L’arrivée en quelques jours de près de 50 000 migrants dans l’enclave espagnole de Ceuta a provoqué une vive crise migratoire et diplomatique en Europe. Face à cette situation, l’Italie a annoncé la suspension, pour un mois, de l’application de l’espace Schengen avec l’Espagne.
À compter de ce 1er août et pour une durée d’un mois, le gouvernement italien a décidé de suspendre la libre circulation avec l’Espagne dans le cadre de l’espace Schengen. Selon les autorités espagnoles, la majorité des migrants est entrée à la nage ces derniers jours. Plus de 48 300 personnes auraient déjà quitté Ceuta pour retourner au Maroc. Le bilan humain reste lourd, avec au moins 34 décès recensés, dont 18 par noyade.

En déplacement à Ceuta, le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a dénoncé une « attaque » et une « violation de l’intégrité territoriale » de l’Espagne. Il a assuré le soutien de son gouvernement aux habitants de cette enclave confrontée à une situation qualifiée d’exceptionnelle.
D’après plusieurs témoignages, l’afflux massif de migrants aurait été favorisé par des rumeurs relayées sur les réseaux sociaux faisant état d’une ouverture de la frontière. La récente décision de la Cour suprême espagnole concernant les expulsions de migrants arrivés par voie maritime aurait également alimenté ces mouvements. Cette situation a suscité des réactions au sein de l’Union européenne(Ue). L’Italie, dirigée par Giorgia Meloni, a annoncé la suspension temporaire de Schengen avec l’Espagne, tandis que la France a renforcé les contrôles à sa frontière avec son voisin ibérique. D’autres dirigeants européens ont appelé à une réponse coordonnée face à cette crise.
Laura LEKE