Coopération sous-régionale : Niamey engage le processus de réouverture de la frontière Bénin-Niger

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Près de trois ans après la fermeture de la frontière terrestre entre le Niger et le Bénin, les autorités nigériennes franchissent une nouvelle étape vers la normalisation des relations entre les deux pays. Un comité a été officiellement installé à Niamey pour examiner les conditions d’une réouverture, après la relance du dialogue entre les dirigeants des deux États.

Le gouvernement nigérien a engagé une nouvelle phase dans le processus de réchauffement de ses relations avec le Bénin. Le Premier ministre, Ali Mahamane Lamine Zeine, a procédé, vendredi 5 juin 2026 à Niamey, à l’installation officielle d’un comité chargé d’étudier les modalités de réouverture de la frontière terrestre entre les deux pays.

Réunie au cabinet du chef du gouvernement, cette instance dispose d’un délai de quinze jours pour formuler des recommandations destinées à faciliter la reprise des échanges transfrontaliers entre le Niger et le Bénin. Cette initiative intervient dans le prolongement de la visite officielle effectuée récemment au Niger par le président béninois Romuald Wadagni. Les échanges entre le chef de l’État béninois et son homologue nigérien, le général Abdourahamane Tiani, ont notamment porté sur le renforcement de la coopération bilatérale et la relance des relations entre les deux pays voisins.

Au cœur des discussions figure la question de la frontière terrestre, fermée depuis le 30 juillet 2023 sur fond de tensions consécutives au changement de régime intervenu au Niger quelques jours plus tôt. Depuis lors, les mouvements de personnes et les échanges commerciaux ont été fortement affectés. La mise en place de ce comité apparaît ainsi comme un signal concret en faveur d’une normalisation progressive. Les autorités des deux pays ont exprimé leur volonté de lever les obstacles qui entravent encore la coopération et de créer les conditions d’un retour à la confiance.

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La portée 

Au-delà de son enjeu diplomatique, la réouverture de la frontière revêt une importance économique majeure. Pour le Niger, pays sans accès à la mer, le corridor reliant Niamey au port de Cotonou constitue une voie stratégique pour les importations et les exportations, notamment celles du pétrole brut transitant par le terminal de Sèmè-Kpodji. Également, la fermeture de la frontière a eu des conséquences sur les activités commerciales et les économies locales de part et d’autre, en particulier dans les zones frontalières de Malanville et de Gaya.

Les conclusions du comité sont désormais attendues dans les prochaines semaines et pourraient ouvrir la voie à une reprise progressive des échanges entre les deux États.

Laura LEKE

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