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Guinée-Bissau : Les électeurs approuvent le texte qui redéfinit les pouvoirs présidentiels

Les électeurs bissau-guinéens ont approuvé la nouvelle Constitution lors du référendum organisé dimanche. D’après les résultats annoncés mardi 1er septembre par la Commission électorale nationale, le « oui » a recueilli 70 % des suffrages, ouvrant la voie à une nouvelle organisation des pouvoirs au sommet de l’État.

Organisé dimanche, le scrutin a lieu moins d’un an après la prise de pouvoir de l’armée et à quelques mois de l’élection présidentielle annoncée pour le 6 décembre. Les autorités de transition présentent cette réforme comme un moyen de réorganiser les institutions et de consolider leur fonctionnement avant le retour à un régime civil.

*Un nouvel équilibre au sommet de l’État*

La réforme modifie en profondeur les rapports entre les principales institutions du pays. Sous l’ancien dispositif constitutionnel, le Premier ministre était issu de la majorité parlementaire, une configuration qui avait régulièrement provoqué des tensions entre le gouvernement et l’Assemblée nationale. Le nouveau texte confère davantage de prérogatives au chef de l’État. Celui-ci pourra désormais nommer et démettre le Premier ministre ainsi que les membres du gouvernement. Il disposera également du pouvoir de dissoudre l’Assemblée nationale. Cette nouvelle répartition des compétences renforce ainsi le poids de la présidence dans le fonctionnement de l’exécutif. Elle fait toutefois craindre à certains acteurs politiques et de la société civile une concentration excessive du pouvoir.

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Avant le vote, le référendum avait déjà suscité des contestations. Les formations de l’opposition avaient appelé leurs militants et sympathisants à ne pas participer au scrutin, dénonçant précisément des restrictions imposées aux libertés publiques. La réforme est portée par les autorités issues du coup d’État de novembre 2025. À la tête de la transition, le général Horta N’Tam s’était engagé publiquement en faveur d’une forte mobilisation des électeurs. Il avait surtout appelé les jeunes à se rendre massivement aux urnes avant de voter lui-même. La charte de transition lui interdit cependant de se présenter à la prochaine présidentielle, prévue le 6 décembre.

*La Commission électorale défend la régularité du scrutin*

Face aux critiques, la présidente de la Commission électorale nationale, Carmen Izaura Lobo, a défendu le déroulement du référendum. Elle a mis en avant l’organisation du scrutin, le travail des équipes électorales ainsi que la transparence du processus. Avec l’approbation du nouveau texte, la Guinée-Bissau s’engage désormais dans une nouvelle phase institutionnelle. La mise en œuvre de la Constitution et les conditions dans lesquelles se déroulera la prochaine présidentielle seront particulièrement suivies.

Laura LEKE

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