Alors que les élections législatives et communales de janvier 2026 ainsi que la présidentielle du 12 avril dernier se sont déroulées sans incidents majeurs sur le terrain, une autre bataille, plus discrète mais potentiellement explosive, semble désormais se jouer autour de la gestion de certains marchés publics électoraux. Au cœur des interrogations, l’acquisition des enveloppes inviolables utilisées dans le processus électoral. Très attentif aux mouvements observés au sein des institutions publiques, le Département Enquête et Investigation (Dei) du Groupe de presse Le Potentiel a aperçu, dans la matinée du vendredi 8 mai 2026, trois hauts responsables de la Commission électorale nationale autonome (Cena) dans les locaux de l’Autorité de régulation des marchés publics (Armp). Une présence qui n’est pas passée inaperçue. Selon les constats effectués par notre équipe, le Directeur général des élections (Dge), Adam Soulé Abou Bakary ; le Directeur administratif et financier (Daf), Gomez Ével, ainsi que la Personne responsable des marchés publics (Prmp), Donatien Fagninou, ont été auditionnés pendant près de deux heures d’horloge par les instances compétentes de l’Armp. Intrigué par cette rencontre inhabituelle, le Dei a immédiatement déclenché une enquête express afin de comprendre les raisons de cette convocation. D’après les premiers éléments recueillis auprès de plusieurs sources concordantes, le dossier porterait sur des présumées « errances » liées à un marché public relatif à l’acquisition d’enveloppes inviolables dans le cadre des élections communales et législatives du 11 janvier 2026 puis de la présidentielle du 12 avril 2026. Selon nos informations, la Cena aurait lancé un appel d’offres restreint pour la fourniture de ces équipements sensibles entrant dans le dispositif de sécurisation du vote. Mais un opérateur économique affirmant détenir le brevet exclusif (ou la licence d’exploitation) de ce type de matériel dans 17 pays de la sous-région aurait très tôt attiré l’attention de la Cena sur ce qu’il considère comme une violation de ses droits d’exclusivité. Toujours selon les mêmes sources, ce prestataire aurait officiellement saisi l’institution électorale après avoir pris connaissance de l’appel d’offres via la plateforme SIGMAP. Dans ses différentes correspondances, il aurait rappelé être le seul opérateur autorisé à commercialiser ces enveloppes spécifiques dans plusieurs États de l’espace sous-régional. Mais ses multiples relances adressées notamment au Directeur général des élections seraient restées sans réponse. A la surprise de l’entreprise concernée, les dossiers d’appel d’offres lui auraient finalement été transmis avec invitation à soumissionner au même titre que d’autres sociétés ne disposant pourtant pas, selon elle, des droits d’exploitation requis. Estimant que ses droits exclusifs auraient été ignorés, l’opérateur économique aurait de nouveau protesté sans obtenir satisfaction. Quelques semaines plus tard, il aurait appris que le marché avait été finalement attribué à une société qui aurait été créée en 2024, dont nous taisons volontairement le nom à ce stade de nos investigations. Plus troublant encore, le plaignant soutiendrait que le montant retenu avec l’entreprise attributaire serait supérieur au coût auquel lui-même allait fournir les équipements s’il avait été sollicité. Comment donc une entreprise qui affirme détenir des droits exclusifs allait fournir les équipements à un coût moindre que celui auquel une entreprise créée en 2024 l’a finalement livré ? Le principe du moins disant ajouté à la détention d’une licence exclusive n’ont-ils plus guidé le choix des services de la Cena béninoise ?Questions de curiosité, n’est-ce-pas ! Mais bon , c’est peut-être parce qu’il n’aurait pas soumissionner. Après les élections, le dossier, a finalement été porté devant l’Autorité de régulation des marchés publics par l’entreprise plaignante pour des fins d’arbitrage et des conséquences à tirer avec leurs effets. C’est dans ce cadre que les responsables de la CENA ont été entendus le vendredi 8 mai 2026. Nos informations indiquent également que dans l’après-midi de cette même journée, l’Armp a auditionné le Directeur national de contrôle des marchés publics (Dncmp) par intérim dans le cadre de ce dossier qui pourrait connaître de nouveaux développements dans les prochains jours. Le Département Enquête et Investigation du Groupe de presse Le Potentiel, qui suit cette affaire de très près, entend d’ailleurs produire une série d’articles approfondis sur les contours de ce dossier sensible mêlant marchés publics, exclusivité commerciale et gestion des acquisitions électorales. A suivre…