???? Mauvaise gestion des fonds publics dans le cadre d’un projet d’électrification à Dogbo: comment Vincent Acakpo a détourné l’argent des populations
• 2 millions FCFA des frais de compteurs pour ‘’entretenir’’ des conseillers communaux
• La Criet fait les yeux doux à cet ancien Maire du Couffo
À Dogbo, commune située dans le département du Couffo, l’ancien maire Vincent Acakpo a du souci à se faire. Ayant eu la grâce de porter la charge publique de la commune ces dernières années, l’ex-édile de la ville est dans le champ de tir des populations mécontentes de la gestion peu orthodoxe qui aura été faite des fonds destinés à offrir à des ménages l’énergie électrique. En effet, dans le cadre de la finalisation de l’électrification de Dévé, le maire a négocié et obtenu de la direction départementale du Couffo un transformateur avec appui de la Giz en 2013. Le projet ayant abouti, les ménages ont sollicité de la mairie le raccordement au réseau électrique de la Sbee. La mairie avait été chargée de recouvrer les frais d’abonnement auprès des ménages désireux dont le coût s’élève à 90.000 FCFA par compteur. Selon nos sources documentés, le montant total des souscriptions s’élève à douze millions trois cent trente milles (12.330.000f) ; ce qui correspond à un effectif total de 137 ménages. Les mêmes sources précisent que le cumul des paiements effectués à la SBEE et à l’Aberme laisse apparaitre un solde de 6.930.000F que l’ancien maire Vincent Acakpo a déclaré avoir disposé face à certaines dépenses qui n’ont aucun lien avec le projet de raccordement et pose de compteur. Selon d’autres sources qui donnent des détails liés au dossier, le montant total recouvré en 2013 dans le cadre du projet d’électrification rurale au profil de l’Arrondissement s’élève à douze millions trois cent trente mille (12.330.000) francs CFA et logé à la BOA dans le compte N°07010500006 intitulé COOPERATION DECENTRALISEE. Ces sources très avisées du dossier renseignent qu’un retrait a été effectué par la SBEE d’un montant de trois millions huit cent soixante-dix mille (3.870.000) de francs CFA pour la pose des compteurs dans l’arrondissement. À en croire les informations fournies par nos sources, les retraits effectués par les déposants, mécontents du retard de démarrage des poses de compteurs dans leur zone, s’élèvent à un million cinq cent trente mille (1.530.000) francs CFA dont 1.260.000 francs CFA par le biais de chèques délivrés par l’autorité communale et 270.000 francs CFA de la poche du Maire. Dans les détails, en retranchant ces divers retraits du total déposé à la banque, il se dégage un solde de six millions neuf cent trente mille (6.930.000) francs CFA. Ce solde est une information confirmée dans le « rapport sur la gestion des frais de compteurs dans le cadre du projet d’électrification de l’arrondissement de Dévé» cosigné par le Directeur des ressources financières et matérielles (Drfm) Innocent Ametonou et l’ex-maire Vincent Acakpo à l’époque.

Un acte de détournement de fonds publics
Si l’ancien maire Vincent Acakpo est au cœur d’une salve de critiques, c’est bien à cause de l’utilisation qui a été faite de ce solde de plus de six millions FCFA. Selon nos informations, ce solde a été utilisé pour financer certaines activités de la Mairie. Le rapport cosigné par le Drfm et l’ex-maire et sus cité a d’ailleurs listé une série de huit (8) activités vers lesquelles ces fonds ont été redirigés. Et c’est ici, que l’ex-maire Vincent Acakpo est soupçonné d’avoir détourné les fonds publics collectés auprès des pauvres populations qui n’attendaient qu’à être connectées au réseau électrique. Au titre de ces activités et en guise d’exemple, le rapport indique qu’un montant de 2.000.000 francs CFA a été utilisé pour l’entretien des élus lors du vote du budget primitif exercice 2015. Sept (7) autres activités ont été exposées dans le rapport comme étant des activités vers lesquelles les fonds ont été redirigés. Selon certains acteurs bien au fait de la gouvernance locale joints par l’équipe de notre rédaction, le motif pour lequel les 2 millions FCFA ont été utilisés est un canular. « Entretien des conseillers communaux ? Il n’y a rien qui s’appelle ainsi dans la gestion d’un budget communal», a fait savoir une des figures de proue dans le dispositif de gouvernance locale. À en croire des sources croisées contactées pour opiner sur la question, le budget communal prévoit d’office et par avance des frais de session aux élus communaux et suivant le nombre de jours des travaux. Mieux les sources renseignent que ces frais de session sont payés aux élus communaux par le trésorier communal sur la base de la liste de présence et du montant prévu dans la budget communal. En cas de rupture de liquidité pendant la période des sessions, nos sources informent que le trésorier communal peut payer les frais de session en différé sur la base d’un mandat émis par le maire. Ce paiement est fait sur des états ou par virement. Il s’ensuit que l’ex-maire ne peut débloquer des fonds publics dans un circuit parallèle au motif » d’un entretien des élus ». « En clair, c’est un détournement et il doit rembourser », a conclu une source qui s’étonne aussi de la non-existence des états de paiement de ce que l’ancien maire Vincent Acakpo désigne par »entretien des élus ». Aucune loi sur la décentralisation ne prévoit d’ailleurs une ligne de crédit pour le fameux »entretien des élus » lors du vote d’un budget communal. Comment alors l’ex-maire de Dogbo a-t-il pu disposer de ces fonds au mépris des orientations règlementaires ? Si la question reste en suspens, d’autres sources estiment que l’ancien maire ne pouvait même pas disposer de ces fonds (les plus de 6 millions FCFA) étant entendu que ces ressources ne sont pas celles de la mairie de Dogbo. Il s’agit, précisons-le, des cotisations faites par les abonnés pour financer des compteurs électriques. Ici encore, le chef d’accusation de »détournement de fonds publics » est revenu dans le discours de nos sources qui soutiennent qu’au cas où le maire aurait eu l’aval du conseil communal pour disposer de ces fonds, la mairie pourrait être poursuivie pour mauvaise gestion de deniers publics des mandants. Le conseil communal devra alors autoriser le maire à reconstituer les fonds afin de finaliser le projet d’électrification au bénéfice des populations, ont fait savoir nos sources. En l’absence de ces précautions et des documents attestant d’une autorisation du conseil communal, l’ex-maire Vincent Acakpo qui a utilisé les fonds pour le financement d’autres activités est passible d’être poursuivi pour acte de détournement surtout au regard de l’illégalité du motif »entretien des élus » avec 2 millions FCFA éjectés. Les fonds publics ne sont pas destinés à entretenir des réseaux politiques pour obtenir des grâces au conseil communal. Les maires devraient le savoir. À suivre…
R. H
