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Formation professionnelle et insertion des jeunes : 600 jeunes béninois diplômés grâce à l’IYF Weekend Academy

Trois mois durant, chaque week-end, six cents jeunes ont troqué leur repos contre des ateliers de plomberie, de couture, de coréen ou d’intelligence artificielle. Le samedi 15 août 2026, au Centre IYF d’Avotrou à Cotonou, cette première cuvée de la « IYF Weekend Academy » a reçu son diplôme.

Il est un peu plus de midi, ce samedi 15 août 2026, quand la salle du Centre IYF d’Avotrou, dans le 1er arrondissement de Cotonou, se remplit d’applaudissements. Sur l’estrade, des visages fatigués mais radieux. Six cents (600) jeunes Béninois de 18 ans et plus viennent de boucler, sans interruption, trois mois de formation intensive menée exclusivement les week-ends, du 2 mai au 9 août. Portée par l’ONG International Youth Fellowship (IYF), l’initiative avait un pari osé, celui de transformer les samedis et dimanches de la jeunesse cotonoise en un vaste chantier de compétences. Le pari est en grande partie tenu. Vingt-quatre (24) filières techniques et professionnelles ont été ouvertes aux participants, du taekwondo à la vitrerie, en passant par l’électricité, la coiffure, le marketing digital, la création de sites web, le piano ou encore l’initiation à l’intelligence artificielle. Ici, pas de cours magistraux interminables. Il s’est agi plus tôt d’ateliers pratiques, d’exercices appliqués, de travaux de groupe, de coaching individuel et de projets concrets pour chaque session.

Au-delà du métier, une question de mentalité

Mais se former un métier ne suffit pas, insiste l’IYF. Chaque samedi de 10h à 12h et chaque dimanche de 14h à 18h, les apprenants se retrouvaient également en plénière pour les « Chapel Class ». Il s’agit des séances dédiées à la discipline, à la responsabilité, au leadership et aux valeurs citoyennes. Des temps de mentorat individuel complétaient le dispositif, offrant à chacun un espace pour évoquer ses doutes et ses projets personnels avec un accompagnateur dédié. « Quelles que soient vos compétences, c’est une bonne mentalité qui vous permettra de réussir de façon durable », a résumé Seong-Hwan Kim, Représentant-Résident de l’IYF au Bénin, en félicitant cette promotion qu’il juge porteuse d’une philosophie autant que d’un savoir-faire.

Une nuit à Cotonou plutôt qu’un cours manqué

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Le témoignage de Milka Ruth Degan donne chair à ce discours. Domiciliée à Akassato, du côté de d’Abomey-Calavi, cette participante de l’académie de rédaction de projets a fait chaque week-end le trajet jusqu’à Cotonou, quitte, certains soirs, à y dormir plutôt que de risquer de manquer une session. « Je ne voulais rater aucune étape », confie-t-elle. Et, son investissement a payé. Au terme de sa formation, la jeune femme a conçu et défendu un projet devant un jury de partenaires et d’évaluateurs, décrochant une place parmi les cinq meilleurs dossiers de son académie avec, à la clé, la perspective de poursuivre les démarches auprès d’une représentation diplomatique installée à Cotonou. Mais au-delà de cette réussite, c’est un changement plus profond qu’elle retient. Elle a réalisé en un laps de temps, la découverte de ses propres capacités, l’habitude de sortir de sa zone de confort et une manière renouvelée de tisser des liens avec les autres.

Le ministère y voit un modèle pour l’employabilité des jeunes

Représentant le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique, en charge de la Formation Technique, Bienvenu-Ange Messè a salué cette initiative qu’il juge alignée sur les priorités nationales en matière d’insertion professionnelle. Devant les six cents récipiendaires, il a tenu à recadrer la portée de leur attestation. Selon lui, cette attestation n’est pas un simple document à ranger dans un tiroir, mais « le symbole d’un engagement, d’un apprentissage et surtout d’un nouveau départ ». Son message, martelé avec insistance, est un appel lancé aux récipiendaires à transformer les connaissances en compétences, les compétences en solutions, et les solutions en opportunités pour soi, pour les autres, et pour la Nation. Il a invité les jeunes diplômés à ne pas s’enfermer dans la seule quête d’un emploi salarié, mais à envisager les activités qu’ils pourraient eux-mêmes créer, et les emplois qu’ils pourraient, à leur tour, générer pour d’autres. Une jeunesse qui croit en ses capacités, accepte d’apprendre, sait travailler en équipe et ose entreprendre, a-t-il rappelé.

« L’espérance est un choix »

C’est sur une note résolument tournée vers l’avenir que s’est refermée la cérémonie. Dans son mot de clôture, le Directeur-Adjoint de l’Académie, Benoît Dossou, a invité les diplômés à considérer ces trois mois, non pas comme un aboutissement, mais comme le point de départ d’une trajectoire à construire. « L’espérance est un choix », a-t-il lancé, appelant l’assistance à privilégier, chaque jour, l’excellence à la facilité, le service à l’indifférence, et l’espérance au découragement. Pour Milka Ruth Degan, comme pour des centaines d’autres jeunes venus de tout Cotonou et de ses environs, cette première session de la IYF Weekend Academy restera une histoire parmi tant d’autres. Une diversité de parcours et de défis surmontés qui, selon elle, donne tout son sens à l’aventure collective vécue au fil de ces trois mois de week-ends studieux.

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