Sénégal : Ousmane Sonko réélu à la tête du Pastef et met en garde ses adversaires politiques

Le président de l’Assemblée nationale du Sénégal, Ousmane Sonko, a été largement réélu samedi à la tête du parti Pastef (Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l’éthique et la fraternité). C’est ce samedi 06 juin lors du premier congrès national de la formation politique tenu à Diamniadio, près de Dakar.
Réélu pour un nouveau mandat de six ans, le leader du Pastef a profité de cette victoire pour adresser un message ferme à ses adversaires politiques. Un message qui intervient dans un climat marqué par une crise institutionnelle persistante entre son camp et celui du président sénégalais Bassirou Diomaye Faye.
À la tribune, Ousmane Sonko a insisté sur l’importance de cette rencontre pour l’avenir du mouvement qu’il dirige depuis sa création en 2014. « Je mesure le poids de cette responsabilité puisque Pastef n’est pas un parti ordinaire dans le paysage sénégalais », a-t-il déclaré devant les congressistes. Selon lui, la pérennité du projet politique porté par le Pastef dépend de sa capacité à s’appuyer sur une doctrine solide et une organisation durable. « Les révolutions peuvent être détournées, absorbées ou vidées de leur contenu lorsqu’elles ne se dotent ni d’une doctrine claire ni d’une organisation capable d’inscrire le changement dans la durée », a-t-il affirmé.
Dans son discours, le président de l’Assemblée nationale a également dénoncé ce qu’il considère comme des tentatives de sabotage visant le projet politique de son parti. « Aucun projet de sabotage de cette révolution n’aboutira parce que le peuple, debout, à côté de Pastef, donnera les garanties qu’il faut pour qu’enfin nous puissions libérer notre pays », a averti Ousmane Sonko. Cette déclaration intervient quelques semaines après une rupture politique majeure entre Sonko et le président Bassirou Diomaye Faye.
Porté au pouvoir en 2024 grâce au soutien décisif du Pastef, Bassirou Diomaye Faye avait accédé à la présidence après l’invalidation de la candidature d’Ousmane Sonko à l’élection présidentielle.
Toutefois, les relations entre les deux dirigeants se sont progressivement dégradées. Le 22 mai dernier, le chef de l’État a officiellement mis fin aux fonctions de Premier ministre d’Ousmane Sonko. Quelques jours plus tard, ce dernier a été élu président de l’Assemblée nationale, renforçant ainsi son influence institutionnelle.
Médard Clobechi