Cour spéciale des affaires foncières : Un Nigérian poursuivi pour abus de confiance dans une affaire de parcelle, 5 ans de prison requis
Un ressortissant nigérian d’une quarantaine d’années, commerçant et résidant au Bénin est poursuivi à la Cour spéciale des affaires foncières pour abus de confiance dans une affaire impliquant son ami nigérian. Le ministère public a requis une peine de 60 mois d’emprisonnement, dont 48 mois fermes, assortie d’une amende de 500 000 FCFA. Le verdict est attendu le 8 mai prochain.

Selon les faits présentés à la barre, la victime, avant de retourner au Nigeria avait confié à son frère, le prévenu Ekekwe, les documents relatifs à une parcelle acquise au Bénin. Une marque de confiance motivée par des difficultés personnelles et le besoin d’assistance. Mais contre toute attente, Ekekwe aurait utilisé ces documents pour se faire remettre les fonds liés à l’achat du terrain. Il s’est présenté auprès du vendeur, un certain Alphonse, affirmant que la parcelle vendue à son frère posait problème et qu’il souhaitait récupérer l’argent.
Dans le cadre de cette démarche, le vendeur Alphonse a été interpellé et placé en garde à vue. Pour obtenir sa libération, ses proches ont dû verser la somme de 2 millions de FCFA. C’est dans ce contexte que le prévenu a remis les documents de propriété au commissariat, facilitant ainsi un échange entre les pièces et l’argent. Cette opération a permis à Ekekwe de récupérer les fonds d’achat de la parcelle appartenant à son second, sans son consentement.
De retour au Bénin, la victime découvre que la parcelle est désormais occupée par un nouvel acquéreur. Après investigation, il entre en contact avec le vendeur, qui lui révèle les circonstances ayant conduit à la restitution des 2 millions de FCFA.
La victime affirme avoir tenté en vain de retrouver son frère après cette révélation. Interpellé puis présenté devant la juridiction, Ekekwe a reconnu les faits. Il a admis que les fonds récupérés ne lui appartenaient pas. « Je reconnais avoir pris les 2 millions. J’ai utilisé cet argent pour mon commerce, car mes marchandises étaient bloquées à la frontière », a-t-il déclaré à la barre.
Au cours des débats, le ministère public a estimé que le vendeur Mr Alphonse n’avait commis aucun acte répréhensible. En conséquence, ce dernier a été purement et simplement mis hors de cause. Considérant la gravité des faits et l’abus de confiance caractérisé, le parquet a requis une peine de 5 ans d’emprisonnement, dont 4 ans fermes, ainsi qu’une amende de 500 000 FCFA. Le dossier a été renvoyé au 8 mai prochain pour délibération.
Médard Clobechi