultés observées sur les routes et dans certaines habitations, la SIRAT estime que les systèmes d’assainissement ont permis une évacuation relativement rapide des eaux. « La plupart des axes structurants étaient dégagés en l’espace d’une heure », a affirmé Ranti I. Akindès, précisant que dans plusieurs zones, les eaux se sont retirées en moins de deux heures grâce aux collecteurs et aux travaux d’entretien des caniveaux réalisés en amont. Le patron de la SIRAT a salué le travail de la Société de Gestion des Déchets et de la Salubrité (SGDS), dont les opérations de curage auraient facilité l’évacuation rapide des eaux vers les exutoires. « Les travaux d’entretien ont permis que l’eau retenue puisse s’évacuer rapidement », a-t-il insisté. Interpellée sur la capacité réelle des ouvrages à faire face à de telles intempéries, la SIRAT a expliqué que les infrastructures ont été conçues sur la base de projections techniques intégrant les risques de fortes pluies sur plusieurs décennies. Le Directeur du pôle aménagement urbain et assainissement de la SIRAT, François Agomadje, a indiqué que les collecteurs sont dimensionnés selon des périodes de retour de 10, 20, 30 voire 50 ans. « Ce qui s’est passé hier était bien prévu dans les études. Le fait que l’eau se soit retirée après quelques heures montre que les ouvrages fonctionnent correctement », a-t-il expliqué. Pour les responsables de la SIRAT, il est techniquement et financièrement impossible de construire des ouvrages capables d’absorber instantanément toutes les pluies extrêmes. Le Directeur général a rappelé que même les pays les plus développés restent confrontés à des inondations lors de phénomènes climatiques exceptionnels.

Des chantiers encore en cours dans la capitale économique

La SIRAT reconnaît toutefois que certains travaux d’assainissement actuellement en cours à Cotonou ont pu ralentir l’écoulement des eaux dans certaines zones. Parmi les principaux projets évoqués figurent les travaux de l’Accès Traversée de Cotonou (ATC), le programme Asphaltage phase B ainsi que plusieurs collecteurs majeurs en construction sur les boulevards Jean-Paul II, Saint-Michel et au niveau du carrefour Camp Guézo.

Selon François Agomadje, les chantiers respectent les délais contractuels mais peuvent temporairement créer des obstructions pendant les travaux. « Lorsqu’on construit des ouvrages d’assainissement, il y a forcément des perturbations momentanées dans la circulation de l’eau », a-t-il reconnu. De son côté, Ranti I. Akindès a expliqué que des systèmes de pompage provisoires sont installés afin de maintenir l’évacuation des eaux pendant les travaux. « Ces pompes ont des débits limités, mais nous n’avons pas d’autre solution pendant la phase de construction », a-t-il précisé.

La SIRAT assure que la situation devrait considérablement s’améliorer à mesure que les grands collecteurs seront achevés. Le collecteur principal de Gbégamey devrait être livré en 2027, tandis que les derniers ouvrages du Programme d’assainissement pluvial de Cotonou (PAPC) sont attendus pour 2028. « Une fois ces travaux terminés, la situation définitive pourra être véritablement évaluée », a indiqué le Directeur général.

Médard Clobechi

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

error: Content is protected !!