Cameroun : 40 jours après l’absence prolongée de Paul Biya, l’opposition évoque une vacance du pouvoir
Cameroun : 40 jours après l’absence prolongée de Paul Biya, l’opposition évoque une vacance du pouvoir

Plus de quarante jours après son départ du Cameroun pour un séjour privé en Europe, le président Paul Biya demeure absent de la scène publique. En l’absence de communication sur son retour ou sur son état de santé, les interrogations se multiplient. Des voix de l’opposition réclament l’ouverture d’un débat institutionnel sur une éventuelle vacance du pouvoir.
Selon les informations rendues publiques par les autorités camerounaises, le chef de l’État, âgé de 93 ans a quitté le Cameroun le 7 juin en compagnie de son épouse pour ce qui avait été présenté comme « un court séjour privé en Europe ». Depuis cette annonce, aucune communication officielle n’est venue préciser la durée de son absence ni la date de son retour.
D’après des informations publiées par Jeune Afrique le 3 juillet, Paul Biya aurait rejoint la Suisse afin d’y recevoir des soins dans une clinique privée située à Genève. Le média indique également que plusieurs membres de sa famille, notamment son frère ainsi que deux de ses enfants, séjourneraient également en Suisse.
Cette absence prolongée nourrit de nombreuses spéculations à Yaoundé et dans le reste du pays, où les interrogations se multiplient sur la capacité du président à reprendre ses fonctions. Sur les réseaux sociaux, plusieurs responsables politiques et observateurs estiment que le silence des autorités entretient l’incertitude autour de la situation institutionnelle.
Le député de l’opposition Jean Michel Nintcheu a ainsi appelé le Conseil constitutionnel à constater une éventuelle vacance du pouvoir. Une position partagée par l’universitaire et juriste camerounais Jean Calvin Aba’a Oyono, qui a également plaidé, dans une déclaration relayée abondamment.
À ce stade, les autorités camerounaises n’ont publié aucune déclaration officielle confirmant un problème de santé du président ni annoncé un calendrier de retour.
Médard Clobechi