Au Malawi, un enseignant de 41 ans est soupçonné d’avoir organisé sa fausse déclaration de décès afin de suspendre les remboursements d’un prêt de plus d’un million de kwachas. Après plusieurs mois, l’établissement financier aurait découvert la supercherie. L’homme a finalement été interpellé sur son lieu de travail.
L’affaire a été signalée dans le district de Kasungu, au Malawi. Un enseignant de l’école primaire de Kalimanyungu aurait été officiellement présenté comme décédé alors qu’il continuait à vivre et à exercer son métier. Son objectif présumé était de mettre un terme aux prélèvements effectués sur son salaire au titre d’un prêt.
Selon les éléments communiqués par la police de Kasungu, une femme présentée comme son épouse avait informé, en février 2024, la société Select Financial Services Limited de son décès. Elle aurait affirmé que l’enseignant était mort le 14 novembre 2023. La déclaration aurait été accompagnée de plusieurs pièces destinées à donner du crédit à l’information. Parmi elles figuraient notamment un rapport de décès, une lettre attribuée à un chef traditionnel ainsi qu’une copie de la pièce d’identité de l’enseignant. Les autorités soupçonnent l’utilisation de ces documents d’avoir permis de suspendre les retenues opérées sur son salaire. Le dispositif aurait ainsi temporairement empêché l’établissement financier de récupérer les sommes dues. L’enjeu financier était important. L’enseignant avait contracté un emprunt de 1 114 128,15 kwachas. Lorsqu’il a été déclaré mort, il lui restait encore 1 043 497,52 kwachas à rembourser.

*Une anomalie finit par éveiller les soupçons*
La situation aurait perduré jusqu’à ce qu’un contrôle interne mette en évidence une incohérence. Un auditeur de l’établissement financier aurait constaté que le client officiellement décédé était en réalité toujours en vie et continuait à travailler. Les forces de l’ordre informées, ont alors recherché l’intéressé. Les policiers se sont rendus à l’école primaire de Kalimanyungu, où ils l’ont finalement interpellé. L’enseignant est soupçonné d’avoir participé à une fausse déclaration destinée à faire enregistrer un décès, ainsi qu’à la falsification et à l’utilisation de documents présumés falsifiés. Les investigations doivent également permettre de retrouver la femme qui aurait signalé le décès aux services financiers et de déterminer le rôle exact de chacune des personnes impliquées. Pour l’heure, les autorités n’ont pas précisé la date de la prochaine comparution de l’enseignant devant la justice. Il demeure présumé innocent jusqu’à une éventuelle décision judiciaire.
Laura LEKE























































