Lancement officiel du projet Le Tailleur Tour: Vers une transformation numérique de l’artisanat au Bénin

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La salle polyvalente de l’Agence de développement des arts et de la culture ( ADAC) situé à Cotonou a abrité la cérémonie de lancement officiel du projet lancé dénommé Le Tailleur Tour. Elle a eu lieu jeudi 21mai 2026 et a rassemblé acteurs culturels, partenaires institutionnels ainsi que des professionnels et consommateurs de la mode.

Former, digitaliser et structurer les métiers de la couture au Bénin. C’est l’ambition portée par le projet Tailleur Tour. Pensée comme une réponse concrète aux difficultés rencontrées par les artisans et les consommateurs eux-mêmes, l’initiative entend rapprocher le numérique des ateliers et accompagner des milliers de professionnels sur le terrain.

Une application née d’un besoin concret

À l’origine du projet se trouve Leïla Kinlodon, connue sous le nom de Leïla K, créatrice de mode et entrepreneure béninoise, porteuse de l’application mobile Le Tailleur. Développée depuis 2022, la plateforme a été conçue pour aider les artisans à mieux organiser leur travail au quotidien plusieurs tâches. Il s’agit de la gestion des commandes, du suivi des clients, de la planification des livraisons ou encore administration des ateliers. Après plusieurs années d’expérimentation, les retours obtenus auprès des utilisateurs ont confirmé la pertinence de l’outil.« De nos rencontres avec les artisans, il a été révélé que Le Tailleur est une solution qui vient régler effectivement un problème social dans le secteur », a expliqué la promotrice du projet lors de la cérémonie de lancement. D’autre part, au fil des échanges avec les professionnels, un autre défi est apparu. En effet, beaucoup d’artisans et de consommateurs et restent confrontés à des difficultés d’alphabétisation numérique et manquent d’accompagnement pour utiliser durablement ces outils technologiques. C’est de cette réalité qu’est né le Tailleur Tour.

Les grandes phases du projet 

La première étape, déjà achevée, a permis la mise à jour complète de l’application mobile. De nouvelles fonctionnalités ont été intégrées et soixante-dix vidéos pédagogiques ont été produites en plusieurs langues locales. D’une durée de deux à trois minutes, ces contenus abordent aussi bien les techniques de couture que la gestion d’activité.

La deuxième phase, ce lancement officiellement à Cotonou, marque le début du déploiement national du projet. La caravane ira à la rencontre des couturiers et artisans dans vingt communes, dans leurs espaces de travail afin de proposer des démonstrations pratiques et des formations adaptées à leurs réalités. Les promoteurs annoncent vouloir former 2 000 artisans à travers le pays, dont une forte proportion de femmes estimé à 50% environ.

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Enfin, une troisième phase prévoit un accompagnement post-formation destiné à assurer l’utilisation effective et durable de l’application. Ici, Leïla K a souligné que l’objectif« n’est pas de compter des utilisateurs, mais des utilisateurs actifs » .Le programme prévoit également la digitalisation progressive de 2 000 ateliers ainsi qu’un impact indirect sur près de 6 000 apprentis. Au total, environ 8 000 personnes devraient bénéficier du projet.

Un projet soutenu par les institutions culturelles

Le Tailleur Tour bénéficie d’un important appui institutionnel. Le projet est financé par le Fonds de Développement des Arts et de la Culture et soutenu par l’Agence de Développement des Arts et de la Culture, dans le cadre d’un programme de coopération impliquant également des partenaires universitaires. Présent à la cérémonie, William Codjo directeur général de l’ADAC a expliqué les enjeux économiques liés aux industries culturelles et créatives. Selon lui, ce secteur représente aujourd’hui un marché mondial estimé à plus de 155 milliards de dollars, alors que l’Afrique et le Bénin n’en exploitent encore qu’une faible partie. Revenant donc sur l’importance de le Tailleur Tour, il a exprimé que des projets comme celui-là peuvent contribuer à renforcer la compétitivité des artisans béninois et faciliter leur intégration dans l’économie moderne.

Un pari pour l’avenir de l’artisanat béninois

Au-delà des chiffres, les initiateurs espèrent surtout impulser une transformation durable du secteur. Notamment : une meilleure gestion des ateliers, la valorisation des créations locales, la visibilité accrue des artisans et développement d’une nouvelle génération de professionnels capables d’utiliser les outils numériques comme leviers de croissance. Dans un contexte où le secteur de la couture reste confronté à des difficultés d’organisation et de structuration, le Tailleur Tour entend proposer une approche de proximité. En choisissant d’aller directement vers les artisans, le projet rompt avec les modèles classiques de formation souvent éloignés des réalités du terrain. Au-delà, il s’agit d’un large réseau entre consommateurs, artisans, et fournisseurs de matières, une boutique spécialisée et l’ensemble des petits articles et accessoires indispensables pour la couture ( merceries).

En conclusion, ce lancement officiel a ainsi posé les bases d’une initiative qui ambitionne de moderniser progressivement l’artisanat béninois tout en valorisant les compétences locales.

Laura LEKE

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