Togo : une nouvelle coalition d’opposition lancée contre Faure Gnassingbé

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Au Togo, une nouvelle coalition réunissant des partis d’opposition et des organisations de la société civile a relancé samedi à Lomé, la contestation contre la Constitution de 2024. Les opposants accusent le président Faure Gnassingbé de chercher à pérenniser son pouvoir à travers les réformes institutionnelles controversées.

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Plusieurs centaines de manifestants se sont réunis dans la capitale togolaise à l’appel du « Cadre national de consultation pour le changement au Togo » (CNCC). Il s’agit d’une coalition nouvellement créée par quatre partis d’opposition et plusieurs organisations citoyennes. Cette mobilisation marque le retour des grandes réunions publiques de contestation, devenues rares ces dernières années au Togo. « Il était important pour le peuple togolais de montrer qu’il tient bon et qu’il n’accepte pas les abus de la nouvelle Constitution », a déclaré David Dosseh, porte-parole du Front des citoyens du Togo debout (FCTD).

Parmi les figures politiques présentes figurait Jean-Pierre Fabre, président de l’Alliance nationale pour le changement (ANC). Dans son intervention, l’opposant a dénoncé la réincarcération du poète et militant togolais Honoré Sitsope Sokpor, alias Affectio, arrêté de nouveau quelques mois après sa remise en liberté sous contrôle judiciaire. Jean-Pierre Fabre a évoqué une « détention arbitraire » et un « harcèlement incessant », tandis que plusieurs intervenants ont également critiqué la gouvernance du pays et les restrictions des libertés publiques.

Depuis son adoption en 2024, la nouvelle Constitution togolaise suscite de vives tensions politiques. Les partis d’opposition et des acteurs de la société civile estiment que ce texte permettrait à Faure Gnassingbé, au pouvoir depuis 2005, de prolonger indéfiniment son règne à la tête du pays. La réforme constitutionnelle instaure un régime parlementaire et met fin à l’élection du président de la République au suffrage universel direct. Désormais, la fonction exécutive la plus importante devient celle de président du Conseil, poste actuellement occupé par Faure Gnassingbé.

Le camp présidentiel défend toutefois cette réforme, affirmant qu’elle vise à renforcer la représentativité politique et à moderniser les institutions togolaises.

Médard Clobechi

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