Soupçons d’irrégularités dans l’acquisition d’un domaine à Cadjèhoun : à la CSAF, le notaire Ladany et l’ex-DAD de Cotonou Martial Abobo placés sous contrôle judiciaire, l’acquéreur déposé en prison
La CSAF s’est penchée la nuit dernière sur une affaire domaniale qui secoue Cadjèhoun. Présentés au parquet de la cour spéciale des affaires foncières, le notaire Loukmanou Amoussa Ladany, l’ex-directeur des affaires domaniales de la mairie de Cotonou Martial Abobo et deux autres mis en cause ont été longuement entendus. L’audition s’est achevée ce mercredi 25 février 2026 vers 2 heures du matin.
Au terme des échanges, trois des quatre prévenus ont été placés sous contrôle judiciaire. Le titulaire du titre foncier, présenté comme l’acquéreur de la parcelle en cause, a été déposé en prison. Le parquet a saisi un juge d’instruction pour approfondir les investigations.
Au départ, la procédure vise des irrégularités présumées dans la délivrance de documents administratifs foncier sur un domaine sis à Cadjèhoun, quartier recherché de Cotonou. Selon les éléments du dossier, l’acquéreur aurait obtenu un titre sans qu’aucune mutation préalable ne soit opérée sur le registre de propriété. Or, dans les livres officiels, la parcelle serait restée au nom du vendeur. Comment un titre a-t-il pu être établi dans ces conditions ? C’est là que le dossier se tend.
Un acte notarié aurait été établi, l’acte porte la signature du notaire Loukmanou Amoussa Ladany. Dans le même temps, l’acquéreur aurait obtenu un certificat de conformité délivré par Martial Abobo, géomètre et ancien directeur des affaires domaniales de la mairie de Cotonou.

Pour les enquêteurs, la chaîne des actes pose question. Le vendeur et l’acquéreur avaient été interpellés dès le 17 février. Le notaire et l’ex-DAD les ont rejoints en garde à vue le 21 février. Tous ont été conduits devant la CSAF ce mardi 24 Février 2026
Ce dossier rappelle une évidence, le foncier reste un terrain à haut risque au Bénin. À Cadjèhoun comme ailleurs, la valeur d’une parcelle peut faire vaciller les règles. La justice, elle, entend remettre de l’ordre. L’instruction dira si les documents contestés relèvent d’erreurs, de négligences ou d’actes délibérés.
En attendant, un homme dort en prison. Les autres restent sous contrôle judiciaire. Et le secteur foncier retient son souffle.
Joseph Sossou