Litige foncier à Abomey-Calavi : accusé d’avoir vendu de fausses parcelles, un homme risque 5 ans de prison
À Cour spéciale des affaires foncières, un homme poursuivi pour escroquerie et abus de confiance dans une affaire de vente litigieuse de parcelles encourt jusqu’à cinq ans de prison, dont 36 mois ferme, ainsi qu’une amende de 500 000 FCFA. L’audience tenue ce vendredi 8 mai 2026 a été renvoyée au 12 juin prochain pour le verdict final.

Selon les déclarations du plaignant à la barre, l’affaire trouve son origine dans une relation de confiance entre deux collègues et amis de longue date à Womey, dans la commune d’Abomey-Calavi. Son ami lui aurait proposé deux parcelles à des conditions jugées avantageuses, en raison de leur proximité. « Il m’a dit que, comme nous sommes des amis, il allait me céder les parcelles à un prix réduit », a expliqué la victime devant la juridiction spécialisée. Le plaignant affirme avoir remis au total 3,75 millions de FCFA depuis 2017 pour l’acquisition des deux parcelles.
Mais plusieurs années après la transaction, la situation aurait pris une autre tournure. « Quand j’ai commencé à réclamer les parcelles, mon ami m’a dit que j’avais acheté des numéros et non des parcelles », a déclaré le plaignant, visiblement amer. Ce dernier soutient avoir découvert qu’il ne détenait aucun droit réel sur les terrains visités avant la transaction. Face à cette situation, la victime dit avoir saisi plusieurs commissariats, notamment ceux de Godomey et d’Abomey-Calavi, avant d’être finalement orientée vers la juridiction foncière compétente. Des discussions, il a compris que c’est le Monsieur à la barre, un père de famille qui a reçu l’argent des parcelles.
À la barre, le prévenu a reconnu les faits qui lui sont reprochés. Il a privilégié une résolution à l’amiable du litige. Il a proposé au plaignant d’autres parcelles en compensation afin de mettre un terme à la procédure judiciaire. Le plaignant affirme avoir engagé un huissier de justice pour constater les nouveaux terrains proposés et lancer les démarches administratives nécessaires. « J’ai pris un huissier qui est allé faire le constat et nous avons commencé les procédures », a-t-il expliqué devant les juges.
Toutefois, le dossier reste bloqué en raison de certaines formalités non finalisées. Selon la victime, les membres de la famille du prévenu, notamment ses épouses et ses enfants, ont déjà signé certains documents relatifs aux nouvelles parcelles, mais l’intéressé lui-même n’aurait pas encore apposé sa signature définitive. « Il faut que lui-même contresigne pour montrer que c’est bien lui qui a demandé à sa famille de procéder à la signature », confie le plaignant. Le ministère public a requis une peine de cinq ans d’emprisonnement, dont trois ans ferme, assortie d’une amende de 500 000 FCFA. Le verdict est attendu le 12 juin 2026.
Médard Clobechi