À Pahou, dans la commune d’Ouidah, les dernières pluies ont transformé le quartier Mahouklo en un vaste plan d’eau. Entre habitations inondées, voies impraticables et exode forcé des habitants, notre rédaction a constaté une situation qui appelle une intervention urgente des pouvoirs publics
Il suffit de quelques pas dans le quartier Mahouklo, à Pahou, pour mesurer l’ampleur des dégâts laissés par les dernières pluies diluviennes qui se sont abattues sur plusieurs villes du Bénin. Ici, les eaux de ruissellement ont pris possession des lieux, imposant leur loi à des populations désormais prisonnières de leur propre cadre de vie. Au cours des dernières vingt-quatre heures, l’équipe de rédaction de Le Potentiel s’est rendue sur place. Les images et vidéos réalisées témoignent d’une réalité difficile à décrire tant elle est saisissante. Les principales ruelles, tout comme les voies secondaires desservant le quartier, ont disparu sous les eaux. Là où l’on circulait encore il y a quelques jours, il ne subsiste aujourd’hui qu’une vaste étendue d’eau stagnante. Se déplacer relève désormais d’un véritable parcours d’obstacles. Dans plusieurs concessions, les eaux ont envahi les cours avant de pénétrer à l’intérieur des habitations. Chambres, salons et espaces de vie sont inondés. Les quelques briques et blocs de ciment déposés ici et là par les habitants pour tenter de se frayer un passage n’ont pas résisté à la montée des eaux.

À Mahouklo, l’eau est partout.
Chaque déplacement devient une épreuve. Les enfants avancent les pieds dans l’eau. Les femmes tentent de sauver quelques effets personnels. Les chefs de famille observent, impuissants, leurs maisons progressivement englouties. Face à cette situation, plusieurs habitants ont déjà pris une décision douloureuse d’abandonner provisoirement leur domicile. Incapables de poursuivre une vie normale dans des habitations entièrement inondées, ils ont trouvé refuge auprès de proches ou dans d’autres quartiers épargnés par les eaux. Pour ceux qui sont restés, les inquiétudes dépassent désormais les seuls dégâts matériels. L’eau stagnante fait craindre l’apparition de maladies hydriques et favorise la prolifération des moustiques, avec tous les risques sanitaires que cela comporte, notamment pour les enfants en bas âge et les personnes les plus vulnérables. À mesure que les heures passent, le désarroi gagne les familles. Mères de famille, adolescents, personnes âgées et pères de famille ne cachent plus leur inquiétude. Beaucoup disent ne plus savoir vers qui se tourner ni comment faire face à une situation qui semble s’aggraver de jour en jour. Les riverains rencontrés par nos reporters lancent un appel pressant au gouvernement ainsi qu’aux autorités communales afin qu’une réponse rapide soit apportée à cette crise. Ils sollicitent des mesures d’urgence pour évacuer les eaux stagnantes, améliorer le drainage de la zone et engager des solutions durables contre les inondations qui reviennent à chaque saison des pluies. Le spectacle observé à Mahouklo rappelle, une fois encore, la vulnérabilité de nombreux quartiers face aux intempéries. Au-delà de l’émotion suscitée par ces images, c’est toute la problématique de l’assainissement urbain, de l’aménagement du territoire et de la résilience des communes face aux changements climatiques qui est posée. Pour les habitants de Mahouklo, l’urgence n’est plus aux promesses. Ils veulent simplement retrouver un quartier où il est possible de marcher sans patauger dans l’eau, de dormir sans craindre une nouvelle montée des eaux et d’offrir à leurs enfants un environnement sain et sécurisé.