Investiture du Président de la République ce 24 mai au palais des congrès : Wadagni, le serment d’une renaissance consolidée

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Le Bénin a officiellement tourné une nouvelle page de son histoire politique ce dimanche 24 mai 2026 avec l’investiture du nouveau Président de la République, Romuald Wadagni. Organisée sur l’esplanade du Palais des Congrès de Cotonou, la cérémonie solennelle a consacré l’entrée en fonction de l’ancien ministre de l’Économie et des Finances, successeur de Patrice Talon après dix années de gouvernance marquées par de profondes réformes économiques et institutionnelles. L’un des moments les plus symboliques de cette journée historique demeure la passation de charges entre le président sortant et le nouveau Chef de l’État au Palais de la Marina. La cérémonie d’investiture a été séquencée et exécutée avec empoigne. Chaque phase a été teintée de charge laissant de millions de béninois et des délégations étrangères dans l’admiration. Dans un tête-à-tête empreint de solennité, Patrice Talon et Romuald Wadagni ont matérialisé la continuité républicaine dans un climat apaisé, sous le regard attentif de nombreuses personnalités béninoises et étrangères. Le moment était unique à la présidence de la République. On voit Patrice Talon, habillé en costume sans cravate, signe d’un homme prêt à se décharger de la fonction. Il reçoit dans une démarche élégante, Romuald Wadagni. Les deux hommes échangent des mots tout en montant les marges menant vers le bureau présidentiel. Un moment de complicité. Un moment où Patrice Talon confie, loin des caméras, les derniers secrets d’État et prodigue des conseils à son successeur. Wadagni va ensuite raccompagner Patrice Talon à son véhicule avant de monter lui-même à bord du véhicule d’État, sous l’escorte sécuritaire, pour se rendre au palais des congrès. Le long de la traversée, des béninois massés au bord des artères témoignant reconnaissance de l’autorité du nouveau Président de la République et scandant  » vive le Président  ».

Le serment, les attributs et les engagements

Plus de 6 mille personnes selon les organisateurs étaient au rendez-vous de la cérémonie d’investiture du Président Romuald Wadagni. Accompagné de son épouse Nathalie Villette Wadagni, Romuald Wadagni offre une démarche Présidentielle à la foulle lorsqu’il pose pas après pas sur le tapis rouge en direction de la tribune officielle où l’attendait déjà la vice-présidente Mariam Chabi Talata. Sourire léger, signe de main mesuré en salutation, regard serein… Tout au long de la marche, Romuald Wadagni maintient un contact visuel avec le public et montre qu’il est prêt pour le job. Puis s’ouvre l’audience spéciale de la Cour Constitutionnelle de prestation de serment. Le nouveau Président élu lève la main droite puis prononce, sous les tirs de canon de l’armée, les mots de serment constitutionnel devant les mânes des ancêtres, Dieu et le peuple beninois seul détenteur de la souveraineté. Il reçoit ensuite le grand colier qui l’habilite fome grand maître des ordres nationaux du Bénin. Les forces armées beninoises lui font ensuite allégence et le reconnaissent comme le Chef suprême des armées. Le moment de connexion rentre le Président et son peuple arrivera par la suite. Il s’agit de la prise de parole présidentielle. Dans son discours d’investiture, Romuald Wadagni a placé son mandat sous le signe de la continuité, de l’inclusion sociale et du renforcement de l’État. Le nouveau président a salué « la renaissance » du Bénin au cours de la dernière décennie, rendant un hommage appuyé à Patrice Talon pour « le courage des décisions difficiles » et « la constance des bâtisseurs ». « Je veux donc ici rendre hommage au Président Patrice TALON qui, avec détermination, avec le courage des décisions difficiles, la constance des bâtisseurs et la capacité rare à penser le Bénin dans le temps long, a rendu cette renaissance possible. Je voudrais aussi rendre hommage à nos pères fondateurs, en particulier aux autres Présidents qui se sont succédé à la tête du pays depuis le début du Renouveau démocratique en 1990. Je veux citer les Présidents Nicéphore Dieudonné SOGLO, Mathieu KEREKOU et Boni YAYI.
A leur suite à tous, je veux être le continuateur de la tradition de paix qu’ils ont instaurée au fil du temps et qui nous permet, malgré nos incompréhensions ponctuelles, de faire front ensemble pour relever le défi du développement », a déclaré Romuald Wadagni. Mais au-delà du bilan, le nouveau chef de l’État a surtout voulu tracer une perspective. « Une croissance nationale n’a de sens que lorsqu’elle devient visible dans la vie ordinaire des populations », a-t-il affirmé, insistant sur l’amélioration concrète des conditions de vie des citoyens. Face aux jeunes, il a promis davantage d’opportunités d’emploi et d’entrepreneuriat. Aux femmes, il a garanti un meilleur accès au financement, à la propriété et aux responsabilités publiques. Les agriculteurs, eux, bénéficieront selon lui d’un renforcement de la mécanisation, des financements agricoles et d’une future protection sociale dédiée au monde rural.
Le président béninois a également adressé un message fort à la diaspora africaine et afrodescendante en déclarant que « le Bénin sera toujours la maison du retour », réaffirmant ainsi l’ambition mémorielle et culturelle engagée ces dernières années autour des questions de la traite négrière et du retour aux sources. Sur les questions sécuritaires, Romuald Wadagni a affiché une posture de fermeté face à la menace terroriste qui secoue la sous-région. « Le Bénin ne cédera ni à la peur ni au relâchement », a-t-il martelé, promettant la poursuite des investissements dans les forces de défense et de sécurité tout en misant sur le développement local comme instrument durable de stabilité.

