Diplomatie Bénin-AES : Après le Nigeria, Romuald Wadagni attendu ce mardi au Burkina Faso et au Niger pour renforcer les relations
Le président Romuald Wadagni est annoncé ce mardi 2 juin 2026 au Burkina Faso et au Niger, dans le cadre de sa première tournée régionale entamée la veille. Des déplacements très suivis, alors que les relations entre le Bénin et certains pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) peinent encore à retrouver leur pleine normalisation après plusieurs années de crispations diplomatiques. Au-delà de leur caractère protocolaire, ces visites suscitent une attention particulière en raison des tensions qui ont marqué ces dernières années les rapports entre Cotonou, Niamey et Ouagadougou.
À peine investi à la tête du Bénin, Romuald Wadagni imprime déjà sa marque sur le terrain diplomatique. Sa première sortie officielle à l’étranger l’a conduit hier, 1er juin, au Nigeria, principal partenaire économique du Bénin et acteur majeur de la sous-région ouest-africaine. À Abuja, il a été reçu dans le cadre d’une visite d’amitié et de travail consacrée aux principaux dossiers d’intérêt commun entre les deux pays. Les échanges ont porté notamment sur la coopération économique, les questions sécuritaires, les échanges commerciaux ainsi que les enjeux liés à l’intégration régionale. Le choix du Nigeria comme première destination n’est pas fortuit. Voisin immédiat du Bénin et première puissance économique de la sous-région, il occupe une place stratégique dans la politique extérieure béninoise. Les deux États entretiennent des relations étroites, fondées sur une forte interdépendance économique et des préoccupations sécuritaires partagées.
Au-delà de l’étape nigériane, ce sont surtout les visites annoncées à Ouagadougou et à Niamey qui retiennent l’attention des observateurs. Ces déplacements interviennent dans un contexte marqué par plusieurs épisodes de crispation entre le Bénin et les autorités du Burkina Faso et du Niger, apparues à la suite des changements de régime et de divergences de position au sein de l’espace ouest-africain. À plusieurs reprises, les autorités de transition de ces deux pays ont accusé Cotonou d’abriter des installations militaires étrangères sur son territoire, des allégations systématiquement rejetées par le Bénin, qui demande des preuves à l’appui de ces affirmations.
L’étape de Niamey revêt une portée particulière. Romuald Wadagni doit y rencontrer le président nigérien, le général Abdourahamane Tiani, en ce moment où plusieurs dossiers sensibles demeurent en suspens. Cette rencontre pourrait ouvrir un nouveau chapitre dans les relations entre les deux pays. Parmi les sujets attendus figure la question de la frontière bénino-nigérienne, toujours fermée côté nigérien et qui continue de peser sur les échanges commerciaux et les activités des populations riveraines. La coopération sécuritaire ainsi que les mécanismes de relance du dialogue bilatéral devraient également être au centre des discussions.

Ces déplacements s’inscrivent par ailleurs, dans la dynamique annoncée par Romuald Wadagni lors de son investiture, marquée par la volonté de renforcer le rapprochement avec les pays voisins et de consolider les liens de coopération dans l’espace ouest-africain.
Pour la nouvelle administration béninoise, cette tournée diplomatique constitue un premier test dans un espace régional sous tension. Les conclusions des rencontres prévues à Ouagadougou et à Niamey permettront d’évaluer les perspectives d’un éventuel réchauffement des relations entre Cotonou et ses partenaires sahéliens.
Après Abuja, Ouagadougou et Niamey, le chef de l’État mettra le cap sur Abidjan. Prévue pour le 4 juin, cette visite sera l’occasion de poursuivre les échanges avec les autorités ivoiriennes et d’explorer de nouvelles perspectives de coopération entre les deux pays.
Laura LEKE