Anecdote
Nous avons reçu lors d’une de mes gardes, une jeune dame enceinte et à terme, dans un état d’extrême urgence. En effet, il s’agissait d’une dame de 25 ans environ, admise pour des douleurs lombo-pelviennes entrant dans le cadre de son travail d’accouchement qui a commencé la veille. Quand le travaille a commencé, il s’est fait que son mari, qui a le pouvoir de décider qu’il faut aller à l’hôpital ou non étais sorti pour ses activités ; et généralement, dans la région, les femmes accouchent à la maison avant de commencer les formalités de l’hôpital pour la vaccination de l’enfant. SAUF QUE, cette fois ci, ce n’est pas ce qu’ils pensaient. Le monsieur est revenu la nuit et à proposer suivre sa femme pendant la nuit et si elle n’accouchait pas, ils pourraient se rendre à l’hôpital. Cette dame est restée dans sa douleur pendant près de 24h, la tête de l’enfant étant engagée. C’est le lendemain que le monsieur d’est rendu compte de la gravité de la situation et a couru pour l’amener à l’hôpital : le fœtus souffrait déjà (souffrance fœtale aiguë). L’équipe s’est dépêcher pour extraire le bébé et sauver aussi la maman. Dieu merci, c’est un centre hospitalier, et le nouveau-né est rapidement admis dans le service de néonatologie pour des soins appropriés ; et la maman, dans l’unité des soins intensif après son réveil. SAUF QUE, une conséquence presqu’inévitable dans une situation pareille de travail d’accouchement prolongé, mais tres évitable à 100% si on prenait des dispositions en amont : les fistules obstétricales. Avant de revenir formellement sur les détails de cette maladies honteuse, je voudrais rappeler rapidement qu’en réalité, la dame a commencé par faire ‘’pipi’’ à travers sa voie génitale. Pourquoi ? parce qu’un orifice s’est crée entre son vagin et sa vessie par la compression prolongée des parois du vagin et de la vessie contre l’os du pubis par la tête du fœtus.
Nous allons souligner ici le groupe de mot ‘’travail d’accouchement prolongé’’. Et pourquoi le travail d’accouchement est prolongé ? parce que la dame est allée à l’hôpital tardivement ; ceci fait appel aux 3 retards en obstétriques et ses conséquences.
C’est quoi les trois retards ?
Il s’agit de tout ce qui peut retarder l’administration des soins adéquats à une femme (ou un patient par extension) et qui explique pourquoi une femme peut mourir ou avoir des complications de sa grossesse alors que les médicale existent. Il a été initialement décrit par Thaddeus et Maine en 1994 et répété dans de nombreuses analyses en santé maternelle. Cet auteur décrit 3 types de retards : le retard à décider d’aller se faire soigner, le retard à arriver à l’hôpital, le retard à recevoir les soins nécessaires
Le premier retard : le retard dans la décision de chercher des soins :
C’est le temps entre l’apparition d’un problème obstétrical et la prise de décision de consulter un professionnel de santé. Il peut être influencé par :
le manque de connaissance des signes de danger obstétrical,
les normes socioculturelles (peur des soins, rôle de la famille),
le manque de moyens financiers pour payer les soins ou le transport,
l’absence d’autonomie décisionnelle de la femme.
Ce retard est souvent attribué à des facteurs au niveau individuel ou familial. Comme le cas de notre patiente qui n’a probablement pas l’autonomie de décision d’aller aux soins, et les normes socio-culturelles de sa famille où les femmes accouchent à domicile, et aussi, peut-être, le mari n’a pas connaissance des signes de danger d’une grossesse.
Le deuxième retard : le retard à atteindre un établissement de soins approprié :
Il s’agit ici du temps nécessaire pour aller du domicile à une structure pouvant fournir des soins obstétricaux adéquats. Les obstacles comprennent :
la distance jusqu’à la structure,
l’absence de (moyen de) transport ou son coût,
les mauvaises routes ou les conditions géographiques difficiles,
les barrières physiques ou administratives.
Ce retard illustre comment les conditions d’accès géographique et logistique affectent la prise en charge.
Imaginons un temps soit peu que cette dame, au lieu de se rendre dans un hopital où elle allait se faire opérer en urgence avec possibilité d’admenttre le nouveau-né dans le service de néo-natologie, elle va d’abord dans un centre de santé de base où le matériel n’est pas en adéquation avec son tableau clinique : elle devra se voir réferer vers un hopital approprié en second temps, ce qui augmenterait la durée entre la prise de décision et l’atteinte du centre de santé adéquat, et donc, une augmentation des souffrances avec peu de chance d’être sauvée, elle et son bébé.
Le troisième retard : le retard à recevoir des soins appropriés une fois dans l’établissement
C’est le temps entre l’arrivée à la structure de santé et le début des soins efficaces. Il peut être causé par :
l’absence de personnel qualifié ou son insuffisance,
le manque d’équipements, de fournitures ou de médicaments,
des procédures administratives lentes ou le coût des services,
des problèmes de diagnostic ou de prise en charge.
Ce retard reflète la qualité du système de soins. Il dépend des gouvernants et dirigeants.
C’est ici que je salue le gouvernement béninois et son chef, le Président Patrice TALON, qui a compris l’enjeu en renforçant les ressources humaines même dans les centres de santé les plus reculées possibles, en renforçant le matériel médico-technique dans nos hôpitaux, et en instituant une Autorité de Régulation de la Santé (ARS) qui veille au grain à la qualité des soins administrés dans les hôpitaux du pays. Et pardessus cela, le développement des réseaux routiers qui participe énormément à la réduction du 2e retard, et par ricochet, la réduction des décès maternels et infantiles.
Chers messieurs, chers maris, dès que votre femme est enceinte :
Commencez précocement les consultations prénatales ;
Accompagnez vos femmes pour connaitre les signes de danger liés à une grossesse
Prévoyez déjà celui qui accompagnera votre femme à l’hôpital dès que le travail d’accouchement commence en votre absence,
Suivez les prescriptions de vos gynécologues ou de vos sages-femmes
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Parlons santé en français facile : Connaître les 3 retards pour un 2026 sans faire ‘’PIPI’’ par son appareil génital
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