Une présence remarquée des pays de l’AES

Au-delà du discours présidentiel, cette investiture aura aussi été marquée par un signal diplomatique fort. Si aucun Chef d’État étranger n’a pris place dans la loge des invités officiels, les niveaux de représentation étaient considérables. Seize délégations étrangères ont effectué le déplacement à Cotonou, avec une présence particulièrement remarquée des pays membres de l’Alliance des États du Sahel (AES).
La délégation nigérienne, conduite par le Premier ministre Ali Mahaman Lamine Zeine, a été chaleureusement applaudie lors de son arrivée, dans un contexte de tensions frontalières, tension qui a refroidi les relations entre Cotonou et Niamey depuis 3 ans. Cette présence est perçue comme un important signe de décrispation diplomatique. Ce n’est d’ailleurs pas anodin si les poignées de mains entre le ministre Ali Mahaman Lamine Zeine et le Romuald Wadagni ont été particulièrement applaudies à la tribune ce 24 mai 2026 à Cotonou. Le Burkina Faso et le Mali étaient également représentés par leurs ministres des Affaires étrangères respectifs, confirmant une volonté régionale de dialogue face aux défis sécuritaires communs. Un envoyé spécial du président togolais, le président de la Banque Ouest Africaine de Développement, l’homme d’affaires nigérian influent Aliko Dankoté ainsi que plusieurs responsables d’institutions financières africaines et internationales ont également pris part à l’événement.

