Reconstruction du pont de Djonou : le gouvernement explique le retard des travaux

Les fortes pluies enregistrées ces derniers jours ont une nouvelle fois mis en évidence la vulnérabilité du pont de Djonou, dans la commune d’Abomey-Calavi. Resté submergé pendant près de quatre jours, l’ouvrage a finalement retrouvé sa praticabilité grâce à une intervention d’urgence des équipes de secours. Face aux nombreuses interrogations des usagers, le gouvernement a apporté des explications sur le retard du projet de reconstruction du pont.
L’axe routier du pont de Djonou est désormais entièrement dégagé après plusieurs jours de perturbations causées par les intempéries. Les eaux qui avaient envahi la chaussée ont été évacuées à la faveur d’une opération menée avec une pelle amphibie, permettant ainsi le rétablissement de la circulation. Intervenant sur la question, le ministre porte-parole du gouvernement, Wilfried Léandre Houngbédji, a assuré que l’Exécutif avait anticipé la reconstruction de cet ouvrage depuis plusieurs années. « Il y a déjà deux ans, le gouvernement avait annoncé les travaux de reprise du pont de Djonou. Il aurait dû être totalement reconstruit, plus moderne et plus grand », a-t-il rappelé.
Selon le porte-parole du gouvernement, le projet devait initialement être financé sur le budget national, à l’image de celui de l’ancien pont de Cotonou. Toutefois, l’État béninois a revu ses ambitions en intégrant ces deux infrastructures dans un vaste Programme de mobilité urbaine, soutenu par la Banque mondiale. Cette nouvelle orientation a nécessité une refonte complète des études techniques et de la conception des ouvrages. « Nous avons vu les choses en plus grand, plus modernes et plus futuristes. Les accords avec la Banque mondiale sont déjà signés, mais il fallait reprendre les études et restructurer les projets », a expliqué Wilfried Léandre Houngbédji. Le gouvernement justifie ce choix par sa volonté de développer le transport fluvial entre Porto-Novo, Cotonou et Abomey-Calavi. Pour atteindre cet objectif, les futurs ponts devront offrir un gabarit suffisant afin de permettre la circulation des embarcations. « À terme, nous voulons favoriser le transport fluvial de Porto-Novo jusqu’à Abomey-Calavi, en passant par Cotonou. Pour cela, il nous faut des ponts d’une certaine dimension », a précisé le ministre.
Reconnaissant les désagréments causés aux populations par les récentes inondations, le porte-parole du gouvernement a indiqué que le président de la République a immédiatement demandé au ministre du Cadre de vie et des Transports d’accélérer la mise en œuvre du projet afin d’éviter que de telles situations ne se reproduisent. Dans l’attente du démarrage des travaux définitifs, des mesures provisoires ont été engagées pour améliorer l’écoulement des eaux. Le gouvernement annonce par ailleurs que les travaux de reconstruction du pont de Djonou, une fois lancés dans le cadre du Programme de mobilité urbaine, devraient s’étendre sur une période de deux à trois ans.
Médard Clobechi