Investiture présidentielle au Bénin: Romuald Wadagni promet un Bénin « plus juste, plus fort et plus proche du peuple »
Discours du Président Romuald Wadagni
«Monsieur le Président de la Cour constitutionnelle,
Mesdames et Messieurs les membres des institutions de la République,
Mesdames et Messieurs les représentants des gouvernements étrangers,
Mesdames et Messieurs les membres du corps diplomatique et les représentants des organisations internationales,
Chers invités,
Chers compatriotes,
En cet instant où le peuple béninois nous confie la charge suprême de conduire notre nation, j’éprouve un sentiment profond de reconnaissance et de gravité. Je mesure l’honneur qui m’est fait. Je mesure surtout la responsabilité et l’engagement.
Car il est dans la vie d’une nation des moments où une élection dépasse le choix d’un homme pour devenir le choix d’une direction, le choix d’une méthode et le choix d’une ambition partagée.
Mes chers compatriotes,
Au cours des dix dernières années, le Bénin s’est profondément transformé. Les Béninois renouent avec le sentiment de fierté et notre pays a retrouvé le chemin du développement.
Ce parcours a exigé des efforts et de la discipline. Il a imposé des sacrifices qui ont permis à notre nation de retrouver quelque chose d’essentiel : la confiance en elle-même.
C’est la preuve que notre pays pouvait se redresser sans se renier, que la rigueur pouvait coexister avec la justice sociale, que les institutions pouvaient être mises debout sans perdre l’âme du peuple qui les habite.
Je veux donc ici rendre hommage au Président Patrice Talon qui, avec détermination, courage, constance et la capacité rare à penser le Bénin dans le temps long, a rendu cette renaissance possible.
Je voudrais aussi rendre hommage à nos pères fondateurs, en particulier aux différents présidents qui se sont succédé à la tête du Bénin depuis l’avènement de notre démocratie en 1990.
À leur suite, je veux être le continuateur de cette tradition de paix qu’ils ont construite au fil du temps et qui nous permet, malgré nos divergences ponctuelles, de faire front pour relever le défi du développement.
Mes chers compatriotes,
Après le travail de révélation et de transformation engagé, notre devoir est désormais clair : faire en sorte que la croissance retrouvée par notre État se traduise plus profondément dans la vie quotidienne de chaque Béninoise et de chaque Béninois.
Notre économie a progressé, c’est une réalité. Mais nous savons tous qu’une croissance nationale n’a de sens que lorsqu’elle devient visible dans la vie ordinaire des populations.
Lorsqu’un jeune trouve une opportunité dans son milieu de vie habituel.
Lorsqu’une mère peut faire soigner son enfant sans craindre le coût des soins.
Lorsqu’un agriculteur peut vendre sa production parce que la route est praticable.
Lorsqu’une famille peut accéder à l’eau, à l’électricité et à un logement décent.
Le développement du Bénin doit se produire dans chaque composante de la société et dans chaque territoire de la République.
Aux jeunes du Bénin qui refusent de céder face à la fatalité et veulent réussir ici, chez eux, par leur travail, je veux dire ceci : le Bénin croit en vous et vous donnera les chances de réussir.
Aux femmes du Bénin qui portent silencieusement une part immense de notre économie et avancent toujours avec courage et dignité, je veux dire ceci : votre accès au financement, à la propriété, à la protection sociale et aux responsabilités sera renforcé.
Aux agriculteurs du Bénin dont l’intégration au marché doit être davantage soutenue, je veux dire ceci : vous aurez un meilleur accès à la mécanisation, aux semences adaptées, aux financements pertinents et aux équipements de transformation.
Nous construirons une protection sociale à la hauteur d’une nation qui respecte celles et ceux qui la nourrissent.

À notre diaspora, à ces femmes et ces hommes qui vivent loin de la terre natale mais dont le cœur demeure attaché au Bénin, je veux dire ceci : le pays que nous bâtissons est aussi le vôtre.
Et à celles et ceux que l’histoire a éloignés de cette terre il y a des siècles, fils et filles d’Afrique dispersés par la traite, je veux dire ceci : le Bénin sera toujours la maison du retour.
En prêtant serment devant la nation, je prends aussi un engagement clair : celui d’être le garant de nos institutions, de l’État de droit et des libertés fondamentales.
Car la force d’une démocratie se mesure à la confiance que ses institutions inspirent aux citoyens, à la justice de la République qui leur garantit l’équité des règles et la protection effective de leurs droits.
Cela sera d’autant plus important que notre région vit des tensions graves avec le terrorisme qui progresse.
Mais je peux vous rassurer : le Bénin ne cédera ni à la peur ni au relâchement. L’État sera ferme face à tout ce qui menace notre cohésion et notre sécurité.
Nous continuerons d’investir dans nos forces de défense et de sécurité. Et surtout, nous construirons la sécurité par la poursuite du développement des services sociaux de base, l’offre d’opportunités économiques locales et le maintien de la présence effective de l’État partout sur le territoire.
Mes chers compatriotes,
Avec nos pays voisins, nous mettrons un accent particulier sur l’approfondissement de la coopération régionale.
Le Bénin continuera d’agir pour la stabilité, le dialogue et le respect.
À nos pays frères d’Afrique, et d’abord à nos voisins de la sous-région dont je veux saluer ici la présence à nos côtés, je veux renouveler le message de fraternité du peuple béninois.
Ma conviction est que, dans une sous-région confrontée au péril terroriste, nous sommes condamnés à travailler ensemble.
Nous réitérons la disponibilité du Bénin à agir de concert avec eux pour venir à bout de ce fléau.
À l’ensemble de nos partenaires qui nous soutiennent dans cette démarche, je veux dire que le Bénin poursuivra des partenariats fondés sur le respect mutuel, la confiance et l’intérêt partagé.
Le Bénin restera ouvert au monde sans jamais s’éloigner de lui-même.
Mes chers compatriotes,
La tâche qui s’annonce est grande. Mais je ne nourris aucun doute quant à notre capacité à relever le défi.
Je suis persuadé que, comme nous l’avons fait ces dernières années pour hisser le Bénin au niveau où il se trouve aujourd’hui, nous resterons mobilisés pour prolonger notre élan.
Je connais les attentes immenses de nos compatriotes. Je connais aussi les impatiences et parfois les inquiétudes de certains d’entre vous.
Je veux prendre devant la nation un engagement simple : je servirai le Bénin avec détermination, avec courage et avec conscience.
Je servirai avec la conscience permanente que le pouvoir n’est jamais un privilège personnel, mais une responsabilité devant le peuple et devant l’histoire.
En ce jour, je formule un vœu pour notre nation :
Que le Bénin demeure libre.
Que le Bénin se tienne debout, toujours plus haut.
Et ensemble, nous irons plus loin.
Vive la République !
Vive le Bénin !
Je vous remercie»