Un gouvernement entre continuité et renouvellement

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Quelques heures seulement après sa prestation de serment, le président Romuald Wadagni a dévoilé son premier gouvernement à travers le décret n°2026-314 du 24 mai 2026. Une équipe composée de 24 membres dont 22 ministres et 3 ministres délégués. La composition de cette équipe traduit un subtil dosage entre fidélité à l’ère Talon et promotion d’une nouvelle génération de technocrates. Sept personnalités issues de l’ancien gouvernement conservent en effet leur place dans l’appareil exécutif. Il s’agit notamment de Yvon Détchénou qui garde le portefeuille de la Justice, de Benjamin Hounkpatin reconduit à la Santé, ou encore de Benoît Dato qui conserve son département avec de nouvelles attributions liées à l’engagement civique. D’autres figures connaissent une réorganisation de leurs compétences. Aurélie Adam-Soulé Zoumarou hérite désormais de la communication et des Médias tandis que le numérique est confié à un autre département. D’autres ministres reconduits voient également leurs périmètres ministériels réaménagés. Shadiya Assouman est désormais ministre du commerce intérieur, en charge de la formalisation de l’économie ; Véronique Tognifodé est désormais ministre de la famille et l’action sociale et Olushegun Adjadi Bakari est nommé et quitte le ministère des affaires étrangères pour celui du tourisme et du commerce extérieur, en charge de l’industrie et de la promotion de l’investissement privé.

Les hommes de confiance de Wadagni propulsés au sommet

L’autre fait marquant de cette nouvelle équipe gouvernementale réside dans la promotion de plusieurs proches collaborateurs de Romuald Wadagni lorsqu’il dirigeait le ministère de l’Économie et des Finances. Ancien Directeur général de l’Économie, Aristide Médenou devient ainsi Ministre de l’Économie et des Finances chargé de la Coopération. L’ancien Directeur général des Impôts, Nicolas Yenoussi, est nommé ministre délégué auprès du ministre de l’économie et des finances chargé des Finances et de la Microfinance. Même trajectoire pour Rodrigue Chaou, ancien Directeur général du Budget, désormais ministre délégué chargé du Budget et de la Fonction publique, ainsi que pour Hugues-Oscar Lokossou, ex-directeur général de la Caisse autonome d’amortissement, promu ministre délégué chargé de la Mobilisation des ressources extérieures et de la Gestion de la dette.

Un équilibre régional au rendez-vous

Autre élément notable, la représentation géographique équilibrée de l’équipe gouvernementale. Les douze départements du Bénin sont présents dans cette nouvelle architecture gouvernementale, traduisant une volonté manifeste d’inclusion territoriale. Le Zou apparaît comme le département le plus représenté avec trois portefeuilles majeurs, Yvon Détchénou, originaire du Plateau d’Agonlin ( ministre de la justice) ; Janvier Yahouédéou de Covè (ministre de la décentralisation et de la gouvernance locale); et Gildas Agonkan d’Abomey (ministre délégué à la défense nationale). Les Collines comptent également deux représentants de poids avec Aristide Médenou, originaire de Glazoué, arrondissement de Ouedemè et Rodrigue Chaou, natif de Logozohè dans la commune de Savalou.
Le Couffo est représenté par Benoît Dato (ministre des sports et de l’engagement civique). L’Atacora est représenté par Armand Kouyema Nata (ministre des enseignements maternels et primaires) ; la Donga par Madame Awaou Bako (ministre des petites et moyennes entreprises et de la promotion de l’emploi, en charge de la formation professionnelle) ; tandis que le Plateau compte notamment Clément Kouchadé (ministre de l’enseignement secondaire).

Une présence féminine de qualité

La promotion du genre constitue également l’un des marqueurs de ce premier gouvernement Wadagni. Six femmes figurent dans cette équipe ministérielle, occupant des portefeuilles stratégiques allant des Affaires étrangères à la Communication, en passant par l’Action sociale, le Commerce intérieur ou encore l’Entrepreneuriat et l’emploi. Il s’agit des ministres, Véronique Tognifodé, Awaou Bako, Aurélie Adam-Soulé Zoumarou, Shadia Assouma, Sedami Medegan Fagla (enseignement supérieur), Corine Amori Brunet (affaire étrangère). Un signal politique fort pour un exécutif qui entend conjuguer continuité institutionnelle, technocratie et ouverture inclusive.
Avec cette investiture et la mise en place rapide de son gouvernement, le Président de la République, Romuald Wadagni ouvre officiellement une nouvelle séquence politique au Bénin. Une séquence placée sous le sceau de la stabilité, du développement économique et du repositionnement diplomatique régional.

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