Justice : Poursuivis pour abus de fonction devant la Criet, José Sènou Ahouandjinou, ex-greffier en chef du Tribunal de première instance de Parakou, et son assistant condamnés à cinq ans de prison ferme
La Chambre correctionnelle de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) a rendu son verdict dans le dossier impliquant l’ancien greffier en chef du tribunal de première instance de Parakou, José Sènou Ahouandjinou, et son assistant. Reconnus coupables d’abus de fonction et de complicité d’abus de fonction, les deux hommes ont été condamnés à cinq ans d’emprisonnement ferme et à une amende de deux millions de francs CFA chacun.
La procédure engagée contre l’ancien greffier en chef du tribunal de première instance de Parakou et plusieurs de ses collaborateurs a connu son épilogue judiciaire devant la Chambre correctionnelle de la CRIET. Dans sa décision rendue le lundi 1er juin 2026, la juridiction spéciale a déclaré José Sènou Ahouandjinou coupable d’abus de fonction et son assistant coupable de complicité d’abus de fonction. Les deux prévenus ont été condamnés à soixante mois d’emprisonnement ferme, soit cinq années de prison, ainsi qu’au paiement d’une amende de deux millions de francs CFA chacun.
Les trois autres personnes poursuivies dans cette affaire, dont la comptable du tribunal, ont en revanche été relaxées au bénéfice du doute. La Cour a par ailleurs indiqué que les condamnés disposent d’un délai de quinze jours pour interjeter appel.
Le contexte

L’affaire trouve son origine dans plusieurs dénonciations formulées par des usagers du tribunal de Parakou. Selon les éléments présentés au cours de l’enquête et des audiences, des sommes d’argent auraient été perçues en marge de certaines procédures judiciaires. Le ministère public soutenait notamment que l’assistant du greffier collectait régulièrement des fonds auprès d’usagers avant d’en reverser une partie à son supérieur hiérarchique. L’accusation estimait que ces pratiques étaient incompatibles avec les fonctions exercées par les mis en cause. Au cours de l’enquête préliminaire, l’ancien greffier en chef aurait reconnu certains faits avant de les contester devant la juridiction, tout comme son assistant.
Poursuivie dans le même dossier, la comptable du tribunal était soupçonnée d’avoir participé au circuit de gestion des fonds incriminés. Les débats ont toutefois permis d’établir qu’elle avait procédé au reversement des montants concernés au Trésor public. Cette situation a conduit à sa relaxe, tout comme celle des deux autres prévenus.
Lors de l’audience du 16 mars 2026, le ministère public avait requis une peine de soixante mois d’emprisonnement, dont huit mois fermes, ainsi qu’une amende de 500 000 francs CFA contre chacun des deux principaux prévenus. La décision de la Cour s’est finalement révélée plus sévère, tant sur le plan de l’emprisonnement que sur celui de l’amende. Placés en détention préventive depuis août 2025, José Sènou Ahouandjinou et son assistant avaient contesté les accusations portées contre eux. Leurs avocats avaient plaidé la relaxe, invoquant notamment l’insuffisance des preuves et sollicitant le bénéfice du doute.
Par ce verdict rendu en premier ressort, la CRIET met un terme à une affaire qui a retenu l’attention du monde judiciaire en raison des fonctions occupées par les principaux mis en cause au moment des faits.
Laura LEKE