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Gouvernance publique en Afrique : A Cotonou, JMS Afrique engage les jeunes vers une participation politique structurée

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Dans un contexte national marqué par une année électorale et des mutations institutionnelles en cours, la question de la place des jeunes dans les espaces de décision s’impose avec une acuité nouvelle. C’est dans cette dynamique que s’est tenu, le vendredi 03 avril 2026 à Cotonou, l’atelier de réflexion stratégique autour du thème : « Jeunesse et Activités Politiques au Bénin : vers une participation stratégique, visible et valorisée en 2033 », à l’initiative de JMS Afrique.
Réunis à Wegal Space, acteurs associatifs, experts, professionnels et jeunes leaders ont croisé leurs regards autour d’un enjeu central : comment faire évoluer la participation des jeunes, encore trop souvent limitée à la mobilisation, vers une implication réelle dans les sphères de décision ? Dès l’ouverture des travaux, une conviction s’est imposée : il ne s’agit plus de questionner la présence des jeunes dans la vie publique, mais d’en structurer la portée, la lisibilité et l’impact. En terme de perspective, 2033 est cité comme un horizon stratégique pour préparer les responsabilités. Le présent atelier s’inscrit dans le cadre du programme #BJ2026 – Engagement pour la paix et la stabilité, première phase structurée du déploiement de JMS Afrique au Bénin. Dans une intervention dense et structurante, la fondatrice de la dynamique Jeune-Médias et Société (JMS Afrique), Khadija Zoko Sébé, spécialiste de la communication publique et institutionnelle, a invité les participants à se projeter dans un avenir proche, porteur de transformations concrètes. « 2033 n’est pas une date lointaine… C’est un horizon suffisamment réaliste pour observer des évolutions concrètes. », a-t-elle fait savoir. À travers cette projection, elle met en lumière une réalité simple : les jeunes d’aujourd’hui seront, dans moins d’une décennie, des cadres expérimentés, des experts ou des décideurs. Une perspective qui renforce l’urgence de préparer dès maintenant leur montée en responsabilité.

Dans un pays où l’âge médian est d’environ 19 ans, la question n’est donc plus de savoir si les jeunes doivent participer, mais comment construire des trajectoires crédibles, progressives et durables vers les centres de décision.

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Une jeunesse déjà engagée, mais encore peu visible

Les échanges ont permis de déconstruire une idée reçue : celle d’une jeunesse absente des sphères publiques. En réalité, les jeunes sont déjà à l’œuvre, mais souvent dans l’ombre. « Ils rédigent, analysent, coordonnent, accompagnent, mobilisent… mais leur contribution reste encore insuffisamment visible », a souligné Khadija Zoko Sébé. Cette présence discrète, bien que réelle, souffre d’un manque de structuration. Faute de mécanismes clairs, les parcours restent fragmentés, les compétences peu valorisées et les perspectives d’évolution limitées. L’enjeu devient alors stratégique : transformer cette participation diffuse en un véritable levier d’influence, fondé sur des parcours solides et reconnus. À l’instar de leurs jeunes pairs, Fabroni Bill Yoclounon et Gnanki Saka Sero, appellent à dépasser la phase de l’observation, du diagnostic déjà connu et des procès faits aux aînés. Pour eux, il est important de s’engager pour produire le changement souhaité. « On ne va pas venir nous chercher à la maison », lâche Fabroni Bill Yoclounon. Pour Gnanki Saka Sero, la jeunesse béninoise a perdu pendant un temps sa place au profit des aînés qui ont gouverné. Mais elle reste confiante du flux progressif de jeunes vers le champ politique. D’ici 5 ans voire 10 ans, dira-t-elle, les jeunes seront présents encore plus dans les instances de prise de décision.

JMS Afrique, un catalyseur d’engagement citoyen

À travers cette initiative, JMS Afrique confirme son ambition de jouer un rôle structurant dans la formation d’une citoyenneté active en Afrique de l’Ouest francophone. Née d’un constat régional — celui d’une jeunesse omniprésente dans les discours mais encore insuffisamment préparée aux enjeux de gouvernance — l’organisation agit autour de plusieurs axes : informer, éduquer, former et engager. Ses actions portent notamment sur : la vulgarisation de l’information publique et institutionnelle, le développement de l’esprit critique, le renforcement des capacités citoyennes, et la promotion de la culture de la paix et de la responsabilité. En misant sur la pédagogie, le digital et la collaboration, JMS Afrique œuvre à faire émerger une génération de jeunes citoyens lucides, engagés et capables de peser durablement dans les dynamiques publiques.

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Une feuille de route en construction pour une participation stratégique au Bénin

Plus qu’un simple cadre d’échanges, l’atelier de Cotonou se veut un point de départ. Les discussions ont permis de poser les bases d’une réflexion collective visant à renforcer : la visibilité des jeunes dans les processus décisionnels, la structuration des parcours d’engagement, et l’accès progressif aux responsabilités publiques. Khadija Soko Sébé, fondatrice de JMS Afrique est formelle : « Notre rôle n’est pas de fixer seuls une direction, mais d’ouvrir un cadre de travail et de faire émerger des orientations réalistes et partageables ».

Les organisateurs de l’atelier souscrivent pour une approche collaborative, essentielle pour formuler des orientations réalistes et partagées qui répondent aux enjeux spécifiques de la jeunesse béninoise. L’initiative JMS Afrique joue un rôle catalyseur dans cette transformation, en œuvrant pour une citoyenneté active et engagée en Afrique de l’Ouest. En favorisant la formation, l’information et le développement de l’esprit critique, JMS Afrique aspire à faire émerger une génération de jeunes citoyens compétents et capables d’influencer durablement les dynamiques publiques.

Une initiative saluée et portée par une jeunesse engagée

Au terme des travaux, l’atelier a suscité un intérêt particulier au niveau institutionnel. La représentation de la CEDEAO au Bénin, à travers son représentant, s’est dite séduite par la pertinence de l’initiative portée par JMS Afrique et par la qualité des échanges. L’institution régionale y voit un levier stratégique pour renforcer, à l’échelle ouest-africaine, la participation des jeunes aux dynamiques de gouvernance, de paix et de stabilité, dans un contexte sous-régional en pleine mutation. Sur place, les jeunes participants n’ont pas caché leur satisfaction. Au-delà de la richesse des débats, ils ont activement contribué aux réflexions en formulant des propositions concrètes en réponse aux problématiques soulevées : meilleure structuration des parcours d’engagement, valorisation des contributions techniques, mécanismes de mentorat et passerelles vers les sphères décisionnelles. Autant d’éléments qui traduisent une volonté claire : passer d’une jeunesse spectatrice à une jeunesse actrice, compétente et influente. Au Bénin, cette dynamique est portée par une équipe jeune et engagée de JMS Afrique, composée notamment de Chamma Gbéha, représentant de l’initiative et membre du Conseil JMS Afrique, de Joël Tchogbé, consultant média, expert sociologue, personne ressource responsable en charge de la gestion des relations presse de JMS Afrique, de François d’Assise Gbemenou, point focal de l’initiative, ainsi que de Mlle l’ambassadrice Maésarath Adouke. À travers cet atelier, une étape décisive vient d’être franchie. Celle d’une jeunesse consciente de ses responsabilités et résolument engagée à se préparer, dès aujourd’hui, à occuper pleinement les espaces de décision à l’horizon 2033.

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