Fin de mandat au Palais de la Marina : Dix ans de gouvernance, Patrice Talon s’en va le cœur plein, ses derniers mots
Dans un message solennel publié ce jeudi 21 mai 2026, le Président Patrice Talon prend congé de la nation béninoise. Trois jours ou plutôt moins de 72 h avant la passation de pouvoir, le chef de l’État sortant livre un message à population béninoise. Le Président Patrice Talon y remercie le peuple pour dix ans de chemin parcouru ensemble, et appelle à l’union et à la mobilisation de tous autour du président élu Romuald Wadagni pour conduire le Bénin vers sa destinée de grande nation.
Le compte à rebours est enclenché. Dans trois jours, le dimanche 24 mai 2026, Romuald Wadagni prêtera serment et prendra formellement les rênes du Bénin. En prélude, son prédécesseur Patrice Talon a choisi ce jeudi 21 mai pour faire son bilan des dix décennies écoulées au sommet de l’État.
Sans esquiver la complexité du chemin parcouru, le président sortant reconnaît que la route ne fut pas sans embûches. « Le chemin n’a pas toujours été simple », écrit-il, avant d’ajouter aussitôt que c’est précisément cette adversité qui a forgé la trajectoire. Il revendique dix années de réformes, de chantiers engagés et de défis relevés, au service, dit-il, du développement socioéconomique du pays.
Patrice Talon se félicite de la reconnaissance internationale croissante envers le Bénin, citant « les efforts et sacrifices qui portent peu à peu leurs fruits ». Ces fruits, dont il attribue le mérite à l’ensemble des Béninois,des villes, des campagnes et de la diaspora.
Un hommage appuyé à la Première Dame

L’un des passages les plus personnels du message concerne son épouse, Claudine Gbénagnon épouse Talon. Le président lui rend un hommage explicite, saluant « le rôle combien efficace d’une grande dame » qui l’a accompagné avec affection, patience et dont le coaching a constitué, selon ses propres termes, « un grand apport »
Le relais passé, la conviction transmise
À l’endroit de son successeur, Patrice Talon se montre confiant et volontairement encourageant. Il exprime la conviction que sous la magistère de Romuald Wadagni, « notre pays fera encore de grands pas vers l’accomplissement de son dessein, celui d’être une grande nation ». Ce message n’est pas anodin dans sa forme. Publié trois jours avant la passation, il obéit à une logique de clôture narrative soigneusement orchestrée. Patrice Talon choisit ses mots, son timing et son registre : ni triomphaliste, ni défensif. Il se pose en bâtisseur qui passe le flambeau, non en dirigeant contraint de céder le pouvoir. « Avoir été le chef d’équipe de cette belle aventure, avoir été au service de notre pays fut un sacré honneur pour moi ». Ce n’est pas l’épuisement qui transparaît dans ces lignes, mais la fierté tranquille d’un homme accompli. Talon en sort non pas soulagé, mais honoré.
Dimanche, ce sera au tour de Wadagni de parler.Talon, lui, sera déjà dans l’histoire.
Laura LEKE