Agence Nationale de l’Alimentation et de la Nutrition (ANAN) : La Prmp Yves Bogninou arrêté et placé en garde-à-vue à la BEF
C’est un séisme discret, mais dont les ondes de choc se propagent déjà dans les sphères de la commande publique au Bénin. Yves Bogninou, Personne Responsable des Marchés Publics (Prmp) au sein de l’Agence Nationale de l’Alimentation et de la Nutrition (ANAN), ne respire plus l’air de la liberté depuis le vendredi 15 mai 2026. Ce jour-là, les éléments de la Brigade Économique et Financière (Bef) ont frappé, et frappé fort. L’homme a été interpellé, placé en garde à vue, et le compte à rebours judiciaire a commencé. L’ANAN, rappelons-le, est l’agence publique béninoise chargée des questions d’alimentation et de nutrition à l’échelle nationale. Au cœur de son fonctionnement institutionnel, la Prmp occupe une position névralgique, c’est elle qui est habilitée à signer les marchés passés par l’agence, et qui porte la responsabilité de mettre en œuvre l’ensemble des procédures de passation et d’exécution des marchés publics. Un rôle stratégique qui appelle professionnalisme et vigilance. Toutes les dérives éventuelles dans la charge n’échappent pas à la vigilance des autorités de contrôle.

Une arrestation et des causes à exposer…
Si les chefs d’accusation retenus contre Yves Bogninou sont connus de notre rédaction, nous faisons néanmoins le choix, à ce stade de la procédure, de ne pas les divulguer, dans le respect des droits de la défense et de la présomption d’innocence. Mais une évidence, l’affaire est suffisamment sérieuse pour avoir mobilisé la Bef (unité spécialisée dans la traque des infractions économiques et financières) et pour être orientée vers la juridiction la plus redoutée du pays en matière de criminalité économique. Ce vendredi 22 mai 2026, Yves Bogninou sera en effet présenté au Procureur spécial de la Cour de Répression des Infractions Économiques et du Terrorisme (CRIET). Une étape décisive qui déterminera la suite de son parcours judiciaire : inculpation, mise en examen, ou tout autre acte que le magistrat jugera approprié au regard des éléments du dossier. Pour l’heure, Yves Bogninou attend. Dans le silence d’une garde à vue qui dure depuis une semaine, il patiente avant de se retrouver face au Procureur spécial. La suite du dossier dira si les soupçons qui pèsent sur lui se confirment ou s’effacent. Mais une chose est déjà certaine, l’affaire ne fait que commencer…