Les Houthis ont pris le contrôle de l’île de Mayyoun, également appelée Périm, située au cœur du détroit de Bab el-Mandeb, a indiqué vendredi 11 septembre 2026 un responsable du gouvernement yéménite. Selon cette source, des combattants houthis armés sont arrivés sur l’île après le retrait des forces gouvernementales. Des hommes armés auraient également été déployés le long des côtes du détroit.
Cette nouvelle prise s’explique par la progression des Houthis dans cette zone stratégique. Ils avaient déjà pris le contrôle de la ville portuaire de Mokha, sur la mer Rouge, la veille. Bab el-Mandeb relie la mer Rouge au golfe d’Aden et constitue une voie importante pour le transport maritime entre l’Asie et l’Europe. Les navires qui l’empruntent peuvent ensuite rejoindre le canal de Suez et la Méditerranée. Un blocage du détroit obligerait les navires à contourner l’Afrique par le cap de Bonne-Espérance, ce qui rallongerait considérablement les trajets et augmenterait les coûts de transport. Le détroit d’Ormuz étant également perturbé, l’importance de Bab el-Mandeb pour le trafic maritime international s’est accrue.
Le pétrole sous pression

Les tensions dans la région ont déjà des répercussions sur les marchés pétroliers. Le prix du Brent a dépassé les 100 dollars le baril jeudi et évoluait vendredi autour de 106 dollars. Les craintes portent notamment sur une éventuelle perturbation du trafic maritime dans le détroit, emprunté par les navires transportant des hydrocarbures et des marchandises. Les Houthis avaient également pris le contrôle de l’île de Zuqar, située plus au nord, selon des informations rapportées par l’AFP. La progression du mouvement houthi s’est accélérée cette semaine avec la prise de Mokha, située à environ 70 kilomètres au nord de Bab el-Mandeb. Des habitants ont rapporté l’arrivée de combattants dans la ville. Le commandant des forces qui la contrôlaient, Tarek Saleh, a dénoncé une offensive qu’il affirme être soutenue par l’Iran. L’avancée des Houthis a provoqué le déplacement de nombreux habitants vers Aden. Depuis le début des affrontements la semaine dernière, près de 20 000 personnes ont été déplacées, selon l’Organisation internationale pour les migrations. L’Arabie saoudite, alliée du gouvernement yéménite, a de son côté mené plusieurs frappes contre les forces houthis, selon des combattants antigouvernementaux.
Une inquiétude internationale
Les Houthis contrôlent déjà une grande partie du nord du Yémen, notamment la capitale Sanaa et le port de Hodeïda. Leur présence dans les secteurs proches de Bab el-Mandeb pourrait désormais accroître leur capacité à perturber le trafic maritime. La situation a conduit le Conseil de sécurité de l’ Organisation des Nations Unies (ONU) à tenir une réunion d’urgence jeudi. L’envoyé spécial des Nations unies pour le Yémen, Hans Grundberg, a appelé les acteurs concernés à éviter une nouvelle aggravation du conflit. Après plusieurs années d’accalmie, le Yémen se retrouve ainsi au cœur de l’escalade régionale, avec des conséquences qui dépassent désormais largement ses frontières.























































