Pendant trois jours, du 10 au 12 août 2026, l’hôtel No Stress de Grand-Popo a abrité un atelier de formation-sensibilisation d’envergure sur la responsabilité sociétale des entreprises (RSE). Organisée par le projet Iyba-Seed et porté par SNV Bénin et Expertise France, cette rencontre a réuni les acteurs clés de l’écosystème entrepreneurial béninois: banques, institutions de microfinance (SFD), médias, pouvoirs publics et faîtières autour d’un objectif commun : faire de la durabilité, de l’inclusion et de la responsabilité sociétale les nouveaux piliers du climat des affaires au Bénin.

Longtemps perçue comme le domaine réservé des grandes multinationales, la RSE s’impose désormais comme un levier stratégique de compétitivité et de transformation sociale. « Cet atelier a renforcé notre engagement envers un entrepreneuriat inclusif et durable, et a mis l’accent sur le plaidoyer pour un écosystème d’affaires responsable, soutenant les jeunes et les femmes entrepreneurs », a souligné Alida Ahouandjinou, coordinatrice de Gap-Jepfe et porte-parole des entrepreneurs présents.
Mais au-delà des discours, l’ambition affichée par Iyba-Seed est résolument systémique. Le projet ne se limite pas à un apport direct de ressources aux entrepreneurs ; il vise à lever les obstacles structurels qui entravent leur développement. « Nous nous concentrons sur la résolution des obstacles systémiques », a rappelé Olivier Noukpokinnou, coordonnateur du projet Iyba-Seed, en appelant à un dialogue renforcé entre tous les maillons de la chaîne.
*Institutions financières et médias en première ligne*
Le message est clair : banques et SFD ont un rôle moteur à jouer. Ignace Dovi, directeur exécutif d’Apim et porte-parole des institutions financières, a salué une « thématique novatrice » dont la mise en œuvre sur trois jours promet de « pérenniser les organisations et d’assurer un impact positif à long terme, apprécié par les parties prenantes ».

Du côté des médias, l’enjeu est tout aussi crucial. Thanguy Agoï, président de l’Odem et porte-parole des acteurs des médias, a rappelé que ces derniers, bien que fragilisés par la crise économique et financière, peuvent trouver dans ces rencontres des perspectives nouvelles. Il a encouragé ses pairs à se spécialiser dans les domaines économiques et financiers, en nouant des partenariats avec les banques pour « capitaliser sur ces rencontres afin de créer des espaces d’échange et d’apprentissage ».
Si la sensibilisation a porté ses fruits, le véritable défi commence maintenant. L’enjeu est de transformer les acquis en évolutions concrètes au sein des organisations : amélioration de la gouvernance, renforcement de l’inclusion et mesure rigoureuse des résultats. Les acteurs financiers et les professionnels des médias sont particulièrement invités à adapter leurs offres pour lever les barrières involontaires: les critères d’éligibilité, d’accessibilité ou de représentation.
« Nous donnons aux futurs acteurs les moyens de créer un impact durable », a déclaré avec conviction Thanguy Agoï, avant de remercier chaleureusement les formateurs et les organisateurs, notamment SNV Bénin et Expertise France via le projet Iyba-Seed.
En définitive, l’atelier de Grand-Popo a posé les jalons d’une coalition inédite. En impliquant médias, institutions financières et pouvoirs publics, le projet Iyba-Seed jette les bases d’un environnement commercial plus favorable, où les jeunes entrepreneurs, les femmes et les personnes en situation de handicap pourront enfin bénéficier d’un soutien à la hauteur de leurs ambitions. Une dynamique prometteuse pour l’avenir du secteur privé béninois, désormais invité à conjuguer performance économique et responsabilité sociétale.
Aristide Agbonagban
















































